novembre 30, 2020

Incite – Built to Destroy

Avis :

Au rayon de la jaquette moche, le dernier album en date de Incite force le respect. Groupe formé en 2004 autour du fils Cavalera, Incite officie dans un Groove Metal très proche d’un Metalcore et Built to Destroy est leur cinquième effort. Sorti en 2019, cet album a une saveur toute particulière pour les fans car c’est après ce skeud que le guitariste Dru Roma quitta le groupe pour de plus vertes pâtures. Dès lors, on peut croire à un album particulier, plein de tension et qui a plus ou moins forcé le groupe à se séparer du guitariste. Sauf que ce n’est pas tout à fait vrai et que les extrapolations peuvent aller bon train, on ne sera jamais le vrai du faux. Quoi qu’il en soit, Built to Destroy montre un groupe plein de fougue, de rage, de colère, mais aussi un groupe qui tourne un peu en rond dans l’hyper violence.

L’album débute avec le titre éponyme de l’album, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le départ est tonitruant. Riffs ultra saturés et très rapides, rythmiques endiablées, batterie qui tabasse bien comme il faut, petit cri pour bien roder la machine, Incite défonce tout sur son passage et lâche un très gros morceau dès le début. Car non seulement ça va vite, mais ça emprunte aussi à beaucoup de genre, aussi bien au Groove au niveau du refrain, qu’au Metalcore dans les refrains où ça va très vite. Le fiston Cavalera n’a rien à envier à son daron, d’un point de vue vocal, ça défrise bien et augmente une violence bien présente. Une violence qui va d’ailleurs jouer des tours au groupe et à cet album. Ruthless Ways en est l’exemple même, où la mélodie cède sa place à des riffs sauvages et à quelques bruitages en fond pour faire genre. Sauf que la sauce ne prend pas vraiment, sauf si l’on veut taper sur des copains. Le morceau n’est pas mauvais en soi, mais il manque d’une certaine finesse d’exécution.

Et ce reproche-là, on va pouvoir le faire sur plusieurs titres au sein de l’album. Si Backbone arrive à éviter cet écueil grâce à une mélodie rude mais qui fonctionne à plein régime, ce ne sera pas le cas de Confronting Darkness qui part souvent loin dans la virulence. A un tel point que parfois, cela est épuisant. On sait bien que le groupe joue avec cette image d’ultra violence, mais là, pour le coup, c’est très fatigant à la longue et on se demande comment le chanteur arrive à garder toute sa voix. On peut aussi évoquer Cessation qui manque de création et ressasse un peu ce qui s’est fait auparavant, ou encore Savior Self qui clôture l’album à toute berzingue sans jamais se poser vraiment.

L’autre gros problème de cet album et du groupe, c’est qu’au bout d’une paire d’écoute, on va ressentir une certaine redondance. Les structures des morceaux sont toujours identiques et on retrouve même parfois quelques similarités. On peut par exemple parler du schéma répétitif de Ruthless Ways et de Confronting Darkness dont les riffs sont sensiblement les mêmes au sein d’une structure qui répète la même recette inlassablement. C’est-à-dire une petite intro, couplet/refrain/couplet/refrain/pont/refrain. Un schéma qui se fait ressentir et c’est un peu dommage.

Fort heureusement pour nous, certains titres sortent clairement du lot et va prouver que le groupe n’est pas que violence et répétition. Resistance va faire écho avec un peu de Métal Indus, affichant une atmosphère métallique bien bruyante et une rythmique qui va de suite nous donner envie de headbanger dans tous les sens. Human Cancer met en avant de belles prouesses vocales, notamment grâce à la présence de Kirk Windstein de Crowbar. Cela donne une plus-value indéniable au morceau, qui monte très vite dans les tours, mais de façon maîtrisée. Poisoned by Power se permet quelques écarts dans le Djent au niveau des guitares et se fait l’honneur d’accueillir Chris Barnes de Six Feet Under. Le résultat est à la hauteur de nos espérances, avec une structure un peu plus décousue et une mélodie qui fonctionne parfaitement. On peut aussi citer rapidement Hate for Life qui déboîte sévère.

Au final, Built to Destroy, le dernier album en date d’Incite, groupe fondé par le fiston Cavalera, est plutôt une bonne surprise, même s’il contient son lot de déceptions. Très violent, ne s’arrêtant pas un seul instant, le groupe démontre son envie d’en découdre de lancer un paquet de Wall of Death sur scène. Si la redondance est au rendez-vous, chose presque habituelle avec ce genre de production, on reste tout de même sur une énergie communicatrice et des prestations qui vont briser des nuques. Bref, une bonne galette malgré tout.

  • Built to Destroy
  • Ruthless Ways
  • Backbone
  • Resistance
  • Human Cancer
  • Confronting Darkness
  • Leech
  • Poisoned by Power
  • Cessation
  • Hate for Life
  • Savior Self

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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