décembre 9, 2021

Antigang – Bang

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De : Benjamin Rocher

Avec Jean Reno, Caterina Murino, Alban Lenoir, Thierry Neuvic

Année : 2015

Pays : France

Genre : Polar, Action

Résumé :

Serge Buren est un flic de légende, entouré d’une bande de jeunes flics aux méthodes peu conventionnelles.
Qu’importe qu’ils utilisent des battes de baseball ou « oublient » le règlement au cours d’arrestations spectaculaires, les résultats sont au rendez-vous !
C’est alors qu’un groupe de braqueurs meurtriers entre en scène, dévalisant avec une facilité déconcertante banques et bijouteries de la capitale, à coup d’armes de guerre et de scénarios imparables.
Face à tant d’ingéniosité et de brutalité, Buren et son unité se retrouvent confrontés à une situation délicate : leurs méthodes expéditives suffiront-elles à arrêter ces criminels autrement plus machiavéliques ?

Avis :

On dit souvent que la France est un pays mou du genou niveau cinéma. Non pas que notre septième art soit vraiment au ras des pâquerettes, mais il préfère se concentrer sur les comédies et les drames, afin de susciter un plus grand nombre d’entrées. De ce fait, quand un film qui sort de ce genre sort, c’est un peu l’émoi dans tout l’hexagone parmi les cinéphiles avertis. Et fort heureusement, une résistance se met lentement en place, offrant un cinéma différent que ce qu’attend la masse populaire, et essayant vraiment de faire bouger les choses.

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Benjamin Rocher fait partie de ces réalisateurs qui se foutent un peu du nombre d’entrées. Bien évidemment, plus il en fait, mieux c’est, mais l’important est de faire un cinéma qui lui plait et qui sort des sentiers battus de la comédie française. Pour preuve, il coréalise La Horde, premier film de zombies français, puis s’attèle à la première mi-temps de Goal of the Dead, mélange d’humour et de morts-vivants. Il n’en fallait pas plus au cinéaste pour se faire connaître de la sphère horrifique française, tant les films précités sont généreux et référentiels. Seulement, le cinéma ne se résume pas à l’horreur, et Benjamin Rocher l’a bien compris, sortant Antigang, une relecture française de The Sweeney, film britannique de Nick Love. Polar d’action très nerveux, le film peut-il rivaliser avec son homologue de la perfide Albion ? Et surtout, peut-il faire connaître le réalisateur à un public plus grand ?

Serge Buren est un agent de police qui aime le terrain et mène une brigade qui frappe fort. Trop fort pour certains, puisque son nouveau chef veut dissoudre cette unité afin de réduire les couts et d’améliorer le rendement. L’équipe est alors mise en avant sur un braquage de bijouterie. Buren est persuadé de reconnaître le modus operandi d’un ancien prisonnier qu’il a lui-même arrêté. Malheureusement, il ne trouve pas de preuves assez concluantes et avoue s’être trompé. Mais une découverte va tout remettre en question et ce petit braquage avec ce meurtre gratuit sera la face immergé d’un iceberg beaucoup plus gros qu’il n’y parait.

Subissant depuis sa récente sortie les quolibets de certains parce qu’Antigang est un remake de The Sweeney et que cela n’est mentionné nulle part (si ce n’est dans le générique de fin), le film ne mérite pas autant de haine de la part de certains, ou même un quelconque questionnement. Ce n’est pas le premier film à faire cela (et surtout que The Sweeney est passé complètement inaperçu en France), et ce ne sera pas le dernier. Donc il faut bien être conscient que ce film est certes un remake, mais qu’il est tout à fait possible de le voir comme un film à part entière.

Plus court et plus condensé que son modèle, Antigang est donc un polar d’action relativement nerveux, qui propose une jolie alternative aux films d’action français made in Besson ou encore au buddy movie américain. Le film ne rivalise pas avec les plus cultes d’entre eux comme L’Arme Fatale ou encore Bad Boys, mais il reste fort sympathique et laisse pantois devant tant de maîtrise au niveau de l’action. En effet, le film accumule les cascades et les fusillades pour un rendu impressionnant. Rarement une fusillade française n’aura été aussi forte et immersive. Benjamin Rocher fait son taf et prouve que même sans zombies, il gère parfaitement son affaire.

Là où le film pêche un petit peu, c’est sur l’humanisation des personnages. Son homologue britannique, plus long d’un gros quart d’heure, prenait plus de temps à développer des relations humaines au sein de l’équipe. On aura même une relation ambigüe entre les deux personnages principaux, se doutant plus ou moins que c’est le père et le fils. Dans Antigang, ces relations sont plus distantes, le réalisateur voulant aller au plus direct et se focalisant principalement sur l’action. Le film n’est pas dénué d’interactions, mais elles sont moins fortes que dans The Sweeney, ce qui est dommage, car on sent une certaine alchimie entre Alban Lenoir, hilarant et juste et Jean Reno, qui revient à un rôle plus avenant que ses précédents rôles. On notera aussi un humour parfois un peu douteux et qui ne marche pas forcément tout le temps, même s’il évite les poncifs du genre à parler de sexe sans arrêt.

Mais le plus important, c’est que si Antigang perd en relations humaines, il gagne en intensité. Le film de Nick Love possédait un réel ventre mou qui pouvait perdre le spectateur. Or, dans Antigang, il n’y pas cette perte de vitesse et le film reste toujours sur la corde raide. Alors il est vrai que les enjeux dramatiques sont amoindris, mais ils restent présents et font que l’on suit le film avec envie. D’autant plus que dans ce film, on a une vraie cohésion d’équipe, ce qui est absent du film de Nick Love, et on sent que Benjamin Rocher a voulu imposer cette différenciation dans l’équipe, et cela est plus crédible que dans le film anglais.

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Au final Antigang est un bon film. Faisant la nique aux films policiers pantouflards que l’on nous sert depuis des années, Antigang est nerveux, drôle, bien réalisé et lisible. Si ceux qui ont vu The Sweeney seront en terrain conquis et retrouveront même des scènes similaires, on ne peut que saluer le travail de toute l’équipe pour fournir un film divertissant, qui essaye de se détacher de son homologue mais aussi de toutes les productions françaises sans saveur. Bref, un film qu’il faut soutenir pour en voir plus dans les salles obscures et qui a beaucoup plus de classe qu’un des derniers nés de Luc Besson.

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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