mai 17, 2021

Demolition

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De : Jean-Marc Vallée

Avec Jake Gyllenhaal, Naomi Watts, Chris Cooper, Judah Lewis

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Banquier d’affaires ayant brillamment réussi, Davis  a perdu le goût de vivre depuis que sa femme est décédée dans un tragique accident de voiture. Malgré son beau-père qui le pousse à se ressaisir, il sombre de plus en plus. Un jour, il envoie une lettre de réclamation à une société de distributeurs automatiques, puis lui adresse d’autres courriers où il livre des souvenirs personnels. Jusqu’au moment où sa correspondance attire l’attention de Karen, la responsable du service clients. Peu à peu, une relation se noue entre eux. Entre Karen et son fils de 15 ans, Davis se reconstruit, commençant d’abord par faire table rase de sa vie passée…

Avis:

Réalisateur natif de Montréal, après avoir réalisé de petits films qui rencontrent du succès en son pays, c’est en 2006, avec son film « C.R.A.Z.Y. » que Jean-Marc Vallée trouve le succès planétaire. Un succès qui lui ouvre plusieurs portes et l’emporte doucement, mais surement, avec ses futurs films américains que seront « Victoria : les jeunes années d’une reine« , « Dallas Buyers Club » et « Wild« , vers une certaine renommée.

Avec « Dallas Buyers Club« , Vallée livre un film qui remporte trois Oscars, ce qui l’installe solidement dans le paysage hollywoodien. Dès lors, le réalisateur livre régulièrement de bons films et après avoir fait « revivre » Reese Witherspoon dans « Wild« , le voici de retour avec un Jake Gyllenhaal sensible et perturbé dans ce qui est un beau drame sur le deuil et l’acceptation de celui-ci.

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Davis vient de perdre sa femme dans un accident de voiture. Présent dans le véhicule, il s’en sort miraculeusement sans une égratignure. Choqué, perturbé, très vite les choses s’organisent, les funérailles et son beau-père qui veut créer une bourse au nom de sa fille disparue. Davis n’a pas le temps de pleurer son épouse et quand il essaie, il n’y arrive pas. Au contraire, on dirait bien que cette dernière ne lui manque pas. Pourquoi ? Comment ? En envoyant une lettre de réclamation à une entreprise, Davis se livre sur le papier. Cette première lettre va alors toucher Karen, la responsable clientèle de la société en question. Commence alors une correspondance entre ces deux âmes brisées.

Jean-Marc Vallée nous avait déjà touchés avec l’acceptation de la mort et l’envie de se battre contre elle dans le magnifique « Dallas Buyers Club« . Avec ce cru 2016, le réalisateur s’en va autre part (mais pourtant son film n’est pas si éloigné que ça de son précédent) et parle de la démolition intérieure et extérieure pour se reconstruire. Une belle idée que va traiter Jean-Marc Vallée pendant deux heures. Une idée à fleur de peau qui ne fera que révéler encore une fois l’immense talent de Jake Gyllenhaal.

Drame sensible et mélancolique, le réalisateur québécois s’aventure dans une intrigue triste et sombre et la traite avec beaucoup de luminosité, de sensibilité et de pudeur. La perte d’un être aimé est un choc, encore plus quand il arrive soudainement, alors n’imaginons même pas si on se trouve au même endroit et qu’on s’en sorte sans même un petit bobo. Comment réagir à cette épreuve ? Comment continuer à avancer face à la culpabilité ? Comment analyser ses sentiments contradictoires qui se bousculent en nous ? Et surtout, comment faire son deuil quand on ne ressent rien, quand on se retrouve inconsciemment en déni ? Des sujets difficiles à aborder, car chacun ne réagit pas de la même façon face à un évènement, un bouleversement d’une telle ampleur. Jean-Marc Vallée nous propose de suivre son personnage dans sa douce et difficile descente en enfer. Une descente sur un ton de liberté qui sera aussi lumineuse que touchante, car elle respire la sincérité.

Le scénario est beau, subtil, parfois déjanté et déroutant, on ira même jusqu’à dire perturbant, tant le déni de son personnage principal est flagrant, triste et beau en même temps. Jean-Marc Vallée et Jake Gyllenhaal arrivent à nous questionner et nous ouvrent les yeux dans un sens sur certains petits éléments simples de la vie auxquels on ne fait plus forcément attention. Faisant entrer plusieurs personnages dans la vie de Davis, le réalisateur les installe comme autant d’épreuves que son personnage doit passer pour accepter (ou non) et comprendre son état. Le film installe de belles relations entre les personnages. Il ne tombe pas dans la facilité et en profite même pour aborder d’autres sujets, comme la question de l’adolescence et ses questionnements (magnifique découverte que ce petit Judah Lewis), ou encore l’éducation d’un adolescent quand on est une mère célibataire (Naomi Watts, pleine de sensibilité). Des sujets qui donnent encore un peu plus de relief au film.

« Démolition » est aussi un film magnifiquement mis en images. Jean-Marc Vallée nous offre de très belles images, de tristes pétages de plombs et des moments d’une douceur infinie. Le seul petit hic, c’est que parfois le film a tendance d’un peu trop traîner en longueur. Sans qu’on sache vraiment comment elles s’installent, vers la fin, alors même qu’on est pris par les personnages et l’intrigue, « Démolition » commence à être un peu long et avant que ce ne soit vraiment dérangeant, Jean-Marc Vallée met un point final à son film. Un point final plein de métaphores qui rétablit ses personnages, un peu comme une guérison et l’on en sera encore un peu plus touché.

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« Démolition » est donc un joli film qui parle très bien de son sujet. Un sujet qu’il aborde de manière différente de ce qu’on a l’habitude de voir. Jean-Marc Vallée livre un film peut-être un poil trop long, mais qui est encore une fois dur et beau, où les émotions sont à fleur de peau. Puis enfin, « Démolition« est un film où l’on peut voir un Jake Gyllenhaal grandiose et sensible dans un personnage que le comédien s’est complétement accaparé.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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