septembre 27, 2022

L’Epouvantail

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Titre Original : Scarecrow

De : Jerry Schatzberg

Avec Al Pacino, Gene Hackman, Dorothy Tristan, Ann Wedgeworth

Année: 1973

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Deux hommes se lient d’amitié en partageant le feu d’une dernière allumette sur le bord d’une autoroute. Lion compte regagner son foyer, abandonné depuis quelques années. Max, tout juste sorti de prison, rentre au pays pour y monter une station-service.

Avis:

Jerry Schatzberg a longtemps officié comme photographe de mode et c’est en 1970 qu’il passe pour la première fois derrière la caméra avec le très très beau « Portrait d’une enfant déchue » qui voit offrir l’un de ses plus beaux rôles à la très iconique Faye Dunaway. Le photographe décide alors de se lancer dans la réalisation et après « Panique à Needle Park« , un film sorti un an plutôt et déjà avec Al Pacino, voici qu’il va décrocher le prix suprême au festival de Cannes avec cet « Épouvantail« , qui sera une belle critique du rêve américain.

De Jerry Schatzberg, je n’ai vu pour l’instant que le très réussi « Portrait d’une enfant déchue« , qui fut un film qui m’avait beaucoup plu et j’étais très curieux de voir ce que le réalisateur avait pu faire d’autre et c’est avec plaisir que je découvre le parcours chaotique et poétique de ce duo improbable. Une comédie douce et amère que j’ai appréciée, et qui m’a autant divertie qu’elle m’a touchée et peut-être même révoltée sur la fin.

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Max vient tout juste de sortir de prison. C’est un homme impulsif et son caractère lui a coûté cher. Il est papa, mais il est aussi séparé de sa compagne et ne sait même pas si l’enfant est un garçon ou une fille. Alors que tous les opposent, Max et Lion vont pourtant se rencontrer par hasard sur une route en plein milieu de nulle part. Les deux hommes sympathisent très vite, ils finissent par vouloir faire un bout de route ensemble, et même de devenir associés dans une boutique de lavage de voitures. Mais avant cette ouverture, chacun d’entre eux a encore quelques petites choses à régler. Les voilà donc partis sur les routes des Etats-Unis pour un voyage mouvementé.

Troisième essai pour le talentueux Jerry Schatzberg. « L’épouvantail« , un bien curieux titre pour un film qui va s’avèrer être, caché derrière ses airs de road-movie made in 70, une longue et lente descente en enfer pour deux personnages qui rêvaient d’autres choses. « L’American Dream », c’est le thème principal qu’explore le réalisateur américain au travers le parcours de deux vagabonds qui sont très différents l’un de l’autre, mais qui en fin de compte ne font qu’un et se complètent parfaitement. L’intrigue est belle dans sa simplicité et son humanisme. La quête et les rêves que les deux personnages nourrissent sont parfaitement compréhensibles et l’on a vraiment envie que chacun d’eux arrive à son but. Tour à tour drôle ou bien touchant, « L’épouvantail » nous fait suivre et ressentir ce parcours comme si on y était. Toujours aux côtés des deux personnages, on va vivre et ressentir leurs rêves et espérer que tout se finisse bien. Bien sûr, le réalisateur nourrit ce parcours avec son lot de surprises.

Jerry Schatzberg a prouvé son talent et son ambition dès son premier film, qui était remarquable aussi bien dans le déroulement que dans les images construites par le réalisateur. Et c’est encore une fois le cas ici, car la photographie de « L’épouvantail » est tout simplement incroyable de beauté. Magnifiquement éclairé, des plans intéressants, de jolies scènes, le film est étonnant et dégage beaucoup de caractère. Un caractère qu’on peut même dire hypnotique.

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Un caractère très joliment renforcé grâce à la présence des deux acteurs principaux qui apportent tant au film, qu’une fois terminé, on a bien du mal à imaginer d’autres comédiens dans les rôles. Al Pacino est fabuleux en jeune homme plein d’espoir, de vie, de rire, de clowneries. Quant à Gene Hackman, il est tout aussi génial que son partenaire en jeune bougon. L’acteur qui râle presque tout le temps dans le film est vraiment drôle. Désagréable, sec et presque imbu de sa personne, le personnage va pourtant se révéler lui aussi touchant, quand il se laissera aller. Bref, si le film doit beaucoup à son esthétique, à l’œil de son metteur en scène et à son ambiance, il doit encore plus à ce duo extraordinaire.

C’est le deuxième film que je regarde signé Jerry Schatzberg et c’est la deuxième fois que je me laisse plus qu’agréablement séduire. Ce road-movie humain m’a captivé et c’est avec un plaisir non dissimulé que je suis allé jusqu’à la fin de cette œuvre, et quelle fin.

Note : 16/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=VKas-KS9P9c[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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