février 28, 2021

Le Grand Méchant Renard et Autres Contes…

De : Benjamin Renner et Patrick Imbert

Avec les Voix Originales de Guillaume Darnault, Kamel Abdessadok, Céline Ronte, Boris Rehlinger

Année : 2017

Pays : France

Genre : Animation

Résumé :

Ceux qui pensent que la campagne est un lieu calme et paisible se trompent, on y trouve des animaux particulièrement agités, un Renard qui se prend pour une poule, un Lapin qui fait la cigogne et un Canard qui veut remplacer le Père Noël. Si vous voulez prendre des vacances, passez votre chemin…

Avis :

Dans le monde de l’animation, on pense encore et toujours à Disney, Pixar, et de temps à autre Dreamworks. Il faut dire que ces studios sont de véritables machines de guerre et que bien souvent, il en ressort de petites pépites populaires qui feront le plaisir des enfants. Le problème avec ces grosses boîtes, c’est qu’elles occultent de plus petites et pour autant aussi talentueuses. Laïka, Folimages sont des exemples parmi tant d’autres. Et aujourd’hui, on s’arrête sur le deuxième métrage de Benjamin Renner qui, après un superbe Ernest & Célestine, revient en 2017 avec l’adaptation de sa bande-dessinée, Le Grand Méchant Renard et Autres Contes. Un dessin animé loin des studios habituels, qui était destiné à être un programme de plusieurs courts, mais qui est devenu finalement un film à sketches avec trois histoires hilarantes. Retour sur un sacré succès.

Livraison de bébé

Le premier sketch met en scène trois personnages qui deviendront récurrent par la suite, à savoir le cochon, le canard et le lapin. Alors que le cochon jardine tranquillement, il se fait importuner par ses deux camarades qui veulent l’aider, mais qui font plutôt un carnage sans le vouloir. Une cigogne transportant un bébé se cogne au pommier du cochon. Faisant mime de s’être brisé les ailes, la cigogne confie alors le bébé aux trois compères qui vont devoir assurer la livraison jusqu’à Avignon. Très simple dans son pitch, le segment va pourtant être très efficace. L’humour est omniprésent dans cette histoire grâce à l’insouciance dangereuse du canard et du lapin. Les deux amis ne se rendent jamais compte du danger, et rien n’est jamais grave pour eux. Ils sont la dynamique de l’humour qui parsème ce segment sans aucun temps mort. Non seulement ça n’arrête pas, mais en plus, c’est à la fois intelligent et très drôle.

Il faut dire que tout est réuni pour nous faire rire. On retrouvera des gags de situation, des dialogues hilarants, des mimiques incroyables, le tout dans un univers bucolique et blindé de références. On retrouvera le grand méchant loup, les chasseurs, une grenouille, de nombreux contes seront représentés. Bien évidemment, le segment parle d’amitié, d’insouciance, mais aussi et surtout d’entraide. On verra comment nos héros vont devoir coopérer pour réussir à livrer Pauline. L’ensemble se termine en plus sur une petite note touchante, rajoutant une couche de qualité sur ce mille-feuilles de plaisir. Bref, c’est une réussite.

Papa renard

Le second segment est celui qui sera le moins drôle, mais certainement le plus touchant et celui qui trouvera un réel écho dans les amours contemporains. Ici, un renard souhaite manger une poule, mais il ne fait peur à personne et doit se contenter des navets récoltés par le cochon. Le loup lui suggère alors de voler des œufs, de les couver et de faire grandir les poussins pour se faire un gueuleton. Sauf que le renard n’avait pas prévu que les poussins le prennent pour leur mère. Là encore, quiproquo et situations cocasses seront de rigueur. Le renard, génial looser attachant, va alors devoir se rebeller contre le loup, tout en bernant les poules pour ne pas se faire éjecter des deux côtés. Il choisira alors le bon côté, assumant ses actes, et tentant de ménager la chèvre et le chou. Et si l’humour est moins palpable dans ce segment, on se rattrapera sur autre chose.

En effet, il s’agit-là du segment qui joue le plus sur la corde sensible. Il est plus touchant que les deux autres segments, car il joue avec les thèmes de l’enfance, de la paternité et de la maternité. Renard va se prendre d’affection pour ces trois poussins, qui vont y voir une référence. La fin va alors jouer avec les codes familiaux, affichant finalement un renard qui assurera le rôle de papa avec la poule. C’est assez osé et même original, mais ça fonctionne à plein régime. Encore une fois, les graphismes sont superbes et servent le propos.

Il faut sauver Noël

Le troisième et dernier segment est peut-être celui qui est le plus drôle. Ici, on retrouve nos trois compères de la première histoire, à savoir le cochon, le canard et le lapin. Toute la ferme s’apprête à fêter Noël, mais le lapin et le canard sont persuadés d’avoir tué le père Noël. Dès lors, ils se mettent bille en tête de le remplacer et de distribuer des cadeaux aux enfants. Le cochon, voyant le danger arriver, décide de les aider pour qu’ils ne se blessent pas. Malheureusement, ils vont finir à la fourrière et devoir faire équipe avec des chiens pour sauver Noël. Encore une fois, le pitch est simple, il s’adresse principalement aux enfants, mais il va bien plus loin que ça. Le rythme est mené tambour battant, les gags s’enchainent à une vitesse folle et on ne pourra que rire devant ces aventures ubuesques.

Si on aurait pu craindre une redite avec le premier épisode, il n’en est rien. Les situations sont différentes, la magie de Noël opère sans problème et retrouver ce trio est un bonheur simple. Les dialogues sont parfaits, certains passages comiques sont très drôles, et si on ne retrouve pas le côté touchant du premier ou deuxième segment, on reste sur quelque chose de très fin et qui a toujours un bon fond. Ici, les valeurs d’entraide et d’altruisme sont sur le devant de la scène et chaque action, même maladroite, part d’une bonne intention et sera finalement récompensée sur la fin.

Au final, Le Grand Méchant Renard et Autres Contes est une véritable réussite, une petite pépite qui reste trop dans l’anonymat au profit des Pixar et autres Disney. Plus personnel d’un point de vue graphique, avec des aquarelles sublimes, mais aussi très marqué dans les expressions, ce film à sketches est un vrai plaisir pour les yeux et les oreilles, si on veut percevoir toutes les subtilités. Hilarant, profond et même parfois touchant, les deux réalisateurs ont fait une merveille à côté de laquelle il serait dommage de passer à côté.

Note : 18/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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