décembre 4, 2020

ADN

De : Maïwenn

Avec Maïwenn, Louis Garrel, Fanny Ardant, Marine Vacth

Année : 2020

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien qui vit désormais en maison de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la famille, qui l’a élevée et surtout protégée de la toxicité de ses parents. Les rapports entre les nombreux membres de la famille sont compliqués et les rancœurs nombreuses… Heureusement Neige peut compter sur le soutien et l’humour de François, son ex. La mort du grand-père va déclencher une tempête familiale et une profonde crise identitaire chez Neige. Dès lors elle va vouloir comprendre et connaître son ADN.

Avis :

Maïwenn est une actrice qui a un sacré talent et qui s’est très vite imposée. Des films comme « Le cinquième élément« , « Haute Tension » nous ont marqués. Ayant des ambitions plus grandes, Maïwenn s’est alors tournée vers la réalisation et dès son premier film, « Pardonnez-moi« , l’actrice, devenue réalisatrice a fait très fort et depuis, avec « Le bal des actrices« , « Polisse« , et « Mon Roi« , Maïwenn n’a cessé de confirmer qu’elle est une grande réalisatrice.

On attendait le retour de Maïwenn et on peut dire que la réalisatrice s’est fait attendre, puisqu’elle aura mis cinq ans pour écrire et tourner son nouveau film. Avec « ADN« , Maïwenn revient avec un projet très intime, puisqu’à travers ce film, la cinéaste va aborder le deuil, la famille et la recherche de ses origines. Magnifique, juste, et surtout puissant, ce retour de Maïwenn est bouleversant et l’on va bien avoir du mal à s’en remettre !

Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régu­liè­re­ment visite à Émir, son grand-père algérien qui vit désormais en maison de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la famille, qui l’a élevée et surtout pro­té­gée de la toxi­ci­té de ses parents. Les rapports entre les nombreux membres de la famille sont compliqués et les rancœurs nombreuses… Heu­reu­se­ment, Neige peut compter sur le soutien et l’humour de François, son ex. La mort du grand-père va déclencher une tempête familiale et une profonde crise identitaire chez Neige. Dès lors, elle va vouloir comprendre et connaître son ADN.

Les origines. Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Nous sommes la résultante de quoi et de qui ? Autant de questions, et plus encore, que Maïwenn a décidé de traiter à travers son nouveau film qui résonne comme l’un de ses plus intimes et personnels.

On a tous perdu quelqu’un qui nous est cher, on a tous dû un jour ou l’autre faire face au deuil et nous avons chacun réagi comme on a pu et c’est ce que Maïwenn va observer à travers ce film fort et ô combien bouleversant.

Tenu par un scénario magnifique et puissant, « ADN » est un film qui est divisé en deux grandes parties, toutes deux sont magistrales. Deux parties qui n’ont pas fini de nous bouleverser, tant la cinéaste s’est approchée au plus près des émotions d’un deuil. Ainsi, la perte de ce grand-père tant aimé, le choc de cette mort si soudaine, la froideur des institutions et toute la préparation et les choix qui doivent être faits pour la crémation, sont autant de moments que Maïwenn sublime et parcourt d’émotions. Il y a quelque chose de véridique qui s’échappe de son ambiance, de ses images, de ces conversations, de ces disputes et ces pardons. Et alors que cette famille vit un drame, Maïwenn a l’idée merveilleuse de ne jamais tomber dans un drame étouffant, lugubre ou appuyé. Bien au contraire, même si elle parcourt son film d’émotions fortes, elle livre aussi un film terriblement drôle. Il y a des disputes qui sont drôles, il y a des moments qui n’appellent pas à la drôlerie et qui pourtant, devant la caméra de Maïwenn, en deviendraient presque hilarants. Cette façon de faire va en déranger certains, et en bouleverser bien d’autres, car ça sonne véridique. C’est assez fou ce que la réalisatrice réussit à faire là. Et ça fait plaisir de voir que ce mélange de drame et d’humour qu’on retrouvait dans « Polisse« , on le retrouve parfaitement aussi ici.

La deuxième partie est tout aussi belle, touchante et riche, car le travail de deuil continue et parfois, il véhicule avec lui des envies et des changements, comme ici, où le personnage, de manière très logique, va remettre beaucoup de choses en question, va se poser beaucoup de questions et enfin essayer de savoir qui elle est, d’où elle vient et peut-être retrouver sa place dans la vie. Là encore, Maïwenn bouleverse, et même si parfois, il y aura bien quelques éléments discutables (l’idée de l’hôpital…), l’ensemble reste magnifique, et s’assemble tellement bien avec la première partie du film.

Maïwenn est une grande réalisatrice, et « ADN » en est encore une fois une très belle preuve. Maïwenn arrive à capturer toutes les émotions au plus près et son film danse sur un fil, oscillant avec justesse et profondeur entre les genres. Puis visuellement parlant, « ADN » est une belle claque. Que ce soit la simplicité d’une réunion de famille dans un EHPAD, ou une virée à vélo dans les rues de Paris, ou encore une cérémonie d’adieu, Maïwenn embellit tout et livre un film dont finalement le seul reproche, c’est qu’il est trop court, tant on aurait aimé profiter encore un peu plus de ses personnages.

En plus d’être une excellente réalisatrice, Maïwenn est aussi une grande directrice d’acteurs, et tout comme ses précédents, elle tire le meilleur de ses acteurs et d’elle-même. La réalisatrice s’est entourée d’une extraordinaire Fanny Ardant, une très bonne Marine Vatch, ou encore un Louis Garrel merveilleux qui peut prétendre à au moins une nomination pour les César en tant que meilleur second rôle. On retrouvera aussi le César espoir Masculin Dylan Robert qui est terriblement touchant. Puis il y a Maïwenn qui est absolument bouleversante de justesse. Absente de « Mon Roi« , Maïwenn trouve son plus beau personnage et renverse nos cœurs.

Ce cinquième film en tant que réalisatrice est une totale réussite et a même l’audace de se poser comme l’un des meilleurs de Maïwenn, dans une filmographie qui tutoie déjà l’excellence. Triste et joyeux, beau, profond, percutant, et émotionnellement très fort, « ADN » ne laisse pas indifférent et l’on a déjà terriblement hâte de s’y replonger.

Note : 18/20

Par Cinéted

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