octobre 27, 2020

Hatchet 3

293886

De : BJ McDonnell

Avec Danielle Harris, Kane Hodder, Zach Galligan, Caroline Williams

Année: 2013

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Accusée d’être la responsable du massacre des deux premiers films, Marybeth est arrêtée. Parallèlement, une équipe de secouristes se rend sur les lieux du carnage, les marécages de Honey Island, hantés par Victor Crowley depuis des décennies. Marybeth tente alors de percer à jour le secret de la malédiction Vaudoo, pour prouver son innocence.

Avis:

Quand on commence à créer un monstre qui devient presque culte, on a forcément envie d’en faire une suite, puis encore et encore, jusqu’à fournir une saga aussi fournie que celle des Halloween, Vendredi 13 et consorts. C’est en 2006 qu’un certain Adam Green sort un film qui répond au doux nom de Hatchet (Butcher en France). Se basant sur le principe d’un monstre humanoïde sanguinaire hantant les bayous de la Louisiane, il va presque sans le vouloir créer une créature qui va faire date dans le panthéon des créatures d’horreur. Victor Crowley, alias Hatchet va devenir un monstre auquel on s’attache, autant pour sa sauvagerie destructrice que pour son passé touchant. Car au-delà de présenter un tueur dégueulasse, le film tente de livrer une vision cynique du culte de la beauté et de l’imbécilité de la jeunesse, avec force moqueries et jeux stupides. Le succès étant au rendez-vous, un deuxième volet voit le jour en 2010 et comme on pouvait s’y attendre, le film est bigger than life. Même si le film reste sympathique dans sa démesure, il déçoit par rapport au premier. C’est fin 2013 que sort le troisième film, avec un nouveau venu aux commandes, Adam Green n’étant plus que producteur et scénariste. Le résultat est-il aussi décevant que le deuxième?

1-hatchet-hatchet-III

Un film qui arrache!

La réponse est bien simple. C’est bien pire que décevant! L’histoire prend place directement après le deux. L’héroïne réussi à mettre une grosse cartouche dans la tronche de Victor Crowley, seulement, cela ne suffit pas à le buter et se dernier va se relever. Elle va alors le faire tomber sur une tronçonneuse géante qui va le couper en deux. Elle scalpe le cadavre et se rend au commissariat où elle est arrêtée à cause de tout le sang qu’elle a sur elle. Elle donne alors le lieu de la mort de Crowley et la police retrouve tout un tas de cadavres en sale état. Mais la nuit venue, Victor Crowley ressuscite et va refaire un massacre. Une blogueuse, fascinée par l’histoire de Crowley va alors débarquer en essayer de contrer ce sort de vaudou. Et il fallait bien ça pour rempiler sur un troisième film.

Alors que le monstre était ce qu’il était, c’est-à-dire une bête de chair et de sang, voilà que son créateur lui invente une  histoire saugrenue de vaudou et de recherche d’objet. Cela n’apporte strictement rien au film, si ce n’est une excuse pour fournir un nouveau carnage très facile. Mais le carnage se fera attendre longuement. Malgré la faible durée du film, seulement 1h15, la tuerie se mettra en place après un certain temps, car on aura droit aux discussions hallucinantes de bêtises entre l’héroïne et la blogueuse. C’est mou du genou et surtout, ça oscille entre sérieux et comédie. De ce fait, on ne sera jamais sur quel pied danser et ce sera très embêtant pour la suite.

Si le monstre est très charismatique, il perd tout son charme là-dedans, n’étant plus que l’arme de destruction massive. Plus aucun écho sur son passé, plus de flashback, plus de légères émotions, on reste dans le gras et le facile. C’est bien dommage de rendre le monstre plus sauvage, mais finalement, on sent que cela ne colle pas forcément avec les premier opus qui essayait d’instaurer une certaine humanité à Victor Crowley.

Alors certes, c’est gore et bien dégueulasse. D’ailleurs les amateurs de tripaille en auront pour leur frais. Entre des bras arrachés, des décapitations, des démembrements ou encore des sévices purement sadiques, le film n’est pas avare en marée sanguinolente. Mais tout ça a un sacré revers de la médaille. Rien ne fait vrai là-dedans. On est tellement dans l’excès, dans la démonstration que certains passages frôlent le ridicule. On pense notamment à la scène où le monstre arrache le torse d’un black et que seulement certains endroits crachent du sang ou encore lorsqu’il arrache les deux bras d’un jeune policier. A force de vouloir faire gros, ça fait vraiment moche et ridicule. Il suffit de voir la gueule du résultat avec le mec qui s’est fait poncer la tête. On dirait vraiment une poupée en plastique. Il aurait mieux faire moins d’effets spéciaux, mais plus percutants, comme on a pu le constater avec le premier et la mémé qui se fait ouvrir la mâchoire en deux.

Par contre, d’un point de vue référence, il faut croire que BJ McDonnell est un fan absolu de Predator. Les scènes y faisant directement référence sont nombreuses comme le tir groupé dans la forêt ou quand le monstre arrache la colonne vertébrale et le crâne d’un membre du SWAT. Seulement, si Predator a la classe, Victor Crowley beaucoup moins. D’un point de vue casting, rien de bien neuf. Danielle Harris tire la gueule tout le long mais demeure charmante (rah, ce plan sous la douche!) et Kane Hodder incarne un tueur massif. Pour le reste, c’est de la chair à canon sans réel background ni charme et ce n’est pas l’apparition de Sid Haig qui fera la différence! Même le monstre a perdu de sa superbe, c’est pour dire!

Hatchet-3-SWAT

Délit de sale gueule x2

Au final, Hatchet 3 est le moins bon de la trilogie. Plus bête, plus kitsch et moins puissant que dans les deux premiers opus, ce film est résolument destiné à sortir directement en DVD à l’image de Hostel 3 qui était aussi pitoyable. N’assumant jamais son statut drôle et gore, le film tombe dans une platitude lénifiante et se parodie lui-même sans en trouver la saveur. Dommage que Victor Crowley finisse comme ça, il y avait matière à lancer une licence juteuse et jouissive.

Note: 06/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.