mai 17, 2021

Divergente 3: Au-Delà du Mur – Chronique du Vide

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Titre Original : The Divergent Series : Allegiant

De : Robert Schwentke

Avec Shailene Woodley, Theo James, Jeff Daniels, Naomi Watts

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction

Résumé :

Sous le choc, Tris et Quatre doivent fuir et franchir le mur encerclant Chicago. Pour la première fois, ils quittent la seule ville et famille qu’ils aient connues. Mais au-delà du mur se trouve un monde hostile qu’ils vont devoir affronter. Tris et Quatre doivent rapidement déterminer en qui ils peuvent avoir confiance alors qu’une bataille menaçant l’humanité toute entière est sur le point d’éclater…

Avis :

Si l’on doit trouver un avantage aux différents romans pour adolescents qui sortent chaque année, c’est qu’ils donnent le goût de la lecture, ce qui est un plus indéniable dans notre société qui part à vau l’eau en termes de culture. Cependant, ce médium qui demande un certain effort de déchiffrage et d’imagination est en train, petit à petit, de se faire tuer dans l’œuf par un autre médium, le cinéma. En effet, avec l’avènement de certaines histoires pour midinettes et les ventes fulgurantes de livres mettant en scène une jeune fille qui devient forte, le cinéma y a vu un filon doré pour attirer foule dans les salles. Honni soit qui mal y pense, le septième art va alors devenir une fenêtre ouverte sur les succès libraires, offrant aux jeunes gens les images de ce qu’ils ont juste imaginé. Malheureusement, si succès il y a, le revers de la médaille ne se fait pas attendre, les films bouffent les livres. A force d’adapter à tour de bras les meilleures ventes ou la moindre histoire susceptible de faire venir de jeunes adolescents dans les salles, les jeunes lisent moins et se contentent de l’histoire narrée sur grand écran.

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Mais c’est assez malin de la part des producteurs qui peuvent maintenant apposer leurs idéaux, sans trop trahir une œuvre, qui de toute façon sera moins lue. L’argent étant le nerf de la guerre, le but premier n’est donc pas la qualité de l’objet filmique, mais bel et bien sa portée mercantile auprès d’une génération plutôt fainéante et qui se contente de ce qu’elle a besoin. Si Hunger Games a raflé toutes mises, Divergente fait partie de ces sagas ados qui percent et perdurent à raison d’un film par an. Mais à la différence des films avec Jennifer Lawrence, Divergente a eu le mérite de proposer un univers plutôt novateur avec un système de castes assez intéressant. Certes, les premiers films sont perclus d’incohérences et de clichés romanesques pour complaire la jeune adolescente où un frôlement de lèvres déclenche la moindre excitation, mais il y a avait dans Divergente une certaine candeur et une volonté de produire quelque chose de plus violent. C’était avant le troisième opus.

Car Divergente 3 : Au-Delà du Mur est l’épisode de trop, celui qui fleure bon le billet vert et l’arrière-pensée dégueulasse. Il faut dire que déjà, avec le deuxième opus, on sentait les limites d’un concept qui aurait du mal à se renouveler. On se souvient encore des incessants allers-retours entre le mur et la ville et d’une découverte qui laissait pantois tant elle était téléphonée. Avec ce troisième film, les choses se gâtent mais restent indéfiniment les mêmes. Le schéma narratif est identique, jusqu’à sa structure même qui consiste à faire faire aux personnages des allers-retours pour trouver des choses similaires à auparavant, savoir des humains qui manipulent d’autres humains. Dans son scénario, Divergente 3 : Au-Delà du Mur est d’une minceur extrême et pousse même les limites du cliché jusqu’à un point qui fut évité jusque-là. Le « je t’aime » lancé à brûle-pourpoint au héros par l’héroïne est un cliché parmi tant d’autres qui montre que même l’évolution des personnages est au point mort.

De ce fait, on est partagé entre la colère d’avoir été floué par un épisode inutile et qui fait des révélations attendus et le dégoût de voir la volonté éhontée des producteurs à faire de la merde pour faire du fric. Pire que cela, ce troisième opus est tellement indigeste qu’il dénigre les deux fils précédents, rendant certaines actions incohérentes avec les volontés même des héros. On se retrouve devant un bis repetita sans saveur qui va caresser dans le sens du poil les jeunes fans de la saga. Sauf que le cinéma, ce n’est pas ça, d’autant plus quand on n’est pas foutu de servir un bon divertissement, le film souffrant de problème de rythme et n’arrivant pas à donner des scènes de combat intéressantes, la shaky cam étant de sortie. Robert Schwentke essaye de faire dans le tape à l’œil avec des ralentis très souvent inutiles, essayant de donner du style à son œuvre, mais parvenant seulement à la rendre plus stupide et à l’image de notre société, superficielle. En fait, on devine déjà les jeunes parler du film à grands renforts de « t’as vu le ralenti avec la voiture qui saute le fossé ! ».

Enfin, Divergente 3 : Au-Delà du Mur essaye tout de même d’être un peu intelligent, fournissant un message d’amour fraternel entre les humains pour les rassembler. Portrait utopique qui a bien du mal à exister, le film est aussi nauséabond sur son fond, montrant que les plus méchant sont les plus intelligents alors que les gentils sont les altruistes faisant don de soi. Très puritain sur son fond, le film se donne à fond dans ce message d’entraide qui n’aboutit pas à cause de l’égoïsme de l’homme, mais sans jamais apporter d’ambiguïté au propos. En fait, on a presque l’impression de suivre un cours de catéchisme, prônant une certaine ignorance mais une grande gentillesse pour vivre sereinement. Et voir ce genre de discours au vingt-et-unième siècle et au cinéma, c’est assez délicat, surtout quand il n’y a pas de pour et de contre.

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Au final, Divergente 3 : Au-Delà du Mur est le plus mauvais film de la licence, ce qui est fort dommage, car malgré des défauts évidents, c’était l’une des seules licences adolescentes un poil intéressantes. Véritable crachat à la tronche par rapport aux épisodes précédents, ce troisième opus ne raconte rien, se contente de recycler les schémas narratifs et structurels des précédents films et pire que tout, propose un message nauséabond et presque rétrograde par rapport à notre société actuelle. Bref, un film à éviter autant que possible et qui ne sert que de passerelle par rapport au quatrième et dernier film.

Note : 05/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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