décembre 1, 2021

Les Délices de Tokyo

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Titre Original : An

De : Naomi Kawase

Avec Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida, Miyoko Asada

Année : 2016

Pays : Japon, France, Allemagne

Genre : Drame

Résumé :

Les dorayakis sont des pâtisseries traditionnelles japonaises qui se composent de deux pancakes fourrés de pâte de haricots rouges confits, « AN ».
Tokue, une femme de 70 ans, va tenter de convaincre Sentaro, le vendeur de dorayakis, de l’embaucher.
Tokue a le secret d’une pâte exquise et la petite échoppe devient un endroit incontournable…

Avis :

Japonaise, Naomi Kawase est le genre de réalisatrice qui ne fait pas grand bruit, les sorties de ses films sont plutôt discrètes, et pourtant elle fait un sacré petit parcours que beaucoup lui envierait. Après une belle pelletée de courts-métrages, après un prix film en 1997, sacrée à Cannes où elle repart avec la Caméra d’or, Naomi Kawase va très régulièrement nous offrir de nouvelles fictions. Entre 1997 et 2016, elle ne chôme pas, puisqu’elle réalise pas moins de huit films de fictions, cinq documentaires (un style qu’elle aime et qu’elle aborde depuis le début de sa carrière), et plusieurs autres courts et moyens métrages.

Et voici que deux ans après son dernier long métrage « Still the Water« , Naomi Kawase est de retour avec « Les délices de Tokyo« , un film qui porte à merveille son titre. La bande-annonce avait beaucoup de charme et dégageait de l’amour. L’histoire, même si quelque peu déjà vue, avait l’air tendre, délicate, touchante et il nous en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir le nouveau film de Noami Kawase qui va se révéler être un petit bijou de justesse, de simplicité, d’amour et d’altruisme. « Les délices de Tokyo » est tout à fait le genre de film qui vous emporte dans un petit tourbillon d’émotions.

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Sentaro travaille dans une petite « cabane » où il vend des dorayakis (des pâtisseries traditionnelles faites de deux pancakes avec au milieu des haricots rouges confits à la pâte de « An »). Avec ce petit commerce, Sentaro vit tant bien que mal, mais ses pâtisseries n’ont rien d’exceptionnel. Si les pancakes sont réussis, les haricots sont quelque peu fades. Un matin, Sentaro fait la connaissance de Tokue, une vieille femme de soixante-seize ans. Tokue répond à la petite annonce que Sentaro a placardée sur sa devanture. Il recherche une aide pour le matin avant l’ouverture. De par le grand âge de Tokue, Sentaro hésite à engager la vieille femme. Mais Tokue réussit à le convaincre après lui avoir fait goûter ses haricots confits à la pâte d’An. Sentaro n’en avait jamais mangé d’aussi bon et malgré les soixante-seize années de Tokue, il l’engage sur-le-champ. Dès lors, la vieille femme va lui transmettre l’amour, la passion et le respect nécessaire pour cuire ces haricots et bien plus encore.

En ce début d’année, la leçon de poésie vient du Japon sous l’œil de Naomi Kawase avec « Les délices de Tokyo« , magnifique film qu’on n’a pas vu arriver pour notre plus grand bien. On peut même le dire sans aucune crainte, avec « Les délices de Tokyo« , Naomi Kawase nous offre bien l’un des plus beaux films de ce début d’année. Un film tout en délicatesse qui va suivre trois personnages que la vie n’a pas épargnée. Trois personnages perdus, brisés, déchirés sans vraiment se rendre compte de l’ampleur des dégâts. Trois personnages qui vont se découvrir, se soutenir et finalement s’aider et avancer ensemble.

À première vue, quand on survole le script de Naomi Kawase, on peut se dire que son intrigue a déjà été traitée au cinéma maintes et maintes fois. On peut se dire qu’on risque de passer tout de même un joli moment, car l’ambiance incroyable de la bande-annonce charme vraiment. Mais si le début est comme la bande-annonce le montrait, très vite, l’histoire s’épaissit, s’assombrit et devient bien plus surprenante qu’on ne l’aurait imaginé. Le scénario est magnifique, empreint de délicatesse, de douceur et de poésie. Tout est parfaitement amené, la réalisatrice, avec énormément de douceur, prend le temps de nous présenter ses personnages. Elle prend le temps de nous faire ressentir leurs sentiments et leurs douleurs. Quand on découvre « Les délices de Tokyo« , c’est comme si l’on dégustait un bon chocolat fourré. Sa mise en bouche séduit, on le laisse fondre et puis d’un coup, le fondant, le moelleux vient vous rappeler que le goût est loin d’être fini et qu’il va être merveilleux.

« Les délices de Tokyo » est certes un film culinaire, où l’on nous transmet l’amour infini de la cuisine, mais il est bien plus que ça. C’est un film humain, bourré de générosité. Les personnages sont, chacun à leur manière, bouleversants, surtout dans la seconde partie où la réalisatrice aborde une certaine honte de son pays. Sans juger ou dénoncer, elle évoque et dresse un constat sur des faits et les conditions de vie d’une certaine population.

« Les délices de Tokyo » est accompagné par une mise en scène contemplative et merveilleuse. Naomi Kawase tire le plus beau de chacun de ses plans. Elle filme magnifiquement et discrètement ses personnages, ce lieu, cette cuisine, cet amour et nous, on ne fait que déguster chaque instant raconté. C’est beau et c’est simple et c’est ce qui fait la force des « Délices de Tokyo« .

Enfin, on ne pourra pas ne pas évoquer ces trois comédiens qui sont tous de belles découvertes. Masatoshi Nagase qui campe Sentaro est on ne peut plus attachant. Kyara Uchida est magnifique dans les silences et sa façon d’observer les deux autres personnages. Mais si magnifiques ces deux personnages soient-ils, celle qui va vous bouleverser, celle qui crève l’écran et que vous n’êtes pas prêt d’oublier, c’est Kirin Kiki qui campe Tokue, cette vieille femme débordante d’amour, de respect et d’espoir. L’actrice est incroyable à chaque instant. Touchante et émouvante, c’est le plus beau personnage de ce début d’année et son actrice mérite toutes les récompenses pour cette vieille femme qu’on adorerait tous connaitre. On peut le dire, Kirin Kiki est la révélation de ce début d’année.

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« Les délices de Tokyo » est donc une magnifique leçon d’humilité, de poésie, de simplicité et de cinéma tout simplement. On le répète, car on ne l’a vraiment pas vu arriver et franchement, on en a dégusté chaque instant avec l’envie indéfinissable que le film ne trouve jamais de fin. Bref, s’il y a bien un petit film à découvrir en ce moment au cinéma, c’est bien ces « Délices de Tokyo« , alors n’hésitez plus et laissez-vous envahir par ces personnages et ces saveurs.

Note : 19/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=yFsK5J-QXAU[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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Une réflexion sur « Les Délices de Tokyo »

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