mai 16, 2021

De Vrais Mensonges

De : Pierre Salvadori

Avec Audrey Tautou, Nathalie Baye, Sami Bouajila, Stéphanie Lagarde

Année : 2010

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Un beau matin de printemps, Emilie reçoit une lettre d’amour, belle, inspirée mais anonyme. Elle la jette d’abord à la poubelle, avant d’y voir le moyen de sauver sa mère, isolée et triste depuis le départ de son mari. Sans trop réfléchir, elle la lui adresse aussitôt. Mais Émilie ne sait pas encore que c’est Jean, son employé timide, qui en est l’auteur. Elle n’imagine surtout pas que son geste les projettera dans une suite de quiproquos et de malentendus qui vont vite tous les dépasser…

Avis :

Petit pape de la comédie française, Pierre Salvadori tourne peu, mais il tourne régulièrement, et même si parfois ses films ne sont que sympathiques, ils restent très souvent au-dessus de la mêlée des comédies françaises dites populaires.

Pierre Salvadori a passé les années 2000 avec succès. Trois films au compteur, le très discret « Le marchand de sable » et les deux comédies à succès que sont « Après vous … » et « Hors de prix« . « Hors de prix » qui est d’ailleurs sa première collaboration avec Audrey Tautou, que le réalisateur retrouvera par deux fois au cours des années 2010. Bref, donc après une petite comédie quelque peu en dessous de ce que le réalisateur offre habituellement, voici qu’il était de retour avec « De vrais mensonges« , une comédie pour le moins amusante et originale. Menée tambours battant par un trio d’acteurs qui s’amusent, ce septième film de Pierre Salvadori se révèle être l’une de ses meilleures comédies. Entre quiproquos et empêtrements dans une spirale mensongère, « De vrais mensonges » est un petit film qui mérite qu’on rallume le projecteur sur lui.

Emilie a ouvert son salon de coiffure avec sa meilleure amie. Jolie, naturelle, dynamique, et un peu gauche sur les bords, Emilie a tapé dans l’œil de Jean, l’homme à tout faire du salon. Un matin, Emilie trouve dans son courrier une lettre d’amour anonyme. C’est Jean qui la lui a écrite, mais Emilie n’y prête pas plus attention que cela. Mais pourtant, cette courageuse lettre, qui est une déclaration d’amour perdu, va bouleverser sa vie par bien des manières, car si cette lettre d’amour n’intéresse pas Emilie, elle se dit qu’elle pourrait peut-être aider sa mère, Maddie, à sortir de sa dépression dans laquelle elle s’est enfermée voilà quatre ans, depuis que son mari, et père d’Emilie, est parti. Emilie va donc recopier cette lettre en changeant simplement le nom, mais ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est que Maddie en attendait d’autres…

« De vrais mensonges« , comme son titre l’indique, c’est donc une comédie qui va tourner autour d’une spirale mensongère. Une spirale qui va naître de plusieurs amours, celui d’un homme timide et peu sûr de lui pour une femme et celle d’une fille pour sa mère. Sur une idée qui est aussi tirée par les cheveux qu’elle est originale, Pierre Salvadori nous entraîne dans un film qui fonctionne très bien et qui va se révéler amusant.

Ce qui est excellent avec ce film, c’est l’ambiguïté de son écriture. Au gré de son intrigue, ces mensonges vont être tour à tour gentils, méchants, voire même vengeurs, utiles et inutiles et chacun des personnages apportera sa pierre à l’édifice. Pierre Salvadori, qui est comme toujours le scénariste de son film, s’est amusé à créer des situations burlesques et absurdes dans lesquelles les personnages s’engouffrent les deux pieds dedans. Des situations qui nous font sourire tant ces dernières sont nées de rien. De plus, le film a joliment un double jeu, puisque petit à petit, chacun des personnages s’engouffre dans ces mensonges, pour lui comme pour les autres et le titre « De vrais mensonges » convient très bien à ce film. Des mensonges qui pour la plupart vont être touchants, tant ils vont être dits et commis pour aider. Quiproquos, dialogues savoureux, absurdités, naturel, et autres petits malaises sont donc de la partie pour notre plus grand plaisir.

De plus, Pierre Salvadori réussit à faire vivre plus que son triangle d’acteurs principaux, d’ailleurs inutile de préciser qu’Audrey Tautou, Nathalie Baye et Sami Bouajila sont vraiment très bons dans leurs rôles. Avec ce film, Pierre Salvadori nous amuse aussi avec ses personnages secondaires, divines Stéphanie Lagarde et Judith Chemla en coiffeuse qui sont spectatrices de la pièce de théâtre qui se joue dans ce salon de coiffure. Plusieurs petites répliques placées ici et là sont même tordantes.

Enfin, « De vrais mensonges« , c’est une réalisation simple mais jolie. C’est une réalisation qui n’a rien d’extraordinaire, mais qui fait preuve d’un bel esthétisme, de jolies envolées parfois et d’un rythme qui ne lâche rien. C’est simple, c’est doux, c’est frais, ça fait pas de mal et dans cette simplicité qui ne vise pas à offrir du grand cinéma populaire, c’est bien souvent mieux vu, plus drôle et plus touchant que bons nombres de comédies à grand succès qui sortent tous les ans. Rappelons que cette année-là était sorti « Fatal« , « Le mac« , « Rien à déclarer » ou encore « Tout ce qui brille« , quoi que plaisir coupable, j’aime bien cette dernière, et « De vrais mensonges » dans sa douceur, son humour et sa simplicité, méritait bien plus de succès que ces films.

Pierre Salvadori signe là, encore une fois, une jolie comédie attachante et intelligente. Petit film sympathique, on s’amuse de cette spirale mensongère qui, certes, se dénouera sans grande surprise, mais qui tiendra jusqu’à son final et c’est très bien. Bref, je me suis bien amusé.

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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