novembre 28, 2021

Télé Gaucho

De : Michel Leclerc

Avec Félix Moati, Sara Forestier, Eric Elmosnino, Maïwenn

Année : 2012

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Tout a commencé lorsque les caméscopes ont remplacé les caméras. Faire de la télé devenait alors à la portée de tous. Jean-Lou, Yasmina, Victor, Clara, Adonis et les autres ne voulaient pas seulement créer leur propre chaîne de télé, ils voulaient surtout faire la révolution. Ainsi naquit Télé Gaucho, aussi anarchiste et provocatrice que les grandes chaînes étaient jugées conformistes et réactionnaires. Cinq années de grands foutoirs, de manifs musclées en émetteur pirate, de soirées de beuveries en amours contrariées… et ce fut ma parenthèse enchantée.

Avis :

Michel Leclerc aura mis du temps avant d’être mis en lumière sur la scène du cinéma français et finalement alors que personne ne l’attendait, le réalisateur s’est imposé comme l’une des plus belles surprises de l’année 2010 avec sa comédie politique, « Le nom des gens« , excellente comédie qui s’est avérée aussi drôle que touchante.

Après deux ans de « silence » (le temps de tourner un nouveau film quoi …), Michel Leclerc est donc de retour avec une nouvelle comédie politique, qui est en partie autobiographique.

Avec « Télé Gaucho« , Michel Leclerc allait-il recréer la surprise du « … nom des gens » ? Surprendre est plus difficile puisqu’on va dire que le réalisateur était attendu au tournant et finalement, même si cette « Télé Gaucho » trouve un joli charme « Godarien », qui en plus s’avère être un joyeux bordel plein de créativité, elle reste inférieure au précédent film de Michel Leclerc.

Télé Gaucho, c’est la seule télévision libre de France. Faite de bénévole, elle assure un programme de « qualité » qui vise la révolution des idées.

Victor est un jeune homme qui rêve de cinéma. Embauché en stage dans un grand groupe de télévision, il est aussi bénévole chez Télé Gaucho, ce qui lui permet de faire ses premières armes. Pendant près de cinq ans, Victor va alors vivre entre l’anarchisme de Gaucho et le conformisme de son stage. Et c’est entre manifs, sens de la justice, émission pirate et amour confus que le jeune homme va peu à peu perdre son innocence.

« Télé Gaucho« , c’est un joyeux bordel, on ne voit aucun autre moyen de le décrire. « Télé Gaucho« , c’est un film qui part dans tous les sens, c’est un film qui exprime des idées, qui parait brouillon, qui est même brouillon. C’est un film qui explore tous les sujets. « Télé Gaucho« , c’est une révolte contre un système, c’est une envie de liberté, c’est une liberté d’expression. « Télé Gaucho« , c’est aussi des paradoxes, c’est des envies d’anticonformisme, alors qu’on habite dans le seizième par exemple… Bref, « Télé Gaucho« , c’est le bordel, mais c’est un bordel qui, entre qualités et défauts, trouve un joli charme et donne toujours envie d’aller plus loin. Michel Leclerc arrive à nous emporter dans la révolution de cette chaîne de télé associative. S’il est vrai que le film demeure prévisible, il n’en reste pas moins attachant et on rit, comme on est touché par un final plutôt bien vu.

Ce qui est très bien avec ce film, c’est qu’il n’hésite pas à aller dans l’auto dérision et la caricature pour mieux illustrer son propos et son univers. Inspiré des « mémoires » de Michel Leclerc lui-même qui fut dans les années 90 bénévole pour la chaîne télé locale, on sent bien que ce film tient à cœur à son réalisateur qui essaie de retranscrire au mieux une époque, un milieu, une pensée et c’est peut-être là que le film se fait le plus touchant, car derrière le boxon qu’est « Télé Gaucho » dirigée par un couple dément (les géniaux Eric Elmosnino et Maïwenn), c’est bien le parcours de Victor (délicieusement incarné par Félix Moati) qui s’avère le plus intéressant. Ici, le film nous propose finalement l’éveil d’un jeune. Un jeune homme qui rêve de cinéma, qui parle de la nouvelle vague, qui cite Truffaut ou Godard, d’ailleurs la réalisation de Michel Leclerc fait énormément penser au cinéma de Godard. Un jeune plein de naïveté, qui a envie de voir grand, qui se laisse embringuer dans ce joyeux bordel. Un bordel qui va le former, dans lequel il laissera éclater ses premières idées. Un bordel dans lequel il trouvera aussi ses valeurs. Bref, un bordel qui lui sera nécessaire pour son avenir, et plus on avance dans le film, plus il devient clair que Félix Moati n’est autre que Michel Leclerc au même âge.

On est donc enthousiaste et l’on se plaît à suivre le tout, même si « Télé Gaucho » a tendance à avoir un ventre mou et finalement, malgré l’ambiance toujours impeccable, malgré la volonté des comédiens et de son réalisateur, en son milieu, « Télé gaucho » a tendance à tourner en rond et se faire moins percutant, moins grinçant, un peu comme s’il se cherchait la meilleure des façons pour aller vers son final.

Alors bien entendu, face à la qualité du film, sur l’ensemble, ce n’est pas bien grave, car on prend toujours du plaisir à suivre cette comédie atypique, mais néanmoins, ce sentiment se fait suffisamment sentir pour être dit.

« Télé Gaucho » est donc une petite déception, car même si on ne peut les comparer, il est moins prenant que « Le nom des gens« , mais il n’en reste pas moins une bonne comédie qui sait aussi bien amuser son public, qu’elle sait aussi se faire touchante dans le parcours de son jeune héros. C’est donc entre déconnade, révolution des bras cassés et éveil des sens que Michel Leclerc a décidé nous raconter, tout en autodérision, une partie importante de sa vie. « Télé Gaucho » reste donc une bonne comédie à découvrir.

Note : 13/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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