novembre 28, 2021

Les Patients d’Arkham

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Auteurs : Dan Slott et Ryan Sook

Editeur : Urban Comics

Genre : Horreur

Résumé :

Après avoir plaidé la folie pour échapper aux accusations d’escroquerie financière, Warren White, surnommé « le Requin Blanc », est condamné à purger sa peine entre les murs capitonnés de l’Asile d’Arkham. Alors qu’il fait ses premiers pas dans les couloirs de l’institut, White commence à comprendre la signification du sourire de ce juge malicieux qui accepta trop facilement son alibi de troubles mentaux. Que faire lorsque vos compagnons de cellule se nomment Killer Croc, Poison Ivy ou Humpty Dumpty ?

Avis :

Il est très difficile de parler de super-héros sans évoquer le super-héros en question. C’est très dur de mettre en scène une histoire de Batman sans jamais mettre en avant le chevalier sombre. Et pourtant, beaucoup de scénaristes ont joué le jeu et ont trouvé la solution pour ne pas mettre en avant le héros à la cape. Pour cela, il suffit de se concentrer soit sur les super-vilains, comme pour Les Tourments de Double-Face ou La Revanche de Bane, soit sur les héros de l’ombre, comme la police de Gotham avec la superbe série Gotham Central ou encore les histoires avec Robin. Les Patients d’Arkham est un récit se déroulant en six chapitres au sein de l’asile, mais en arpentant un nouveau chemin, celui de l’horreur, du fantastique et sans Batman. Défi difficile, mais les deux auteurs, Dan Slott au scénario et Ryan Sook au dessin, arrivent à faire quelque chose de divertissant et de nouveau dans l’univers de Batman.

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L’histoire de ce one shot se déroule essentiellement dans l’asile. Warren White, surnommé le grand requin blanc, plaide la folie pour des actes frauduleux en bourse, ruinant quelques milliers de personnes. Mais alors qu’il entre dans l’asile, il devient Viande Fraîche, le petit nouveau que tout le monde veut croquer. Il sera alors protéger par Humpty Dumpty et sera la proie de vilain comme Cri d’Agonie ou encore Jane Doe. Mais la chose la plus surprenante, c’est qu’un démon est à l’œuvre dans l’asile et il compte bien délivrer un mal oublié depuis longtemps.

Déroutant est le premier mot qui vient à l’esprit quand on lit ce comic. En effet, on est très loin de l’univers de Batman, qui essaye malgré des vilains parfois surnaturels de rester dans une certaine réalité. Ici, tous nos repères sont bousculés car non seulement on est face à des méchant inconnus (et ce ne sont pas les apparitions de quelques têtes connus qui va changer quoi que ce soit) mais en plus, on est face à une histoire surnaturelle très proche de l’univers de H.P Lovecraft. C’est d’ailleurs pour cela que la série est estampillée horreur et non pas super-héros. Le déroulement est assez limpide, même s’il souffre parfois d‘incompréhension. On a trois histoires en parallèle, une qui se déroule au tout début de l’asile, une qui se déroule en même temps que l’histoire principale et qui est une sorte d’enquête et enfin l’histoire principale en elle-même. Et ces histoires se chevauchent parfois sans explication pour le lecteur et parfois cela est assez complexe à comprendre. Mais c’est surtout cet aspect horrifique fantastique qui surprend et laisse le lecteur perplexe. Est-ce bien une histoire que l’on attend dans un Batman ? Dans un sens, on peut dire que oui, puisque l’on aura une explication sur la fin et que certains méchants nouvellement créés pourraient tout à fait faire partie du panthéon des méchants comme Jane Doe par exemple qui et excellente. Mais comme cette fin reste ouverte, on se pose la question de la légitimité de cette histoire dans l’univers du justicier.

Bien entendu, cela reste tout de même très intéressant car elle met en avant des personnages secondaires de l’asile comme les gardes et notamment Cash, ou encore le directeur. On aura plusieurs personnages qui devront affronter leurs peurs ou encore se sublimer et certains passages sont relativement bien trouvés, comme l’histoire surprenante de Humpty Dumpty, un méchant qui s’ignore à cause d’une manie de défaire et refaire de façon maladroite n’importe quel objet, créant ainsi des cataclysmes impressionnants. L’avènement du Grand Requin Blanc est très intéressant, surtout sur la fin, révélant un méchant avec un énorme potentiel.

Au niveau du dessin, l’ambiance est très bien rendue. Entre la folie, l’horreur et le malaise, le lecteur passe par divers stades grâce à des traits vifs et très lisibles. Les personnages sont beaux et la colorisation est juste parfaite. On aurait peut-être apprécié un peu plus d’aplats de noir comme dans les Hellboy de Mike Mignola afin de sublimer l’aspect enfer et horreur. Seul le Joker possède un profil un peu trop cartoon, le rendant moche et désagréable. Urban Comics met les petits plats dans les grands avec quelques bonus non négligeables en fin de tome, dont des croquis de recherche très appréciables.

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Au final, Les Patients d’Arkham est une œuvre complètement à part dans l’univers de Batman. Très déroutante, avec de nouveaux personnages, cette série part vers l’horreur et le fantastique pour retomber sur ses pattes à la fin et délivrer une évidence qui nous surprend malgré son aspect grossier. Le pari est à moitié réussi, car cette ambiance et tous ces nouveaux venus comme le méchant qui fait des graffitis demandent un temps d’adaptation et cela pourrait rebuter plus d’un fan. Une histoire à macérer et digérer pour bien la saisir et une audace qui mérite d’être récompensée.

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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