octobre 28, 2020

Vendredi 13 Chapitre 3 – Meurtres en 3 Dimensions

Titre Original : Friday the 13th Part III

De: Steve Miner

Avec Richard Brooker, Dana Kimmell, Paul Kraftka, Nick Savage

Année: 1983

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Jason Voorhes, le célèbre tueur au masque de hockey est de retour, plus décidé que jamais à semer la terreur, cette fois-ci dans une petite ferme où se rend un groupe de jeunes gens. Le tueur se trouve également aux prises avec un gang de motards.

Avis:

Au tout début des années 80, un réalisateur va marquer de son empreinte le cinéma d’horreur. En effet, Sean S. Cunningham va proposer Vendredi 13 et son massacre dans un camp d’été et les retombées seront plutôt bonnes. Slasher assez basique mais qui trouve une résonance dans la raison des meurtres, film à twist qui trompe sur l’identité de son tueur qui deviendra culte par la suite, Vendredi 13 va enclencher une licence qui perdurera durant presque vingt ans, si ce n’est plus en comptant les remakes et les spin-off. Bien évidemment, avec le succès et le potentiel de son tueur (qui n’est pas celui du premier), il n’a pas fallu attendre longtemps pour voir une suite débouler sous l’œil de Steve Miner. Beaucoup moins percutant, enfilant les meurtres comme des perles sans pour autant vraiment approfondir la mythologie de Jason Voorhees, ce deuxième chapitre fut une petite déception. Mais il en fallait plus pour décourager les producteurs qui lancèrent l’année d’après une nouvelle suite avec Meurtres en 3 Dimensions. Car oui, en voulant alliant l’horreur avec la technique de la trois dimensions, Steve Miner et ses camarades livrent un jeu de massacre qui mériterait presque un nouveau master avec les effets visuels. Mais en l’état, que vaut vraiment ce troisième opus ?

C’est ce qu’on appelle, avoir le compas dans l’œil!

Le début du film reprend la fin du deuxième épisode, où l’on laisse un Jason supposé mort avec une machette plantée dans l’épaule. Sauf qu’il est toujours vivant, il va s’en prendre à un couple qui tient un petit magasin près d’un camp de vacances et il est bien décidé à buter tout ce qui passe près de lui, notamment de jeunes vacanciers, dont une jeune femme qui a déjà survécu au tueur. Manque de pot pour elle, ou plutôt pour ses amis, Jason revient et il semble en grande forme pour buter du jeune adulte et quelques motards qui passaient par là. Rien de bien neuf sous le soleil de Crystal Lake donc, une bande de jeunes, quelques peigne-culs détestables et un meurtrier qui va utiliser tout ce qui lui passe par la main pour se défouler. Steve Miner fait le strict minimum et on sent bien que ce troisième épisode est fait pour deux raisons : surfer sur le succès de la licence et utiliser au maximum les effets 3D pour surprendre les spectateurs dans les salles de cinéma. Car d’un point de vue scénaristique, il n’y a rien hormis un jeu de massacre sympathique autour de quelques personnages qui ne servent strictement à rien. Ce qui est plus gênant encore, c’est que la mythologie autour de Jason n’est pas travaillée et approfondie. Hormis le coup du masque de hockey, qui deviendra l’élément essentiel du tueur, on n’aura rien à se mettre sous la dent et c’est dommage.

D’un point de vue formel, le film fait quelques fois peine à voir. Il n’y a pas de moments marquants, il n’y a pas de money shots et très clairement, on voit que la mise en scène a été pensée pour fonctionner avec la 3D et cela dès le début du métrage. A titre d’exemple, on peut citer le manche à balai du début qui frôle l’objectif, le yo-yo qui fait des va-et-vient ou encore un petit œil qui va se projeter vers l’avant. Tous ces effets n’ont aucune incidence sur le scénario ni sur la mise en scène et ne sont là, finalement, que pour justifier l’utilisation d’une technologie qui avait le vent en poupe à cette époque. Pour le reste, il faudra se rabattre un peu sur les différents effets gores et les différentes mises à mort. Le film est généreux, parfois drôle malgré lui, mais le body count est à la hauteur de nos espérances. Entre les coups de machette, le harpon dans l’œil, l’écrasement de tête avec les mains ou encore le type coupé en deux et rangé au plafond, Vendredi 13 Chapitre III se veut ludique, con, mais assumant pleinement son statut de slasher bas de plafond à destination d’un public peu regardant sur la marchandise pourvu qu’il y ait des morts. Et ça fonctionne, on sent que le film sait quel public il cible et il va continuer dans jusqu’au bout son jeu de massacre. On regrettera seulement le manque de thématiques et de profondeur de l’ensemble.

Un manque d’implication dans l’écriture qui se ressent jusque dans les personnages qui ne sont que de la chair à canon pour mettre en avant une jeune fille qui va revivre son traumatisme. Une jeune fille peu loquace, qui va raconter son enfer au coin d’un feu, mais qui ne présente rien d’autre pour que l’on ressente de l’empathie pour elle. Les personnages vides se comptent alors pour dizaine, remplissant des fonctions bien définies. Le couple de fumeurs de weed, le couple qui ne pense qu’à faire l’amour, le beau gosse qui drague l’héroïne, les gérants d’un magasin un peu dégueulasse sur les bords, les motards cons comme des manches à balai ou encore la célibataire qui se fait draguer par le gros de la bande, amateur de cinéma d’horreur et s’amusant à se faire passer pour mort. Un panel qui n’a pas vraiment d’âme, ce qui va permettre à Jason de prendre de l’ampleur et faire une tuerie jouissive pour tous ces personnages qui ne servent à rien et sont même incapables de faire des activités ensemble. A chaque fois, ils se trouvent dans des endroits différents, permettant au tueur de s’en donner à cœur joie. Cependant, ce spectacle manque de percussion. Les meurtres sont assez vite expédiés et les acteurs jouent relativement mal. Le surjeu des morts est exponentiel à la crise de panique de la fumeuse de weed qui découvre la vérité et court les bras en l’air an hurlant comme si elle encourageait une équipe de football amateur. Triste constat car le film aurait pu être beaucoup mieux avec des personnages plus intéressants.

Au final, Vendredi 13 Chapitre III Meurtres en 3 Dimensions est un film qui souffle le chaud et le froid mais qui a tout de même du mal à s’imposer comme un immanquable de la franchise. S’il est mieux que le second opus qui n’avait aucune vraie plus-value par rapport à la franchise, celui-ci démarre un peu mieux, impose un rythme plus frénétique dans les meurtres et s’amuse avec la technique de l’époque. S’il n’a rien de mirobolant et oublie d’approfondir une mythologie pourtant intéressante, ce troisième opus s’avère presque plaisant grâce à sa générosité sanglante. Bon, après, ça reste du basique et on a fait bien mieux depuis…

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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