décembre 7, 2021

L’Ame du Mal – Maxime Chattam

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Auteur : Maxime Chattam

Editeur : Pocket

Genre : Thriller

Résumé :

Abandonnés au fond de la forêt ou de hangars vétustes; des cadavres comme on n’en a jamais vu, mutilés de façon rituelle, porteurs de messages cabalistiques semblables à ceux que laissait derrière lui le Bourreau de Portland, avant qu’une balle dans la tête ne vienne à bout de sa carrière… Le tueur serait-il revenu d’outre-tombe ? S’agit-il d’une secte particulière qui prélève toujours les mêmes morceaux du corps de ses victimes pour d’étranges cérémonies ? Des bibliothèques ésotériques aux égouts de la ville, l’inspecteur Brolin et une jeune étudiante en psychologie plongent dans une enquête infernale, tandis que la police scientifique et la médecine légale se perdent en conjectures.

Et peu à peu, des brumes mystérieuses de la Willamette River va surgir un secret effroyable que nos deux limiers devront affronter au péril de leur âme.

Avis :

Peu de romanciers français ont réussi à se tailler une part du lion dans le domaine du thriller et de l’horreur. Mais s’il y en a un qui est fraichement sorti du lot, c’est bien Maxime Chattam. Souvent comparé à Stephen King, le jeune écrivain possède une plume reconnaissable et ne s’embête pas avec les formes pour former des thrillers âpres, très souvent violents et lorgnant du côté de l’horreur. C’est d’ailleurs à cause de cela qu’on le rapproche du maître de l’épouvante américain. Il publie son premier roman en 2002 qui fait partie d’une trilogie qu’il nomme sobrement, La Trilogie du Mal. Remportant le prix Sang d’Encre la même année avec ce roman, il était logique que cela attire nos yeux avides, même plus de dix ans après. Alors que vaut l’Ame du Mal, le premier roman de Chattam et le premier de la Trilogie avec Joshua Brolin ?

Joshua Brolin est un jeune inspecteur de police au passif exemplaire. Ancien du FBI, il n’a pas supporté le fait de devoir attendre trois ans pour aller sur le terrain Il s’est alors engagé dans la police pour pouvoir aller directement auprès des victimes. La police de Portland l’utilise alors dans les cas de tueurs en série afin d’établir rapidement des profils psychologiques. C’est alors qu’il résolve avec brio l’affaire du bourreau de Portland en tirant une balle en pleine tête de celui qui découpait les avant-bras de ses victimes. Près d’un an plus tard pourtant, les mêmes crimes recommencent, avec les mêmes spécificités, sauf que cette fois, un corbeau se joue de la police. Brolin va devoir agir vite pour qu’il n’y ait pas plus de victimes.

Ecoulé à plus de 400 000 exemplaires, l’Ame du Mal est un vrai succès et propulse Maxime Chattam au rang des écrivains à suivre. Et on peut comprendre pourquoi, car si son livre demeure assez convenu, il recèle bien des qualités et pas des moindres. Au niveau des points faibles, on peut dire que l’intrigue est couse de fils blancs. Pour les lecteurs rompus aux thrillers, il arrive un moment dans le bouquin où l’on devine qui est le tueur à la place de l’inspecteur. Mais ce qui pourrait devenir gênant se suit avec intérêt puisque le lecteur va vouloir savoir s’il avait raison ou non. On pourrait, dans sa thématique, rapprocher ce livre à celui de Franck Thilliez, La Chambre des Morts. Mais cela n’est pas forcément gênant puisque le style est différent et que les personnages centraux ont bien des différences. Enfin, on peut aussi dire que l’amourette ultra clichée n’était pas forcément nécessaire. Cependant, elle amène une grande dramaturgie sur la fin qui permet de rajouter une tension supplémentaire. Et une surprise de taille.

Mais pour le reste, c’est du tout bon. Maxime Chattam ne lambine pas sur le rythme et fournit un récit dense et frénétique. Les chapitres sont courts, haletants la plupart du temps, et laisse toujours sur un cliffhanger pour que l’on enchaine rapidement. Le style de Chattam est à rapprocher de celui de Stephen King. C’est-à-dire qu’il n’hésite pas à utiliser les bons termes pour exprimer quelque chose. Il est ainsi plus facile de s’imaginer l’histoire dans sa tête, et surtout il ne perd pas le spectateur dans des descriptions fastidieuses. Pour ce qui est de l’intrigue en elle-même, elle est très classique, suivant une équipe à la recherche d’un psychopathe. Peu de surprises là-dessus, si ce n’est la description des cadavres, qui sont relativement crus et une résolution qui tient presque du hasard. Cependant, on appréciera les nombreuses explications concernant les méthodologies pour faire un profil, mais aussi dans les laboratoires d’analyse. L’écrivain n’hésite pas à expliquer comment fonctionne telle ou telle machine. Et cela n’est jamais lourd puisque il se base sur un personnage néophyte qui doit apprendre les rudiments du métier.

D’ailleurs, le dernier point fort de ce roman concerne les personnages. Joshua Brolin est un personnage très attachant car très normal. Il est facile de se projeter dans ce type de personnages et on ressent de suite une grande empathie pour lui. C’est aussi la même chose pour Larry Salhindro, son acolyte, un épicurien fidèle et très gentil. En ce qui concerne les personnages secondaires, on n’évite pas certains stéréotypes comme le flic jaloux qui veut la place de Brolin ou encore la jolie jeune fille qui tombe amoureuse de son sauveur. Les interactions entre les personnages sont très réalistes et l’ensemble est vraiment très bien fichu.

Au final, L’Ame du Mal de Maxime Chattam est un excellent thriller, même s’il sent un peu le déjà-vu. Relativement trash sur certains passages, le romancier n’oublie pas non plus ses références en citant la Divine Comédie de Dante et en sert un récit effréné, passionnant et que l’on ne peut plus lâcher une fois le livre en main. Un thriller classique mais bien écrit et rondement mené, ce qui est déjà pas mal.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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