décembre 7, 2021

Le Gène Atlantis T.01 – A.G. Riddle

Auteur : A. G. Riddle

Editeur : Bragelonne

Genre : Thriller

Résumé :

En Antarctique, des chercheurs ont mis au jour, enfouie dans la glace, une mystérieuse structure vieille de plusieurs milliers d’années.
À l’intérieur, l’équipe fait une découverte qui va radicalement changer l’histoire de l’homme – mais qui pourrait également déclencher son extinction…
Scientifique émérite, Kate Warner est venue s’installer à Jakarta, en Indonésie, pour fuir son passé. Si se lancer à corps perdu dans ses recherches ne lui a pas permis de surmonter le traumatisme qu’elle a vécu, son acharnement l’a en revanche menée à une avancée fondamentale : un traitement pour l’autisme. Or l’aboutissement de ses travaux va s’avérer infiniment plus dangereux que ce qu’elle pouvait imaginer…
Le jour où deux enfants sont enlevés dans sa clinique, Kate est entraînée malgré elle dans un complot mondial aux conséquences imprévisibles.
Convaincus que ces progrès permettront d’accéder à l’étape suivante de l’évolution de l’homme, quitte à éradiquer la quasi-totalité de la race humaine, les membres d’une société secrète sont prêts à tout pour voler les secrets de Kate.

Avis :

Dans le domaine de la littérature jeunesse, du thriller ésotérique ou du récit d’aventures, l’Atlantide demeure un sujet intemporel. À l’instar des Templiers, ce mystère séculaire ne cesse d’alimenter la fiction, mais aussi les théories de toute sorte ; des plus farfelues aux plus intéressantes. Tout semble avoir été dit ou évoqué à propos de l’île engloutie, à moins qu’il ne s’agisse d’une cité ou même d’un continent… Toujours est-il qu’il n’est guère aisé de se lancer dans une thématique si surexploitée pour un premier roman. Aussi, Le Gène Atlantis s’avance comme le premier tome dédié à la démystification des origines de l’humanité. Rien que ça !

L’entame ne s’étend guère en palabres. Par le biais de séquences d’action rondement menées, la mise en condition est immédiate. L’auteur y insuffle une tonalité propre à l’espionnage où l’on suit, en partie, les membres d’une unité d’élite officiant pour un service de renseignements secrets (et privés). Sur fond de terrorisme international, on devine d’emblée des enjeux bien plus conséquents que ne laissent paraître les premiers évènements. La trame demeure fluide et rythmée et les affrontements sont immersifs. La qualité de la plume retranscrit parfaitement les combats, mais aussi l’évolution des intervenants dans des environnements variés.

À cela s’ajoutent plusieurs points de vue pour aborder l’intrigue sous différents angles. Par le biais de chapitres très courts, l’architecture du livre offre une présentation équilibrée pour entretenir le suspense. La découverte progressive des antagonistes développe la tension et brouille les pistes sur leurs motivations et la nature de leurs agissements. Si le traitement global est foncièrement manichéen et joue de ficelles narratives assez faciles, il n’en reste pas moins que le récit demeure crédible et entraînant à plus d’un titre. Étrangement, l’Atlantide ou ce qui est considéré comme tel ne constitue pas le cœur de l’intrigue, du moins pas dans un premier temps.

Pour s’écarter d’autres romans similaires, Le Gène Atlantis ne recherche pas à situer l’emplacement de l’île, mais à se lancer dans une course contre la montre contre l’extinction annoncée de notre espèce. Avec des propos scientifiques et un premier angle d’approche sous le prisme de l’autisme, les théories évolutionnistes tendent à remonter la trame de l’histoire pour découvrir les origines de l’humanité, en particulier des premiers hominidés. On évoque notamment des hypothèses peu connues du grand public. Au fil des pages, la catastrophe de Toba demeure la plus présente afin d’identifier le bond en avant qui viendrait justifier la soudaine « intelligence » de l’homme.

Aussi, le discours assez cartésien tranche par un dernier tiers qui prend de nombreuses libertés avec la réalité et les faits historiques. On apprécie ou pas ce tournant. Toujours est-il que l’auteur délaisse des hypothèses plausibles au profit d’une tonalité sensationnaliste sur fond d’expériences génétiques et de mystérieux artefacts qui pourraient accroître l’espérance de vie. De même, on notera une baisse de régime en milieu de parcours, où un intermède épistolaire s’insinue dans l’action. Bien que cela permette d’assimiler d’autres informations essentielles à l’intrigue, le changement de rythme est suffisamment abrupt pour marquer une scission à la moitié de l’ouvrage.

Au final, Le Gène Atlantis s’avance comme un récit d’action et d’aventures assez efficaces dans son ensemble, même si la progression narrative a tendance à s’éloigner d’un traitement crédible. Avec des voyages dépaysants en Indonésie, au Tibet, à Gibraltar ou encore en Antarctique, l’ambiance parvient à dépeindre différents environnements sans sombrer dans des poncifs de circonstances. La maîtrise des scènes d’action et le rythme global constituent également les principales forces du roman d’A.G. Riddle. Seuls les aboutissants surréalistes et le parcours laborieux d’un journal intime risquent de susciter quelques réserves, car ces éléments présentent un trop grand contraste avec les qualités initiées en amont. Un parti pris qui lorgne du côté de la science-fiction et ne sera pas du goût de tous…

Note : 14/20

Par Dante

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.