juin 25, 2024

Blackfield – Blackfield V

Avis :

Il y a des noms dans le milieu du rock qui suffisent à faire frémir d’émois quelques personnes. Parmi les plus connus, on peut citer Steven Wilson, qui est pourtant assez peu connu par la masse populaire. Mais les rockeurs, les vrais, pas ceux qui écoutent du Johnny, savent de qui il s’agit. Membre fondateur de Porcupine Tree, il va aussi faire partie de plusieurs projets dont l’enregistrement de trois albums avec le groupe de Death Métal Progressif suédois Opeth. Mais à ce jour, son projet le plus ambitieux est réellement Blackfield. Là aussi, le groupe, ou plutôt le duo, est complètement inconnu du grand public, officiant dans un rock progressif assez aérien et qui laisse de longues plages instrumentales dans ses albums. Ce duo est né d’une rencontre entre Steven Wilson et le chanteur israélien Aviv Geffen, qui a invité Porcupine Tree à un concert à Tel Aviv dans les années 90. Entre les deux hommes, une histoire d’amour artistique se déclenche aussitôt et des albums vont se mettre en marche. Malheureusement, les deux hommes commencent à avoir des divergences artistiques, tant et si bien que Wilson va plus ou moins quitter le projet, avant de revenir pour le dernier album, celui qui nous intéresse aujourd’hui. Marquant le vrai retour de Wilson dans les compos, est-ce pour autant une réussite ? Pas vraiment.

Le skeud débute avec une introduction musicale qui dure un peu plus d’une minute et qui ressemble à s’y méprendre à… une musique d’un film de Disney. A Drop in the Ocean est un titre assez inquiétant pour qui pensait écouter du rock, du vrai. Le morceau est lent, n’engage à rien et ne donne pas vraiment le ton. Fort heureusement, quand surgit Family Man, on est un peu plus rassuré. Le morceau est un poil plus rock, notamment grâce à une bonne batterie et un réveil discret mais présent des guitares pour donner un ensemble satisfaisant. Alors ça reste très aérien, très mou du genou, mais ça a le mérite d’être un peu plus intéressant que le titre précédent. Parmi les titres un peu rock et qui font un peu bouger les choses, on peut noter Lately, certainement le titre le plus pêchu de l’album (et quand on dit ça, ça ne va quand même pas très vite) et qui offre vraiment un peu de rock dans cet océan de fatigue généralisée. Le titre propose de vrais solos de guitares, un chant un peu plus rythmé et au final, le morceau passe bien, même s’il fait office de hors-série dans cet album qui se veut calme, voire même zen. On peut aussi citer le très bluesy The Jackal qui s’avère fort plaisant, notamment grâce à la performance vocale qui possède un joli grain et qui donne de l’ampleur au titre.

Mais globalement, Blackfield V déçoit grandement par des choix de mélodies douteux et surtout une rythmique qui ensuque plus qu’autre chose. L’album est perclus de moments très aériens, très flottants, qui ne font pas vraiment honneur aux deux musiciens. Par exemple, si l’introduction de How Was Your Ride ? laisse à penser à un titre d’ambiance un peu angoissant (on dirait les premières notes de la bande originale de L’Exorciste), mais au final, ça ne décolle jamais, ça ne touche pas à cause d’un refrain dégoulinant et on a qu’une envie, passez à la suivante. Qui sera We’ll Never Be Apart et qui pourrait se classer comme du folk fainéant et presque pénible tant c’est redondant et sans grand intérêt. Le problème, c’est que c’est très classique et sans réel génie. Venant d’un artiste comme Steven Wilson, on est en droit d’en demander plus. Sorrys essaye de faire la part belle aux sentiments et à la pleurnicherie, mais rien n’y fait, cela ne fonctionne pas, la faute à un classicisme exacerbé qui fait presque penser à un morceau fait à la va-vite pour remplir les plages d’un nouvel album. Et on pourrait continuer comme ça sur quasiment tous les morceaux, tant c’est mou et sans envie de faire autre chose. Même le titre un peu « funk » comme Lonely Soul est pénible car répétitif. Reste October, qui fonctionne un peu mieux que les autres parce qu’il y a une performance vocale et un piano très touchant, mais il ne faut pas être très difficile.

Au final, Blackfield V, le cinquième album de Blackfield, né de l’association de Steven Wilson et Aviv Geffen, est une petite déception car l’album est très mou, parfois à la limite du pénible. Mais pire que cela, on a vraiment la sensation d’un album bâclé, qui mise beaucoup sur le côté sensoriel de la chose mais qui n’arrive presque jamais à toucher, la faute à des compos faiblardes et souvent sans grand intérêt. Bref, les fans de Steven Wilson feraient mieux de se jeter sur ses albums solos, bien meilleurs.

  1. Drop in the Ocean
  2. Family Man
  3. How Was Your Ride ?
  4. We’ll Never Be Apart
  5. Sorrys
  6. Life is an Ocean
  7. Lately
  8. October
  9. The Jackal
  10. Salt Water
  11. Undercover Heart
  12. Lonely Soul
  13. From 44 to 48

Note : 10/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=zXvX7JEe1fw[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.