novembre 30, 2021

Oculus

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De : Mike Flanagan

Avec Karen Gillan, Brenton Thwaites, Katee Sackhoff, James Lafferty

Année : 2014

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Une femme tente d’innocenter son frère, accusé de meurtre, en démontrant que le crime est dû à un phénomène surnaturel.

Avis :

Mike Flanagan est un réalisateur, qui comme beaucoup de réalisateurs, s’est fait connaître avec un court-métrage, Oculus Chapter 3 : The Man With a Plan. Mais avant de s’attaquer à la version longue de son court-métrage, il fait une escale avec Absentia, un autre film horrifique. Le problème, c’est qu’Absentia est un film au pitch intéressant, puisqu’il il utilise la loi de l’absence (une personne est considérée comme décédée après un certain nombre d’année de disparition) pour tisser un film d’angoisse avec une bestiole dans un tunnel mais dans lequel le manque de budget se fait sentir et on est plus dans un drame social que dans de l’épouvante. Par la suite, il fait alors comme James Wan avec Saw ou comme Andres Muschietti pour Mama, il réalise le long-métrage qui est inspiré par son premier court qui est lui-même inspiré d’une nouvelle écrite par Jeff Seidman. Oculus a affolé la toile après sa bande-annonce. Entre les producteurs de Paranormal Activity et Insidious cités en gros et un pitch alléchant, il y avait de quoi attirer le chaland. Mais était-ce vraiment la peine de s’exciter pour ce film ?

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Voilà le cadavre de Claude François

L’histoire se déroule en deux moments différents qui se chevauchent. Le film commence avec la libération d’un jeune homme et de sa sœur, travaillant dans les ventes aux enchères, qui vient le chercher. Elle lui explique alors qu’elle a récupéré le miroir et qu’elle va s’en occuper, le détruire. Bien malgré lui, il va l’aider mais des phénomènes paranormaux vont se produire, exactement comme lorsqu’ils étaient enfants, et les souvenirs vont resurgir, mettant les deux protagonistes face à leur histoire, la mort de leurs parents et une entité surpuissante. Oscillant entre le fantastique et l’horreur, Oculus est un film très différent de ce que l’on a pu voir dans Absentia, le premier film de Mike Flanagan, mais il contient les mêmes défauts.

En premier lieu, le film est très lent. Entre l’explication de l’expérience que veut mener la sœur, les différentes narrations et les questionnements du frère, le film s’enlise doucement mais surement dans un genre de faux rythme qui ennuie assez vite. La faute à des dialogues inintéressants et des situations qui parfois confèrent au n’importe quoi. Il faut croire que ce rythme, qui flirte avec le drame indépendant, est la marque de fabrique de Mike Flanagan, un peu comme Ti West, sauf que ce dernier possède une vraie identité visuelle comme en atteste son film The House of the Devil. D’autre part, tout comme Absentia, Oculus est doté d’une ambiance lourde avec des personnages dépressifs. Ce qui pourrait rajouter une certaine tension, un certain malaise, ne fait que mettre en avant une lourdeur dans le propos et dans le récit, rendant le film presque pénible. Il faut rajouter à cela des acteurs qui font le minimum et qui reste transparents.

Néanmoins, le fait que les personnages ne soient pas si agréables donne un surplus de présence au miroir. Gothique, inquiétant, il est vraiment un personnage du film à part entière et c’est surement l’élément le plus flippant du métrage. De ce côté-ci, c’est donc plutôt réussi. Mais ce n’est pas le seul point positif du film. La narration est très osée et franchement originale. En effet, le film se passe dans le même lieu, mais près de dix ans plus tard. Lorsque les héros étaient enfants, ils ont subi les dommages du miroir qui avait pris possession du père, et aujourd’hui, ce sont eux les victimes directes du miroir. De ce fait, les époques vont se chevaucher dans un schéma narratif puissant et surtout extrêmement bien écrit. Le spectateur sera pris dans une espèce de spirale, expliquant les faits passés et montrant les méfaits présents du miroir sur le frère et la sœur. Ces allers-retours dans le temps sont tellement bien écrits que parfois on a du mal à savoir de suite dans quelle époque on se situe, le spectateur se sent donc autant perdu et manipulé que les personnages et c’est plutôt bien vu. Malheureusement, les effets de peur ne sont pas présents. Les personnages sont assez pénibles et on ne sentira aucune empathie pour eux, même pour le frère qui est le plus lésé de la famille. De ce fait, les quelques passages qui devraient s’avérer un peu effrayants ne le sont pas. On notera aussi quelques incohérences dans les expériences, disant qu’il ne faut pas utiliser les téléphones ou les objets électriques et la sœur est la première à utiliser son Iphone pour voir si elle a bien tué son compagnon. La crédibilité en prend un coup…

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Il est dégueulasse ce miroir !

Au final, Oculus n’est pas vraiment mauvais film mais il aurait pu être bien meilleur si son traitement de fond n’était pas aussi dépressif. Mike Flanagan, dont c’est le deuxième métrage, propose des personnages toujours dépressifs, ce qui a tendance à alourdir un propos qui n’en a pas forcément besoin. Si on rajoute un rythme lent, on obtient un film presque chiant, mais qui est sauvé par une narration inédite et intéressante et un personnage atypique, le miroir.

Note : 11/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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