juin 23, 2021

The End

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De : Guillaume Nicloux

Avec Gérard Depardieu, Audrey Bonnet, Swann Arlaud, Xavier Beauvois

Année : 2016

Pays : France

Genre : Fantastique

Résumé :

Un homme part chasser dans une forêt qu’il croyait connaître. Mais son chien s’enfuit puis son fusil disparaît. Alors qu’il se perd, une atmosphère hostile et étrange s’installe…

Avis :

Il y a presque un an, Guillaume Nicloux nous touchait avec sa mélancolie des titans « The Valley Of Love« , un film qui voyait Gérard Depardieu et Isabelle Huppert en plein deuil. Depardieu et le réalisateur eurent l’envie de vite retravailler ensemble, alors Guillaume Nicloux mit en branle « The End« , qui sera le premier film français produit pour le E-cinéma.

Sensation de la soixante sixième Berlinale, « The End » est arrivé chez nous la semaine dernière. Avec sa bande-annonce inquiétante montée par Gaspard Noé en personne, le nouveau film de Guillaume Nicloux a le don d’aiguiser la curiosité. Et c’est un film étrange que l’on va trouver là. Sorte de cauchemar éveillé, « The End » sera un mélange d’ennui, de mystère et surtout de fascination. Guillaume Nicloux réalise un film singulier dont la force sera aussi ce qui partage notre avis.

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Un homme part à la chasse un matin avec son chien. Là, au milieu des bois qu’il connaît, il perd d’abord son chien. Voulant le retrouver, il s’enfonce dans la forêt et finit par se perdre. Essayant de sortir des bois, il erre telle une âme brisée. Sur sa route, dans cette forêt austère et peut être hostile, il va croiser des gens étranges. Des gens auxquels il ne saura s’il pourra ou non leur faire confiance…

Ce sera donc une petite critique pour un petit film étrange et fascinant de la part d’un réalisateur qui ne cesse d’étonner et de s’aventurer souvent là où on ne l’attendait pas.

« The End« , de par sa singularité, c’est un peu l’ovni dans la carrière de Guillaume Nicloux. Le réalisateur qui avait commencé dans le polar, s’est depuis aventuré dans la comédie et le drame, et aujourd’hui, c’est dans le fantasque qu’il s’essaie. Et le résultat n’est ni bon, ni mauvais. Non, il est bien plus nuancé que ça.

Sur la base d’un scénario très simple, un homme se perd dans les bois et essaie de retrouver son chemin, Guillaume Nicloux va bâtir un film aussi intriguant qu’il sera parfois ennuyant face à l’immobilité de son intrigue qui finira par tourner en rond. Pourtant, malgré tout, on reste comme fasciné devant l’errance de Depardieu au beau milieu de ces bois. Et cette fascination tient beaucoup sur l’atmosphère étrange que Guillaume Nicloux met en images. Une atmosphère pesante, peu rassurante, qui nous fait nous poser beaucoup de questions sur la véracité de ce que l’on est en train de suivre. Le personnage de Depardieu est-il vraiment perdu ? Est-il mort et ces bois sont-ils alors son purgatoire ? Une thèse aiguillée par le titre « The End » (la fin de quoi ?). Ou alors peut-être est-ce un rêve au vu des personnages et des éléments étranges qui se déroulent sous les yeux de son personnage. Guillaume Nicloux s’amuse à brouiller les pistes et nous fera plusieurs fois changer d’avis sur le film que l’on suit. Et c’est ce qui fait la grosse force de son film.

Cette fascination est d’autant plus présente que le réalisateur filme un Depardieu bluffant qui crève l’écran. Dans son errance, le personnage sera tour à tour lourd, pesant, inquiétant et touchant et l’acteur sait exactement comment jouer avec tous ces ressentis et démontre que quand il est bien dirigé, il peut encore beaucoup surprendre.

C’est vraiment dommage que le réalisateur n’arrive pas à renouveler parfois son intrigue et que finalement, le film finisse par nous abandonner à cause de son manque de fond. Et c’est encore plus dommage, car ce manque de fond est alors rattrapé par le final, où les pièces du puzzle se rassemblent, et le tout prend forme, mais il aura fallu passer par cet ennui, qui nous aura partiellement perdus. Oui, partiellement perdu, car le film, dans un sentiment contraire, ne nous perd jamais vraiment. C’est vraiment étrange la sensation que dégage et fait vivre ce film.

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Guillaume Nicloux nous offre donc un film étrange et absurde. Génial et chiant. Surprenant et en même temps lassant. Bref, un film singulier, dont on en ressort incertain, dont on ne sait pas trop quoi en penser à chaud, tant l’expérience est inédite. « The End » est un film qui partage, devant lequel, étrangement, on a passé un moment intéressant, voire même surprenant, mais dont on pourrait croire au raté. Pourtant, « The End » finit par hanter l’esprit de celui qui l’a vu, ce qui démontre qu’il n’est pas si raté que ça. Une réussite alors ? Rien n’est moins sûr. Mais la seule chose dont on soit sûr, c’est que Guillaume Nicloux est bien l’un des réalisateurs les plus intéressants qu’on ait eus ces dernières années.

Note : 12/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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