juin 23, 2021

Robin Thicke – Paula

1403272972_robin-thicke-lg

Avis :

Se faire connaître parce qu’on a des parents célèbres, ça peut être bien comme relativement méprisant. Quand on pense à Will Smith qui essaye de placer son fils qui joue comme une patate à toutes les sauces, on ne le remercie pas (toujours pas remis de After Earth). Mais se faire connaître sans faire appel à papa et maman, c’est tout de même mieux et prouve que l’on peut avoir du talent et de l’estime de soi. Robin Thicke est un auteur/compositeur/interprète dont les parents baignent dans le domaine culturel (la maman est chanteuse et le papa est acteur). Néanmoins, il commence sa carrière en tant que producteur et collaborateur, notamment avec Mary J. Blige ou encore Mariah Carey. C’est en 2003 qu’il décide de se lancer dans la chanson et sort un premier album, A Beautiful World. Il signe alors dans la maison de disques de Pharrell Williams, Star Trak Records. Oscillant entre le funk, la pop et parfois le latin lover, Robin Thicke ne se fait pas forcément connaître du grand public. Il lui faudra attendre son septième album pour exploser les records aussi bien aux States qu’en Europe. En effet, Blurred Lines sort en 2013 et le titre ainsi que l’album sont des succès planétaires. Bon, il faut dire qu’avec des nanas à poil dans le clip, ça aide bien à la notoriété. Avions-nous droit à un succès d’un jour ? Peut-être bien, car c’est en toute discrétion qu’est sorti Paula, son huitième album, en 2014 et personne n’en a vraiment parlé alors qu’au final, le skeud est plutôt sympathique.

On sent que le monsieur est nostalgique de son ex-femme, l’actrice Paula Patton, dont il s’est séparé il y a peu. Que ce soit dans le titre de l’album ou encore dans les premiers morceaux, on sent que le chanteur est tout tristounet. Le skeud commence avec un morceau assez long, You’re my Fantasy et il possède tous les accords pour faire le parfait latin lover. Une petite guitare sèche qui répète inlassablement des notes faisant référence à l’Amérique du Sud ou encore à l’Espagne et le titre se suit sans trop de problème. Robin Thicke susurre plus qu’il ne chante, mais le tout fonctionne malgré la longueur. On regrettera seulement le manque de variation pour faire quelque chose de bien plus intéressant, d’autant plus qu’avec sa longueur, le morceau ne rentre pas dans le cadre des standards de la radio. La suite est à peu près du même acabit, en un peu plus funk avec Get Her Back, qui est encore plus lancinant que le titre précédent, avec cette fois une guitare qui ne changera jamais de rythme ni d’accords, ce qui peut créer une certaine lassitude. Néanmoins, le chanteur exploite un peu plus sa voix, ce qui n’est pas plus mal. On aura encore droit à ce style un peu lent avec Still Madly Crazy (un message pour son ex ?) mais cette fois en version piano bar dans un style plus classique dans la pop actuel. Cela ne casse pas trois pattes à un canard mais ça reste écoutable et agréable. On retrouvera par la suite cet aspect vers la fin de l’album avec Forever Love qui conclut l’album de façon romantique, mais un peu chiante tout de même. On peut aussi évoquer The Opposite of Me qui est dans le même délire.

robin_thicke__1743709a

Mais le skeud réserve bien des surprises, ce qui est assez étonnant provenant d’un album plutôt pop et r’n’b. On peut dire que l’album se réveille à partir de la quatrième piste avec Lock the Door. Un morceau bien plus funk, qui bouge vraiment et qui est bien plus rythmé que le reste, montant crescendo avec un joli petit piano assez grave et des chœurs féminins du plus bel effet, ressemblant parfois à du gospel. Puis arrive Whatever I Want, un morceau qui lorgne du côté de la funk/rock, un style enjoué et plutôt réjouissant, s’écartant grandement des sons électros. C’est simple, c’est pur et ça fonctionne plutôt bien. Mais on retiendra surtout Living in New York City, qui est un vrai morceau rock avec une ligne de basse incroyable et quelques hurlements qui font directement penser à Eli Paperboy Reed ou dans une moindre mesure à Bruno Mars. Ça pulse, c’est rythmé, et c’est franchement à mille lieues de Blurried Lines et de son style putassier. Ici, on a droit à des cuivres, de la pure funk digne des années 70/80. Mais le type a plusieurs cordes à son arc offrant aussi des titres de crooner avec Love Can Grow Back ou encore Black Tar Cloud. Enfin, difficile de passer à côté de Tippy Toes, un titre qui fait référence aussi bien au charleston qu’à du rockabilly léger. Un titre anticonformiste pour un album pop d’aujourd’hui et ça fait du bien !

Au final, Paula, le dernier album de Robin Thicke se révèle être une excellente surprise. C’est plutôt frais, assez inattendu et surtout, le chanteur s’éloigne vraiment de sa ligne de conduite grossière qu’il avait eue avec son succès planétaire. Un album simple, qui oscille entre funk, pop, parfois r’n’b et crooner, mais qui réussit à être varié et plutôt agréable. Comme quoi, il ne faut jamais s’arrêter à des préjugés et de mauvaises premières appréhensions.

  1. You’re my Fantasy
  2. Get Her Back
  3. Still Madly Crazy
  4. Lock the Door
  5. Whatever I Want
  6. Living in New York City
  7. Love Can Grow Back
  8. Black Tar Cloud
  9. Too Little Too Late
  10. Tippy Toes
  11. Something Bad
  12. The Opposite of Me
  13. Time of Your Love
  14. Forever Love

Note : 14/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.