décembre 2, 2020

The Possessed

D’Après une idée de : Hong Won-Ki

Avec Seola, Lee Hyun-Joo, Song Chae-Yun, Han Ga-Rim

Pays : Corée du Sud

Nombre d’Episodes : 8

Genre : Horreur

Résumé :

Lorsque la nuit tombe sur la ville, les ombres et les esprits s’éveillent dans cette série d’anthologie d’horreur qui revisite les légendes urbaines.

Avis :

Il fut un temps où les séries étaient très calibrées. Un épisode devait durer entre 20 à 40 minutes. La saison ne devait pas avoir moins de vingt épisodes. Bref, une époque révolue vu l’essor des séries depuis quelque temps et la prise de liberté de certains showrunners. Désormais, il n’y a plus aucune norme dans la série télé, surtout depuis l’avènement de Netflix et autres plateformes de streaming. Et encore plus quand on évoque le genre horrifique. Il faut dire que l’horreur est le genre idéal pour faire des anthologies, avec de petits épisodes qui n’ont pas forcément de liens entre eux. Comme par exemple The Possessed, une série de huit épisodes d’environ huit minutes, disponible sur Netflix et qui ne paye pas trop de mine.

The Possessed est un peu un cas à part dans le catalogue Netflix. Il faut dire que l’on trouve la série dans la partie des films d’horreur, alors qu’il s’agit d’une anthologie de huit tout petits épisodes. Un choix étrange de la part de la plateforme, qui ne met pas forcément en avant ce qui pourrait être une bonne surprise sur un format original. Mais quand on y jette un petit coup d’œil, on comprend assez vite pourquoi Netflix n’en fait pas ses choux gras. Si certains segments sont plutôt réussis, la plupart tiendront plus de la note d’intention et il est difficile de construire quelque chose de solide avec un temps si restreint. C’est un peu le plus gros défaut de cette série, ne pas gérer son temps, subir une contrainte qui empêche les émotions, l’implication du spectateur et la montée en tension de la peur. Cependant, tout n’est à jeter là-dedans.

Le premier épisode se déroule dans un lycée où une jeune fille fait croire qu’elle veut changer sa serviette hygiénique pour aller fumer une clope dans les toilettes. Sauf qu’elle va se faire attaquer par un fantôme. Délaissant quelques indices au passage, comme une photo des deux meilleures élèves de l’école, le segment n’est pas très long, essaye de faire peur dans un unique lieu, les toilettes, et globalement, c’est plutôt réussi. Certes, ça ne va pas chercher plus loin, mais la tension est plutôt bien gérée. Du moins mieux que dans le deuxième épisode, où un chauffeur de taxi s’endort et prend un fantôme comme passager qui va lui arracher les yeux. Ici, il n’y a pas de construction, juste une attaque qui semble gratuite et qui ne dénonce pas grand-chose. Cet épisode est symptomatique de la globalité de l’anthologie, manquant de profondeur malgré une bonne mise en scène.

Les deux épisodes suivants sont ceux qui seront les moins intéressants et les moins maîtrisés. Le troisième épisode est tout le temps face caméra avec une star d’internet qui montre son nouveau chez soi, mais qui va se rendre compte qu’il est hanté… par elle-même. Peu inspiré et constamment en surjeu, cet épisode se suit avec déplaisir. Ce sera un peu moins le cas avec le quatrième opus, un poil plus construit, avec une jeune fille qui se fait attaquer dans les escaliers de son bahut par un fantôme. Si on excepte les incrustations ignobles en bouillie numérique, l’épisode se laisse regarder du coin de l’œil pour sa créature qui rentre dans la grande catégorie des Yurei.

Le cinquième épisode ne sert strictement à rien. Il essaye de faire un parallèle avec le premier, tout en racontant une nouvelle histoire où une professeure se fait attaquer par le fantôme d’une élève qui s’est faite couper en deux dans un accident. Si on comprend le lien de cause à effet entre les deux personnages, rien n’est vraiment travaillé et le seul intérêt de cet épisode réside dans le côté gore relativement prononcé. Quant au sixième épisode, il sera le plus original. En effet, ici, un flic mène l’enquête sur la présence d’un squelette carbonisé dans un ascenseur. Sa seule piste, un papier sur lequel on raconte qu’en rentrant la bonne combinaison, cet ascenseur est un portail vers une autre dimension. Partagé entre Hellraiser et le film de fantôme asiatique, ce segment est gore, bien développé et laisse sur une boucle temporelle qui va faire travailler les méninges.

Enfin, les deux derniers épisodes soufflent le chaud et le froid. Le septième segment ne sert strictement à rien. Un père de famille arrache un papier qui servait à protéger le foyer, et il se fait alors attaquer par une entité fantomatique et monstrueuse. Un récit classique qui ne sert à rien et qui joue avec le folklore, essayant de montrer son efficacité. Le dernier épisode sera plus construit et plus long (15 minutes) et raconte l’histoire de certains shamans qui tuaient des enfants pour avoir leur esprit. Glauque au départ, le segment se perd dans son développement, n’arrivant jamais à rendre son histoire passionnante et baignant dans un marasme terne et tristounet.

Au final, The Possessed est une anthologie qui a de bons côtés. On retrouve des segments intéressants, qui essayent de raconter des choses avec du fond, et d’autres qui évoquent un folklore antique que nous ne connaissons pas forcément. Mais c’est aussi une série qui a de très mauvais côtés. Le format court empêche un développement poussé des personnages et force à rusher vers une fin gore qui n’est pas forcément intelligente. On regrettera alors de bonnes idées pas suffisamment exploitées, sauvées in extremis par une mise en scène léchée et une volonté de bien faire. Bref, The Possessed, c’est plutôt moyen, pas toujours pertinent, mais ça dure peu de temps et ça permet de découvrir une nouvelle façon de penser la série.

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.