juillet 19, 2024

Tomb Raider – Himikouille

De : Roar Uthaug

Avec Alicia Vikander, Dominic West, Walton Goggins, Daniel Wu

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Aventure

Résumé :

Lara Croft, 21 ans, n’a ni projet, ni ambition : fille d’un explorateur excentrique porté disparu depuis sept ans, cette jeune femme rebelle et indépendante refuse de reprendre l’empire de son père. Convaincue qu’il n’est pas mort, elle met le cap sur la destination où son père a été vu pour la dernière fois : la tombe légendaire d’une île mythique au large du Japon. Mais le voyage se révèle des plus périlleux et il lui faudra affronter d’innombrables ennemis et repousser ses propres limites pour devenir « Tomb Raider »…

Avis :

On le sait tous, les adaptations de jeux vidéo au cinéma, c’est souvent la catastrophe. On se rappelle encore la licence Resident Evil, l’ignoble Alone in the Dark d’Uwe Boll ou encore plus récemment l’insupportable Assassin’s Creed. Pourtant, cela reste une manne fleurissante pour le septième art, attirant ainsi les gamers, de plus en plus nombreux suite à la démocratisation du jeu vidéo. Tomb Raider n’en est pas à son coup d’essai. En effet, en 2001 sortait un premier opus avec Angelina Jolie dans le rôle-titre qui se voulait glamour et en même temps nerveux, afin de coller au maximum au jeu. Deux ans plus tard, une suite verra le jour, mais scellera à jamais la licence. Jusqu’à maintenant. Tomb Raider refait surface et tente de faire peau neuve avec une Origin Story qui veut faire oublier les deux précédentes adaptations et qui se focalisent exclusivement sur les derniers jeux, où Lara Croft est plus athlétique et un peu moins féminine. Mais doit-on vraiment se réjouir de voir une héroïne Badass ? Bien sûr que oui, mais peut-être pas dans un film comme celui-ci.

Pourtant, le film n’est pas dénué de bonnes idées, la première étant qu’il s’inspire grandement du jeu vidéo et que Roar Uthaug a parfaitement su retranscrire l’univers instauré par Square Enix dans les dernières productions de Tomb Raider. Alicia Vikander est assez convaincante dans le rôle, notamment physiquement, et l’aspect action/aventure est plutôt respecté, car cela ressemble au jeu vidéo. Mais malheureusement, ce sont les seuls points positifs du film qui, à aucun moment, n’arrive à impliquer le spectateur. Et pour cela, les raisons sont multiples.

Tout d’abord, d’un point de vue technique, la réalisation laisse un peu à désirer. Si les décors sont plutôt beau et que le film reste agréable à l’œil, avec un léger plan-séquence d’infiltration, ce sera le seul bon point technique à attribuer au métrage. On est bien loin des Cold Prey et de Dagmar, les précédents films du réalisateurs norvégiens. La caméra tremble souvent, même sur des plans fixes, et il n’y a pas vraiment de plans iconiques ou qui tapent à l’œil. Au contraire, on a souvent tendance à tomber dans le putassier, dans le facile, avec notamment des ralentis pour appuyer une scène d’action, mais qui n’apporte rien au métrage. Ensuite, et là c’est plus problématique dans un film qui se veut action, c’est que les combats sont tout bonnement illisibles. A titre d’exemple, on peut prendre le premier combat de boxe, qui est hyper saccadé, avec des coupures dans tous les sens et aucun sens du rythme. On ne comprend rien à ce qu’il se passe et on n’éprouve aucune intensité dans le combat. Exactement comme lorsque Lara Croft se bat contre un mercenaire dans la nuit, où on ne comprend absolument pas ce qu’il se passe. Du coup, le film perd en crédibilité et en intensité. Mais pire, certaines séquences seront tellement illisibles, que l’on ne voit pas ce qu’il se passe, notamment lors d’une bagarre autour de cercueils. Bref, d’un point de vue purement technique, c’est très décevant. Et si on rajoute des effets spéciaux pourris, avec de sublimes fonds verts, on est à la limite de la moquerie.

Mais l’autre problème qui se pose avec Tomb Raider, c’est qu’au niveau du scénario, on n’apprend rien et on ne sera jamais surpris par l’histoire. Alors il est vrai que l’on ne s’attarde pas trop sur les origines de Lara Croft, ce qui n’est pas plus mal car on les connait, mais il n’empêche que certains flashbacks deviennent redondants et cassent un rythme déjà pas folichon. Cela sans compter sur des moments inutiles, comme la course de vélo dans Londres afin de montrer qu’elle est quand même tête brûlée et casse-cou. Une fois sur l’île, on va s’ennuyer sévère. Le film accumule les clichés, les rebondissements n’en sont pas vraiment et on ne participera jamais vraiment au film. C’est-à-dire que les puzzles à résoudre n’impliquent pas le spectateur, et que leur résolution est souvent hasardeuse, et comme d’habitude dans ce genre de film, fait au dernier moment sur un coup de génie de l’héroïne. De ce fait, on s’emmerde devant le film, car à aucun moment il nous interpelle, et surtout, à aucun moment on a peur pour l’héroïne.

Il faut dire que ce genre de métrage se tire une balle dans le pied dès le départ, car on sait qu’elle ne craint rien. Elle ne peut pas mourir, elle va forcément réussir à s’en sortir à chaque fois, et cela annihile tout effet de tension. Alors oui, l’actrice joue bien et incarne parfaitement Lara Croft, mais on s’en fout un peu au final. Et ce qu’il faut rechercher dans ce genre de film, c’est le spectaculaire, qui sera presque absent du film, à l’exception d’une séquence où l’héroïne va avoir toutes les tuiles possibles et imaginables. Il y a aussi de grosses carences dans l’écriture et cela se voit. C’est-à-dire que le combat final avec le méchant est caricatural au possible et il est d’une incohérence assez incroyable. Il y avait mille façons de se débarrasser de lui très facilement, mais le film préfère mettre l’accent sur une action stupide et qui ne colle pas. On frôle presque le nanar de luxe avec cette dernière scène. Quant aux personnages secondaires, c’est la catastrophe. Dominic West de demande ce qu’il fout dans le film. Walton Goggins est en surjeu perpétuel en ouvrant de grands yeux à chaque fois qu’il est surpris et Daniel Wu est complètement sous-exploité et ne sert strictement à rien.

Au final, Tomb Raider est très clairement un mauvais film et c’est assez amusant de voir qu’Alicia Vikander rejoint son compagnon Michael Fassbender (Assassin’s Creed) dans une franchise vidéoludique adaptée au cinéma de la pire des façons. Ici, le film de Roar Uthaug est d’une rare pauvreté, n’impliquant jamais le spectateur et possédant des rebondissements visibles à trois kilomètres. Bref, s’il fallait encore une preuve que le jeu vidéo au cinéma, ce n’est pas bon, Tomb Raider en est le dernier exemple le plus flagrant.

Note : 05/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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