octobre 21, 2020

La Plage

Titre Original : The Beach

De : Danny Boyle

Avec Leonardo DiCaprio, Virginie Ledoyen, Guillaume Canet, Tilda Swinton

Année : 2000

Pays : Angleterre, Etats-Unis

Genre : Aventure, Thriller

Résumé :

Richard, jeune Américain, amateur de sensations inédites a choisi l’Asie comme terrain d’élection, dans l’espoir d’y vivre des aventures fortes et exaltantes. Dans un hôtel miteux de Bangkok boudé par les touristes, il fait la connaissance d’un couple de Français, Françoise et Etienne. Dans la nuit, un homme au regard halluciné fait irruption dans sa chambre et évoque une île secrète, une plage paradisiaque, où il aurait vécu plusieurs années au sein d’une petite communauté d’esprits libres. Le lendemain, Richard retrouve une carte de l’île et le cadavre de Daffy.

Avis :

Danny Boyle est l’un des réalisateurs britanniques dont j’aime le plus le cinéma. Réalisateur bouillonnant d’idées, chacun de ses films, même quand il en fait des moins bons que d’autres, trouvent toujours un intérêt. Il y a toujours un plan, une séquence, une façon de faire qui sort de l’ordinaire. Commençant sa carrière dans les années 90, Danny Boyle n’a fait qu’offrir des moments de cinéma qui valent amplement leur détour, « Petits meurtres en amis« , le culte « Trainspotting« , le mal aimé et pourtant ô combien génial « Une vie moins ordinaire« . Danny Boyle s’est très vite imposé.

Pour son premier film dans les années 2000, Danny Boyle a décidé de s’attaquer à l’adaptation du premier roman d’un certain Alex Garland (oui, le réalisateur bien plus tard d’ »Ex Machina« ), qui sera par la suite le scénariste de quelques films de Danny Boyle. Porté par la nouvelle star planétaire Leonardo DiCaprio, « La plage » est un film très particulier, car c’est un film qui est capable d’envoûter de manière folle. C’est un film qui porte avec beaucoup de lucidité un regard sur l’être humain, ou encore des voyages et des découvertes, mais c’est aussi un film qui a une très grosse tendance à décevoir quand il attaque une partie de sa dernière partie et j’en ressors à chaque visionnage aussi envoûté qu’un poil agacé.

Richard est venu en Thaïlande avec une envie de dépaysement. N’ayant pas des moyens mirobolants, il s’est arrêté dans un hôtel miteux de Bangkok. Ce soir-là, il fait la connaissance d’un couple de Français, Françoise et Etienne, et surtout, il fait la connaissance de son voisin d’à côté, un homme qui répond au nom de Daffy. Un homme qui n’a pas l’air saint d’esprit. Daffy évoque à Richard l’existence d’une île secrète sur laquelle se trouverait la plus belle des plages. La plage parfaite. Si Richard n’en croit pas un mot, le lendemain, il trouve d’un côté le cadavre de Daffy et de l’autre, accroché à sa porte, il trouve une carte qui mène à cette plage ô combien mystérieuse.

Pour son quatrième long-métrage, Danny Boyle nous invite au voyage, à la découverte et à la réflexion avec « La plage« , film certes bancal, mais qui par certains de ses aspects demeure un film envoûtant et bien plus intéressant qu’il n’y parait.

Comme je le disais plus haut, « La plage« , c’est un film que j’aime autant qu’il a tendance à me laisser sur le carreau à un certain moment et c’est vraiment dommage, car dans ses qualités, « La plage » a bien des arguments pour lui.

Avec ce film, Danny Boyle livre un film qui est bien plus profond qu’il n’en a l’air. « La plage » n’est pas que la simple quête d’une île mystérieuse. Non, avec ce film, Danny Boyle pose une belle réflexion sur l’être humain, sur sa façon de tout détruire, sur son envie de liberté et de suffisance. Par bien des aspects, « La plage » est un film aussi sombre que son île et son idée de vie sont lumineuses. « La plage« , c’est un rêve qui se termine en cauchemar. Jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour garder un secret ? Puis au-delà de ça, « La plage« , c’est l’idée d’une vie loin de tout, c’est une utopie qui est à l’image de l’être humain, c’est-à-dire qu’elle a ses incohérences, ses imperfections, comme le fait que ces hommes et ces femmes désirent vivre en autosuffisance, loin de la folie de l’être humain, loin de sa pollution (physique ou spirituelle) et qui pourtant se jettent sur la moindre occasion d’améliorer son confort avec des futilités. Danny Boyle parsème son intrigue de beaucoup d’éléments contradictoires qui révèlent la nature de l’être humain qui se pose quelque part entre égoïsme, égocentrisme (Je pourrais encore citer le sort qui est réservé au pauvre Magnus Lindgren (Sten)), fantasme, profit, amitié, amour, rêve et désillusion. Bref, plus que la quête de découverte et de mystère, « La plage« , c’est un film qui est très intéressant pour ce qu’il dit de l’être humain.

Malheureusement, ces qualités et ce sentiment d’envoûtement est quelque peu gâché dans la dernière demi-heure, où le film a tendance à partir dans tous les sens. Si on peut lui trouver une logique, s’il y a une cohérence avec la noirceur de l’être humain, le tout apparaît très mal foutu, mal amené et bien au-delà de ça, finalement, ce sont les évènements eux-mêmes et l’extrême du délire qui ne tient pas la route. La folie du personnage de Richard arrive si vite et part tant dans du n’importe quoi que ça ne tient pas la route et Danny Boyle laisse son film dériver ainsi pendant une vingtaine de minutes. Le réalisateur le rattrapera peu de temps avant sa fin, pour un dernier élan d’intérêt, qui met un point final à la nature humaine, mais le mal est déjà fait, et l’on quitte cette plage partagé. 

Comme le disais, Danny Boyle, c’est un auteur qui fourmille d’idées et « La plage » en est un très bel exemple. C’est bien simple, le film est tout le temps en mutation, passant d’une ambiance à l’autre, d’un extrême à l’autre, allant de la folie agressive des grandes villes au calme d’une île éloignée. Danny Boyle mélange les ambiances, les styles, il essaie des choses, il capture l’authentique des paysages (sauf quand il décide de passer en numérique et là, le film a pris un petit coup de vieux), il nous offre des séquences folles et intenses, et même si parfois, dans l’intrigue, ça ne fonctionne pas vraiment, les images, elles, trouvent toujours un intérêt. On notera aussi la track list qui est un délice pour les oreilles.

Enfin, si l’intrigue s’essouffle quand elle part en vrille, il faut toutefois dire que le film est joliment tenu par ses comédiens de tout horizon. Danny Boyle réunit un drôle de casting, et si parfois ces personnages auraient mérité plus de relief, on apprécie beaucoup leur comédien à l’écran. « La plage« , c’est donc, Leonardo DiCaprio, Virgine Ledoyen, Guillaume Canet, Tilda Swinton, Robert Carlyle, Paterson Joseph, Hélène de Fougerolles, Lars Arentz-Hansen, et tout un tas de comédiens Thaïlandais dans de petits rôles.

« La plage« , c’est donc un petit film pour Danny Boyle, mais si petit soit-il, il demeure un film qui par bien des aspects reste vraiment très intéressant. Si l’on regrettera ces moments où l’intrigue tripe totalement, on restera intéressé, pour ne pas dire passionné, par la description noire que le réalisateur fait de l’être humain. Tout comme on sera aussi génialement pris par son voyage et son envie de découverte.

Note : 13/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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