novembre 28, 2021

Incubus – 8

Avis :

Y aurait-il un revival des groupes de rock alternatif qui ont connu le succès durant les années 90/2000 ? On peut se poser la question puisque entre fin 2016 et début 2017, les groupes phares de ces années-là ont sorti de nouveaux albums pour le plus grand bonheur des fans. Et entre Sum 41, Blink 182 ou encore Good Charlotte, on trouve Incubus, qui n’avait plus rien offert depuis près de six ans avec If Not Now, When ?. Groupe de rock alternatif dont le son a évolué vers quelque chose de plus calme et posé, Incubus a connu un succès fulgurant durant les années 90 et 2000, tournant pour les plus grands et s’offrant les faveurs d’un public majoritairement féminin. Il faut dire qu’entre les riffs de Mike Einziger plutôt doux et catchys ainsi que la voix suave de Brandon Boyd et son look androgyne, il y a de quoi plaire à un public de midinettes se satisfaisant aussi bien d’un son particulier et d’un style précis. Cependant, ce serait renier le talent intrinsèque du groupe qui arrive à fournir des pièces toujours intéressantes au sein d’album relativement mercantile. 8, comme son titre l’indique, est le huitième album du groupe et il ne déroge pas à la règle.

Le skeud débute avec No Fun et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe n’hésite pas à envoyer du lourd directement. Si le titre n’est pas véritablement puissant, il n’en demeure pas moins nerveux et fait honneur au rock alternatif que pratique le groupe. D’ailleurs, il fera même penser à du grunge, avec des riffs assez lourd et un rythme proche d’un Nirvana par exemple, mais qui s’affranchit de cette référence avec un refrain assez frais et plutôt entrainant qui rentre immédiatement en tête. Continuant sur cette lancée, le groupe balance Nimble Bastard, un morceau résolument hard rock qui, au niveau de la rythmique, se veut très dynamique et d’une efficacité rare. Encore une fois, le groupe fait mouche avec ce titre, qui se veut dynamique, mais surtout ultra efficace au niveau du refrain et des riffs résolument entêtant. Mais ce n’est pas tout, le groupe arrive à fournir des titres qui les sortent de leur zone de confort, à l’image de Glitterbomb, qui démarre comme une ballade rock sans grande ampleur (malgré une certaine ressemblance avec les Foo Fighters), mais qui s’avère plus décousu au niveau de la structure que prévu et qui se lâche sur une dernière partie plus nerveuse et puissante. Un peu comme Throw out the Map, un titre qui clôture l’album avec panache et surtout une envie de faire quelque chose de lourd. Les riffs de Mike Einziger sont là pour attester cette lourdeur, qui finalement manque à l’ensemble de l’album.

Car même si on sent la formation en grande forme sur certaines pièces, il se dégage un déséquilibre flagrant au sein de l’album. En fait, certains titres sont assez faiblards comme Undefeated ou Loneliest, qui sont des ballades sans envergure et qui n’arrive pas forcément à satisfaire l’auditeur. On pourra leur reprocher un classicisme exacerbé et une non prise de risque étonnante. D’autant plus que derrière, d’autres titres plus rock ne suivent pas forcément comme Familiar Faces ou encore Love in a Time of Surveillance, qui sont agréables, mais ne marquent pas et ne restent pas en tête. En fait, 8 est un album assez consensuel. C’est-à-dire que le groupe va essayer de mélanger les styles qui ont fait leur maturité aujourd’hui, avec du rock nerveux et des ballades plus posées, tout en rentrant dans un cahier des charges préétabli. Pour bien cocher les cases, on retrouvera même l’interlude sous la forme d’un morceau de moins d’une minute plutôt rigolo mais qui n’a aucun lien avec le reste du skeud et même le morceau instrumental, mais qui pour le coup, est très intéressant et démontre tout le talent des musiciens, montrant que Incubus, ce n’est pas seulement un groupe à jeunes filles, mais aussi et avant tout des techniciens de talent.

Au final, 8, le dernier effort de Incubus, est un album assez plaisant mais qui reste très calibré, peut-être trop. Il manque vraiment du liant entre les morceaux pour que l’album soit autre chose qu’une succession de titres plus ou moins intéressants. Néanmoins, ce qui devait être au départ qu’un EP se révèle plutôt sympathique et montre que le groupe, malgré les années qui passent, est toujours présent et c’est un bon présage pour la suite. En espérant qu’il faudra attendre moins de six ans pour voir un nouvel album.

  1. No Fun
  2. Nimble Bastard
  3. State of the Art
  4. Glitterbomb
  5. Undefeated
  6. Loneliest
  7. When I Became a Man
  8. Familiar Faces
  9. Love in a Time of Surveillance
  10. Make no Sound in the Digital Forest
  11. Throw Out the Map

Note: 13/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=GlA_rQ2JfCA[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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