décembre 9, 2021

Les Corps Impatients

De : Xavier Giannoli

Avec Laura Smet, Nicolas Duvauchelle, Marie Denarnaud, Catherine Salviat

Année : 2003

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Paul et Charlotte, un couple d’une vingtaine d’années, vivent en province. Malade, Charlotte se rend à Paris pour effectuer des examens médicaux. Elle demande à Paul de l’accompagner.
Mais il y a une autre fille, Ninon, que Paul désire. Entre eux trois ce sera à la vie, à la mort.

Avis :

Xavier Giannoli est un réalisateur français dont j’aime énormément le cinéma. Depuis ce premier film en 2003, le réalisateur a toujours su aller vers des sujets intéressants et parfois loin d’être évident, comme son deuxième film qui, même s’il est raté, parlera du somnambulisme.

Ayant passé les années 90 à faire du court-métrage, Xavier Giannoli se fait de plus en plus présent, jusqu’à 1999 où il va recevoir le César du meilleur court-métrage pour « L’Interview » (Court-métrage trouvable sur le DVD des « … Corps impatients« ). Cette récompense lui ouvre donc les portes du long-métrage et c’est quatre ans après que Xavier Giannoli livrera son premier film.

Avec « Les corps impatients« , Xavier Giannoli se met des bâtons dans les roues, car pour un premier film, le réalisateur s’attaque à des sujets risqués, la maladie, le cancer et l’amour. Si « Les corps impatients » n’est pas parfait, il se révèle être un premier film marquant. Aussi dur qu’il est bouleversant, Xavier Giannoli filme avec beaucoup de pudeur, les tournants de cette jeune fille malade qui essaye comme elle le peut de faire face à ce mal qui finira par l’emporter.

Loin des clichés et du larmoyant, « Les corps impatients » est âpre, triste, émouvant, et surtout tenu par une Laura Smet qui est une véritable révélation, puisqu’elle tient ici son tout premier rôle.

Charlotte, la vingtaine, apprend qu’elle a un cancer des poumons. En couple avec Paul, elle doit faire face et se battre. Si le couple est heureux, la maladie va bientôt fragiliser cette union et les ébats amoureux, l’harmonie, vont laisser place à la douleur, aux sautes d’humeur, à la jalousie, les regrets et la peur. Paul soutiendra comme il le peut Charlotte, mais quand Ninon, une cousine éloignée de Charlotte, entre dans sa vie, tout deviendra encore plus compliqué.

Le cancer, la maladie et l’amour, voilà le chemin qu’emprunte ce premier film très intéressant pour ce jeune cinéaste qui n’a alors que trente et un an à l’époque.

Faire un film avec un sujet pareil n’est pas chose si aisée que cela, puisqu’en plus d’avoir un effet de déjà vu (le sujet a été traité par mille réalisateurs), le piège du drame lourd et larmoyant, histoire de bouleverser le public, en en faisant trop n’est pas loin (il suffit de regarder un épisode sur deux de « Grey’s Anatomy » pour s’en rendre compte). Mais ici, ce n’est absolument pas le cas et le regard de Xavier Giannoli sur cette intrigue est plus profond, plus dur et singulier que cela. Si le film aura quelques défauts, comme une certaine facilité à se perdre dans trop d’histoires, ou encore un effet assez démonstratif de la mise en scène (trop de scènes de sexe), qui essayait d’être le plus réaliste possible, quitte à en être parfait glauque, et nous mettre mal à l’aise, il n’en restera pas moins que ces « … corps impatients » touchera à son but et l’on suivra ce drame mortifère avec intérêt et émotion.

Le scénario, dans son idée, et dans ce qu’il nous raconte, est très beau et donne naissance à des situations que l’on n’a pas forcément vues ailleurs. Xavier Giannoli creuse avec beaucoup de justesses ses personnages principaux et si le film laisse une très grande place à ce que le personnage incarné par Laura Smet ressent, il n’oubliera d’évoquer les conséquences de la maladie de la jeune femme sur son ami. Le cinéaste approfondit ces deux êtres et c’est l’espoir et le désespoir, le clair et la noirceur, l’amour et la haine, qui va nous toucher. Impossible de rester indifférent devant ces personnages qui trouvent beaucoup d’échos en nous. Des personnages et une histoire qui aura même tendance à se poursuivre après le générique final, tant, malgré quelques trop, et quelques « glauqueries » malsaines, « Les corps impatients » nous aura touché finalement.

On sera d’autant plus touché par ce premier film, que Xavier Giannoli a réuni devant sa caméra un casting flamboyant de jeunes espoirs à l’époque. Laura Smet qui tient là son premier rôle est incroyable. Pleine de douleurs et d’aigreurs, elle arrivera à être aussi touchante qu’elle peut être détestable et c’est tout ce qui en fera sa saveur. Face à elle, le regard amoureux et en même temps plein de regret de Nicolas Duvauchelle nous touchera tout autant. L’acteur, qui tient là l’un de ses premiers vrais rôles après « Le petit voleur« , confirme tout le bien qu’on pensait de lui. Entre fragilité et dureté, il s’imposait comme l’un de nos plus beaux espoirs (ce qui a bel et bien été confirmé depuis).

Puis ces « … corps impatients« , c’est aussi la moins connu Marie Denarnaud qui, dans le rôle de cette cousine pleine de vie, donnera du souffle et de l’air à ce drame injuste.

« Les corps impatients » est donc un premier film saisissant. Très beau drame, Xavier Giannoli nous emporte, nous dérange, nous touche, et même nous fascine. Si son film a bien des défauts, s’il est parfois démonstratif, il y a une vraie force, de vraies émotions et une très belle sincérité qui se dégage de ces « … corps impatients« . Ce premier film laisse aussi entrevoir un réalisateur de talent, talent qu’il a depuis plus que confirmé avec des films comme « A L’origine« , « Marguerite » ou encore le détesté et incompris « Superstar« .

Note : 15/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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