novembre 30, 2020

Peut-Être

De : Cédric Klapisch

Avec Jean-Paul Belmondo, Romain Duris, Géraldine Pailhas, Ann’So

Année : 1999

Pays : France

Genre : Comédie, Drame, Science-Fiction

Résumé :

Le soir du réveillon de l’an 2000 Lucie demande à Arthur de lui faire un enfant. Lui ne se sent pas prêt à être père. Au cours de la soirée quand la fête bat son plein, Arthur vit une expérience troublante. Il se retrouve transporté soixante-dix ans plus tard dans un Paris ensablé. Il fait alors la rencontre d’un vieux monsieur chevelu qui affirme être son fils. Ce patriarche de soixante-dix ans s’efforce alors de convaincre son géniteur de revenir dans le présent et de faire un enfant à Lucie, afin qu’il ne disparaisse pas.

Avis :

Dans les années 90, Cédric Klapisch est un réalisateur français qui monte, notamment parce que son deuxième film, « Le péril jeune« , est d’emblée devenu culte. Le réalisateur réitérera le succès avec « Un air de famille« , une comédie familiale adaptée d’une pièce du même titre du duo Agnès Jaoui/Jean-Pierre Bacri. Après ce succès et quelques récompenses aux César, Cédric Klapisch fait donc partie de ces réalisateurs plus libres que d’autres, et pour son cinquième film, il va revenir avec ce qui semble encore aujourd’hui comme son film le plus étrange, et peut-être même le plus audacieux.

« Peut-être » est un titre bien étrange pour une comédie rétro futuriste qui ressemble à un ovni dans la filmographie de Cédric Klapisch. Film surréaliste, délire kitschouille et en même temps qui déborde d’audace, « Peut-être » est le film qui conclut les années 90 de Cédric Klapisch de bien étrange manière. Imaginez un peu, une fête pour le passage à l’an 2000, un couple qui se pose des questions sur la possibilité d’un enfant, un homme qui fait un voyage dans le temps, et Paris et plus largement le monde devenu un désert, voilà les éléments improbables et géniaux de ce film signé Klapisch, qui en plus de ça, réunit Roman Duris et Jean-Paul Belmondo. Un sacré trip !

C’est le soir du réveillon de l’an 2000. Le dernier soir d’un siècle, demain, ce sera autre chose. Ce soir-là, Lucie demande à Arthur de lui faire un enfant. Le couple est ensemble depuis un bout de temps et Lucie aime bien l’idée de concevoir cet enfant au premier Janvier d’un nouveau siècle. Arthur ne se sent pas prêt à être père et il le lui refuse. Or, ce soir-là, il aurait dû concevoir ce premier enfant et ça, il va l’apprendre quand il découvre dans les toilettes de l’ami chez qui il fait la fête, un passage dans le plafond. Un passage qui va l’emmener jusqu’en 2068 où il va rencontrer son fils…

Ce que j’aime dans le cinéma, c’est qu’il trouve toujours un moyen de nous surprendre. Si on prend le cas de Cédric Klapisch, excellent réalisateur français qui livre des comédies dramatiques de belle qualité depuis presque trente ans, et bien pour conclure ses années 90, il s’est lancé dans un film SF avec l’idée d’inonder le monde, où du moins Paris, sous le sable et cette idée va donner naissance à un film qui ne ressemble à pas grand-chose de connu et s’il est vrai qu’il faudra passer au-dessus de quelques incohérences et son côté kitschouille, « Peut-être » se pose surtout comme un film aussi étonnant qu’attachant et divertissant.

« Peut-être« , c’est pour commencer à un scénario assez fou. C’est un scénario amusant, qui ne tient pas vraiment la route si on le regarde de près, et pourtant, malgré ça, le film tient la route et l’on a envie d’y croire. Partant d’une fête pour l’an 2000, Cédric Klapisch nous entraîne dans une histoire temporelle où paradoxes se conjuguent avec découverte de soi, de son futur et un joli trip aussi bien scénaristique que visuel. « Peut-être« , c’est avant tout une comédie et Cédric Klapisch nous a réservés tout un petit panel de gags qui fonctionnent très bien. Entre situations et répliques improbables, Klapisch a de quoi nous amuser, et pourquoi pas nous faire délirer. Il nous fait aussi délirer grâce à ses personnages hauts en couleurs, qui composeront la future famille de son personnage (Olivier Gourmet est à se tordre de rire tant il est en roue libre). Par contre, si le film a plein d’idées dans son scénario, on restera assez surpris et déçu de voir qu’on ne trouvera aucune explication d’un monde futur dans cet état-là, ce qui est assez étrange. Après, ce n’est pas le but du film, ni le sujet, mais il est étrange qu’un personnage arrivant du passé, découvrant le monde ainsi, ne se pose aucune question.

Du côté visuel, même si le film est un peu kitschouille (les voitures de police…), « Peut-être » a quand même son petit cachet, voire même une certaine démesure avec ce Paris ensablé jusqu’en haut des immeubles. Le résultat tient la route, les images sont étonnantes et la réalisation de son metteur en scène tient même quelques audaces. De plus, entre comédie donc et un soupçon de film fantastique, on remarquera aussi l’ambiance de fin des années 90 que Cédric Klapisch a réussi à capturer. Les scènes de fêtes, entre costumes improbables et musiques dance, sont assez extras.

Puis enfin, pour conclure cet ovni, Cédric Klapisch a réuni à l’écran d’excellents comédiens. Ainsi, on retrouve Géraldine Pailhas, Julie Depardieu, Vincent Elbaz, Léa Drucker, Olivier Gourmet, Emmanuelle Devos, Hélène Fillière, Zinedine Soualem, Lorànt Deutsch (terrible ouverture de film !), Cathy Guetta… À noter l’apparition merveilleuse de Jean-Pierre Bacri et son « – Mollo sur le destroy… ». Mais ce qui vaut clairement le coup d’œil, c’est bien entendu le duo improbable et génial que forment Romain Duris et Jean-Paul Belmondo. Imaginez que Klapisch a imaginé que Duris serait le père de Belmondo… Les deux comédiens s’en donnent à cœur joie et l’on s’amuse avec eux, des improbabilités et des paradoxes que le film peut amener.

Étonnant, amusant, fantastique, fantaisiste, paradoxal, franchement « Peut-être » est une œuvre un peu dingue dans la filmographie de Cédric Klapisch. Ici, Klapisch ose, il essaie quelque chose, quitte à se planter, et même si tout n’est pas parfait, force est de constater que ça fonctionne, et que l’on se plaît à suivre les mésaventures temporelles de ce pauvre Romain Duris en pleine hallucination. Bref, Cédric Klapisch qui fait de la SF, on ne l’avait pas vu venir et ça vaut franchement le coup d’œil.

Note : 14/20

Par Cinéted

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