juin 23, 2021

Lana Del Rey – Ultraviolence

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Avis :

Enfant de stars, sortant d’une émission de télé crochet, singe savant dès le plus jeune âge, technicien se sortant les doigts du cul pour sortir des riffs de folie, les moyens pour arriver sur le devant de la scène sont nombreux et bien souvent, les carrières se suivent et ne se ressemblent pas. Lana Del Rey sort des sentiers battus alors que son attitude reste assez proche de l’enfant star que l’on a l’habitude de voir. Autodidacte dès le début de sa carrière, la jeune artiste commence à chanter assez tôt, apprenant à maîtriser sa voix dans les chorales et les églises de son quartier. Elle commence par maîtriser les notes aigues avant de s’essayer à des choses plus graves. Par la suite, elle apprend à jouer de la gratte avec son oncle, puis part à New-York pour apprendre à écrire des textes plus intéressants. Preuve de son authenticité, la belle sort un premier album acoustique qui passe complètement inaperçu et qui reste disponible sur Youtube. Le plus bizarre dans cette histoire, c’est que dans son attitude, dans son genre, elle fait plutôt fille à papa intouchable alors que son parcours prouve tout le contraire. Il faut dire que son univers est particulier, prenant des inspirations dans de nombreux genres, allant de Nirvana à 50 Cent en passant par Portishead et Nancy Sinatra.

Jugée et presque conspuée dès son premier succès parce que de nombreuses personnes pensent qu’elle ne possède pas d’univers et qu’elle ne fait que recopier Nancy Sinatra, la belle chanteuse annonce la couleur : oui, elle aime ce genre de chanson, et en aucun cas elle ne fait du copiage, mais elle fait ce qu’elle aime et ce qui la rend heureuse. Le succès est de toute façon bien présent et elle continue d’explorer son genre assez indéfinissable et à contre-courant de ce que l’on entend en ce moment.

Le skeud démarre avec une longue piste, Cruel World, et c’est plutôt réussi. La guitare est ben présente, le chant est assez lancinant, on est en plein dans un morceau aérien, flottant et qui fait du bien. C’est bien foutu, bien structuré et reste dans ce que propose la chanteuse depuis ses débuts. Ultraviolence, le titre éponyme de l’album, est lui-aussi un titre assez prenant et bien foutu. Le seul problème, c’est que l’on a du mal à saisir la différence entre les deux premiers titres. S’ils sont bien identifiables, différents, la rythmique est la même et reste sur une ligne conductrice presque ennuyeuse au bout de deux titres. Et malheureusement, ce sera cela sur les quinze morceaux qui égrainent le skeud. Ce sentiment perdurera sur tout l’album hormis quelques fulgurances bienvenues. Au rayon des morceaux sans surprise et que l’on oublie vite, on aura droit à Old Money, Guns & Roses ou encore Florida Kilos qui sont plutôt sympathiques, mais qui ne restent pas en tête et qu’une fois l’album écoulé, on ne saura plus ni la rythmique, ni même l’air global. C’est assez problématique dans un album pour avoir du succès auprès des profanes, car rester sur une même rythmique devient vite assez ennuyeux.

LanaDelRey

Néanmoins, certains titres sortent un peu de l’ordinaire. Sans pour autant être phénoménaux, ces morceaux sortent un peu du carcan que s’est imposé la chanteuse. On peut donc compter sur Shades of Cool, qui montre que la chanteuse possède vraiment une belle voix (elle fut souvent moquée lors de ses prestations live dans des émissions télés) mais qui montre aussi que l’instrumentalisation est très importante offrant un solo de gratte électrique sur la fin du titre. West Coast est assez intéressant aussi mais dans un autre registre, allant plus vers le hip-hop dans la musique, la belle gardant toujours son côté suave et lent. Money Power Glory est assez conventionnel mais le refrain demeure vraiment entêtant et c’est peut-être le seul titre dont les paroles restent en mémoire. On peut aussi apprécier la jolie guitare qui officie derrière. Enfin, dans son ambiance triste, si chère à la Lana Del Rey, on peut parler de Pretty When You Cry, un morceau classique, mais plutôt mélancolique et bien foutu.

Au final, Ultraviolence, le dernier album de Lana Del Rey, n’est pas si mal que ça. Jamais un album n’aura aussi mal porté son nom puisque ce skeud est tout sauf violent. Proposant des titres intéressants et dotés d’une instrumentalisation de bonne facture et allant parfaitement au style de la chanteuse, l’album demeure tout de même assez lent, long et garde une rythmique trop lancinante pour accrocher complètement le spectateur. D’ailleurs, on a assez de mal à imaginer les prestations scéniques avec un tel album, hormis le cul visé sur un fauteuil.

  1. Cruel World
  2. Ultraviolence
  3. Shades of Cool
  4. Brooklyn Baby
  5. West Coast
  6. Sad Girl
  7. Pretty When You Cry
  8. Money Power Glory
  9. Fucked my Way up to the Top
  10. Old Money
  11. The Other Woman
  12. Black Beauty
  13. Guns & Roses
  14. Florida Kilos
  15. Flipside

Note: 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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