octobre 24, 2020

Death Angel – Humanicide

Avis :

Quand on évoque le Thrash Métal, on pense immédiatement à Metallica et à la scène de la Bay Area avec des groupes comme Exodus ou encore Death Angel. Fondé au début des années 80 avec de tout jeune gens (le batteur n’avait alors que 14 ans), Death Angel a su, au fil des années, proposer un thrash pur et sans fioriture, qui va à l’essentiel sans jamais perdre de vue son crédo, le riff. Ainsi donc, et malgré une discrétion un peu plus accrue que d’autres groupes du même style, Death Angel a su se forger une certaine réputation. Surtout depuis sa reformation en 2001, car le groupe a connu plusieurs hiatus et même des changements de nom qui ne lui ont pas servi à grand-chose. Trois après l’excellent The Evil Divide, les californiens étaient de retour avec Humanicide, qui laissait présager un défouloir. Est-ce le cas ?

Le skeud débute avec le titre éponyme de l’album. Et autant dire que le groupe tape très fort dès le début. Humanicide débute avec une petite intro mélodique qui fleure bon la rage et la colère, avec peut-être une pointe de Power. Mais une fois les riffs lancés, le morceau va partir à cent à l’heure et ne plus jamais nous lâcher. En commençant ainsi, le groupe annonce clairement la couleur, ça va être rouge sang et noir de désespoir. Le riff ultra rapide qui enclenche vraiment la partie chantée est incroyable, le cri poussé lance alors un bon vieux headbang des familles et on sent que le groupe californien en a encore sous la pédale. La rythmique est assez dingue et on se prend à rêver que tout l’album soit ainsi.

Et Divine Defector ne va pas décevoir, balançant du bon gros sel à tout va, avec même une pointe de Death dans le riff général. C’est lourd, puissant, rapide. C’est tout ce que l’on aime chez Death Angel. Avec Aggressor, et malgré un départ mélo un peu dégoulinant, le groupe montre un savoir-faire unique et une technique à toute épreuve. Le morceau déboule une violence surpuissante et le titre peut se voir comme un bon gros rouleau-compresseur. Et au sein de l’album, on trouvera quelques échos bien Thrash comme il faut, à l’image d’un Ghost of Me qui tabasse bien ou encore d’un Of Rats and Men bien sombre et qui envoie un riff bien rapide comme il faut. On regrettera juste un refrain qui manque de punch et une structure peut-être un poil trop simpliste pour un groupe comme Death Angel.

Cependant, réduire Death Angel à un simple Thrash un peu simple est très réducteur. Avec cet album, le groupe américain démontre aussi d’autres facettes, qui vont certainement faire bondir les fans de la première heure. Par exemple, si on prend I Came for Blood, on va vite ressentir des élans un peu punks au sein du morceau. C’est rapide sans être lourd d’un point de vue des riffs, et surtout, le refrain ultra catchy démontre la capacité du groupe à inclure des moments un peu délirants au sein de ses compos. Ou au contraire, de mettre des moments plus tendres, presque en mid-tempo avec, par exemple, Alive and Screaming ou encore Immortal Behated et son démarrage lent et mélancolique.

Le groupe tente de surprendre et varie un maximum ses morceaux afin d’atteindre un juste équilibre entre une violence exacerbée inhérente au Thrash et des incursions plus « mainstream » permettant d’apporter plus de mélodie. En ce sens, on peut aussi évoquer The Day I Walked Away qui clôture l’album avec un chant presque parlé qui fonctionne à plein régime. Il en va de même avec Revelation Song, plutôt calme et maîtrisée et qui détient un refrain qui rentre immédiatement en tête. La chanson peut sembler inefficace et à part dans l’album, mais elle contient aussi son lot de surprises et de moments efficaces. Quoi qu’il en soit, on peut aisément se rendre compte qu’aucun titre n’est à mettre de côté, le groupe affirmant son statut d’éternel outsider qui met une petite claque à chaque album.

Au final, Humanicide, le dernier album en date de Death Angel, est une belle réussite, comme le précédent opus. A la fois violent, catchy et varié, rares sont les groupes qui peuvent se vanter de n’avoir aucun mauvais album dans leur discographie. C’est pourtant le cas de Death Angel qui délivre encore une fois un skeud efficace, percutant et sans véritable point faible. Bref, une valeur sûre !

  • Humanicide
  • Divine Defector
  • Aggressor
  • I Came for Blood
  • Immortal Behated
  • Alive and Screaming
  • The Pack
  • Ghost of Me
  • Revelation Song
  • Of Rats and Men
  • The Dat I Walked Away

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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