octobre 27, 2020

Rushmore

De : Wes Anderson

Avec Jason Schwartzman, Bill Murray, Olivia Williams, Seymour Cassel

Année: 1998

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

Les mésaventures de Max Fischer, élève de la Rushmore Academy. Personnage hors normes, génie fougueux et brouillon, Max ne peut fournir qu’un minimum d’efforts à ses études et s’est résigné à devenir l’un des pires cancres de son établissement. En dépit de ses échecs scolaires et des admonestations répétées de son directeur, Rushmore n’en reste pas moins à ses yeux un paradis et un sanctuaire idéal pour exercer en toute liberté son inlassable créativité.

Avis:

Wes Anderson est l’un des cinéastes qui a le plus marqué dans les années 2000. Il faut dire que le réalisateur a un style bien particulier, bien à lui et au gré de ses métrages, il n’a fait que séduire un public de plus en plus large. Mais bien avant des « La vie aquatique« , « Moonrise Kingdom« , « The Grand Budapest Hotel » ou « L’île aux chiens« , il a bien fallu que Wes Anderson commence quelque part et pour ce qui est de l’arrivée dans nos salles d’un Wes Anderson, il faut remonter ici, à son deuxième film. Oui, pour pouvoir voir « Bottle Rocket« , son premier film en salle, il aura fallu attendre que le réalisateur soit bien installé, c’est-à-dire en 2010, soit quatorze ans après sa sortie aux US. Bref.

Trois ans après avoir piqué l’œil de certains cinéphiles, Wes Anderson conclut ses années 90 avec « Rushmore« , une petite comédie qui suit les aventures d’un gentil looser au sein d’un lycée huppé. Débordant d’idées, inventif, amusant, dégageant bien tout ce qu’on aime dans le cinéma de Wes Anderson, « Rushmore » s’impose comme un premier film tout ce qu’il y a de plus Wes Andersonnien. Avec ce film, Wes Anderson met en place son univers et s’il est vrai que le réalisateur n’a fait que s’améliorer depuis, son « Rushmore » mérite amplement qu’on s’y arrête.

Rushmore Academy, Max Fischer a quinze ans, n’est pas très bon élève, mais il déborde de vie, de créativité, d’envie et d’optimisme. Malgré le fait qu’il soit mauvais élève, pour lui, l’établissement de Rushmore, c’est le paradis sur terre et s’il n’est pas bon dans ses études, il a bien l’intention de briller et de faire briller l’établissement à travers les activités extra-scolaires. Et cette intention, il va la décupler encore quand il fait la connaissance de Miss Rosemary Cross, une jeune professeure qui vient d’intégrer l’Académie.

Le cinéma de Wes Anderson, c’est tout un style, tout un univers. Alors que le cinéma a une tendance à s’uniformiser dans ses grandes lignes, il est plus que plaisant de voir des artistes comme Wes Anderson prendre la tangente et proposer autre chose. Et si l’on cherche l’origine du cinéma Wes Andersonnien, alors il faut s’arrêter non pas sur son premier, mais bien son deuxième film, « Rushmore« . Rien que l’affiche annonce la couleur, mais à l’époque, on ne le savait pas encore.

Avec « Rushmore« , Wes Anderson nous propose de plonger et de suivre un adolescent pas comme les autres. Un adolescent aux cheveux gras, empoté, les dents appareillées et le nez surmonté de lunettes imposantes. Un adolescent un brin prétentieux, exubérant, élève ô combien médiocre, et pourtant un élève qui déborde d’amour pour son lycée. Un adolescent plein de vie et d’envie… Bref, Max Fischer est un véritable paradoxe à lui seul et comme je le disais, le metteur en scène nous propose de le suivre l’espace de quelques mois.

« Rushmore« , c’est un scénario très amusant, qui nous réserve bien des surprises. « Rushmore« , c’est des engagements, c’est des pétitions pour impressionner des professeurs et une en particulier. C’est des combats de lutte, c’est des bons mots, des réflexions sur l’avenir, c’est une présentation comme personne, c’est une lutte des classes et une image à préserver. Puis c’est des pièces de théâtre à succès, c’est des aventures amoureuses, c’est des fantasmes. « Rushmore« , c’est aussi de l’amitié, des coups de traitre, des coups tordus. Bref, « Rushmore« , c’est beaucoup de choses, c’est beaucoup de péripéties dans une vie normale et simple, qui parfois, va prendre des allures extraordinaires. Wes Anderson et Owen Wilson ont écrit un bon scénario qui est très plaisant, qui sait amuser, autant qu’il sait être touchant, alors que son personnage principal, à force de prétention parfois, n’est pas toujours très agréable. Mais qu’importe finalement, parce qu’entre son côté hautain, sa prétention, et son côté empoté, ses maladresses et la sensibilité qu’il cache derrière sa carapace, Wes Anderson nous touche avec ce personnage et l’on adore le suivre. On le suivrait n’importe où d’ailleurs et c’est avec quelque regret qu’on voit le film se conclure aussi vite.

Ce qui fait aussi le charme de « Rushmore« , c’est bien sûr ses comédiens et particulièrement Jason Schwartzman habitué du cinéma de Wes Anderson. C’est le premier rôle de l’acteur, à peine âgé de vingt ans et on peut aisément dire qu’il tient le film sur ses épaules. Certes, il a des pointures comme Bill Murray, Brian Cox, Seymour Cassel, Olivia Willams ou Connie Nielsen pour le soutenir, mais ici, on ne voit et l’on retient que lui. Le rôle est plus complexe qu’il n’en a l’air et Schwartzman en tire des merveilles, il est drôle, il est aussi attachant qu’agaçant quand il prend ses airs supérieurs et entre qualités et défauts, on adore suivre ce personnage.

Enfin, comme je le disais plus haut, « Rushmore« , c’est vraiment la source du cinéma de Wes Anderson et si ce dernier est quelque peu hésitant parfois, visuellement, tout est présent. Le film est bourré d’idées de mise en scène, le film est à l’image de son personnage, c’est-à-dire qu’il n’est que création. Une créativité qui bouscule un peu les codes du genre, une création qui impose un style, un œil, une envie et une idée de cinéma. Bref, c’est très plaisant, c’est soutenu, et comme je le disais, finalement, on ne voit pas le film passer. A noter une BO géniale qui a bien sûr les airs qu’un Anderson doit avoir, mais le film est aussi peuplé d’une liste de titres terribles où l’on retrouve des groupes et des artistes comme The Creation, Chad & Jeremy, Cat Stevens, John Lennon ou The Kinks. Bref, c’est un pur plaisir que cette BO.

« Rushmore » est donc un bon cru pour Wes Anderson qui termine ses années 90 en imposant un style. Drôle et touchant, rythmé et un peu dingue, Wes Anderson nous invite dans la vie de son personnage et l’on aime beaucoup trop ça. S’il est vrai qu’on n’est pas à la hauteur des films à venir dans la filmographie du réalisateur, sortir « Rushmore » de sa pleine ombre n’est vraiment pas une mauvaise idée, car le film a vraiment de quoi nous amuser. Puis c’est toujours sympa de voir la naissance d’un style.

Note : 14/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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