mai 25, 2022

David Gilmour – Rattle That Lock – Guitare Aérienne

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Avis :

Il semblerait bien que produire des albums solos pour des guitaristes de groupes légendaires soit devenu une habitude. Après Slash l’année dernière et son magnifique World on Fire, juste après Keith Richards et son mou du genou Crosseyed Heart, voici que déboule David Gilmour et son Rattle That Lock. Figurant parmi les vingt meilleurs guitaristes au monde, la voix et la guitare de Pink Floyd sert cette année son quatrième album solo après neuf ans de silence (outre un concert à Gdansk). Mais il ne suffit pas d’être le meilleur sur Fender pour livrer un album qui a du poids et qui peut devenir une référence dans le monde du rock progressif. Et tous les ingrédients étaient réunis pour craindre un petit peu ce skeud, puisque le titre choisi pour le vendre est Rattle That Lock, titre éponyme de l’album, qui reprend le jingle de la SNCF. Choix bizarre, surtout pour les traumatisés du train régional qui ont déjà entendu ce jingle un milliard de fois pour annoncer un retard, mais ce que vient de réussir Gilmour sur ce skeud est tout bonnement incroyable, puisque non seulement l’album est très bon, mais en plus de cela, il livre un son de guitare d’une pureté inégalée.

Le skeud débute avec 5 A.M., une introduction qui dépasse allègrement les trois minutes et qui n’est qu’à la guitare. Un moment de grâce qui permet de rentrer en douceur dans un album qui promet un voyage intense. Chose surprenante quand on sait que le dernier album des Pink Floyd se nomme The Endless River et qu’il était un trip intersidéral parfois trop obscur. Or là, David Gilmour évite facilement cet écueil pour rendre une copie bien plus abordable et surtout plus musicale. Ce qui sera écoutable avec Rattle That Lock, le tube du skeud où l’on peut entendre le jingle de la SNCF. Et c’est avec surprise que le morceau est ultra réussi, proposant un bon groove et une rythmique impressionnante, livrant ce qui sera l’un des meilleurs titres de l’album. Bien évidemment, il était moche de mettre en doute le talent de Gilmour quant à ce choix audacieux, mais il faut reconnaître qu’il y avait un gros risque, surtout pour l’auditeur français et finalement, il s’en sort avec les honneurs. Mais en plus de ce titre, on pourra aussi compter sur d’autres titres très plaisants et rentrant rapidement en tête, comme Faces of Stone, qui allie efficacement blues et folk pour un titre à la fois planant et lourd. Bien évidemment, on sent les influences de Pink Floyd dans ce skeud, et notamment sur In Any Tongue, mais est-ce vraiment un reproche quand on connait la qualité du groupe britannique ? Bien sûr que non et Gilmour livre un morceau imposant, d’une grande puissance technique et émotive.

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Alors bien sûr, le disque n’est pas exempt de défauts, et certains titres sont un peu plus faiblards que d’autres. On peut citer A Boat Lies Waiting, qui propose une longue introduction qui ne sert pas à grand-chose et qui part ensuite vers une espèce de chorale accompagnée d’un piano qui n’est pas des plus envoutantes. On peut aussi évoquer Dancing Right in Front of Me, qui lorgne du côté de la chanson populaire et du crooner sans pour autant arriver à faire décoller l’auditeur, la faute à un aspect un poil trop versatile. Enfin, difficile de passer outre Beauty, un titre sans voix, qui fait office de transition et qui montre tout le talent du guitariste, mais qui reste anecdotique, la faute à une rythmique un peu molle et vieux jeu. Néanmoins, ce sont là les seuls petits défauts de l’album, puisque dans son ensemble, le skeud est vraiment magnifique et Gilmour livre un disque presque parfait. A noter aussi qu’il s’agit d’un album très varié, allant aussi bien dans le rock que dans le blues, s’octroyant même un passage dans le jazz avec The Girl in the Yellow Dress, qui reste un peu en dehors de l’esprit de l’album, mais qui reste maîtrisé d’un bout à l’autre. Enfin, comment ne pas évoquer ce final splendide avec And Then…, qui reste une référence au niveau de la maîtrise technique.

Au final, Rattle That Lock, le quatrième et dernier album solo de David Gilmour, est loin d’être à l’image que l’on peut avoir de la SNCF aujourd’hui. Plutôt en avance sur son temps et non pas en retard, le guitariste livre un album presque sans faute où tout son talent éclate, prouvant que tout peut l’inspirer, même un jingle dégueulasse. Bref, un excellent cru qui prouve que c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures.

  1. 5 A.M.
  2. Rattle That Lock
  3. Faces of Stone
  4. A Boat Lies Waiting
  5. Dancing Right in Front of Me
  6. In Any Tongue
  7. Beauty
  8. The Girl in the Yellow Dress
  9. Today
  10. And Then…

Note: 17/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=L1v7hXEQhsQ[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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