octobre 30, 2020

Interview H. Laymore

Bonjour ! Je vous remercie pour le temps que vous consacrerez à mes questions. Découvrir votre tétralogie Lyon des Cendres, dont les deux premiers tomes sont déjà sortis aux Editions L’Alchimiste, a été un merveilleux moment de lecture. J’ai adoré ce début d’histoire, entre roman historique et atmosphère fantastique bien sombre.

  • Pourriez-vous résumer vos romans et votre univers pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas ?

Tout d’abord, merci de votre lecture. On a beau dire, c’est toujours agréable d’entendre qu’une personne apprécie l’histoire que l’on a mis tant de temps à construire dans ses moindres détails. Pour en faire un résumé, je dirais que l’Ovo Serpentum, le nom de ce contexte d’écriture, me permet de pouvoir écrire ce que je veux comme type d’histoire, du medfan au polar contemporain, tout cela dans un seul et même univers cohérent pouvant se répondre d’une histoire à l’autre. C’est un peu un Marvel Cinematic Universe pour romans. Lyon des Cendres se situe à l’époque de la Révolution Française et s’étend de 1793 à 1794, pendant une période connue sous le nom de « la Terreur ». On suit plusieurs personnages, dont un hussard menant une enquête qui très vite se trouve reliée aux ambitions et agissements de plusieurs groupes, occultes ou officiels, autour des secrets ésotériques de Lyon.

  • Comment vous est venue l’idée de la création de Lyon des Cendres ?

De plusieurs influences qui se sont ajoutées par couches au fil des ans, d’origines très diverses, comme la trilogie « Wielstadt » de Pierre Pevel, qui mélange Histoire et Fantasy, en passant par la « Danse Macabre » de Camille Saint-Saëns, « le Fleuve Infini des Morts » d’Elend, jusqu’au jeu vidéo « Castlevania IV », mais aussi le besoin de mettre en avant la ville de Lyon et son atmosphère au travers d’un roman, par pur chauvinisme peut-être, mais pas que, puisque j’aime mettre en avant des lieux que j’ai visités.

  • Sur la toile, Lyon des Cendres est désigné comme appartenant à plusieurs genres littéraires, mais comment définissez-vous, vous, le genre de votre roman ?

Moi-même j’aurai du mal à dire vrai, je ne sais pas si le terme d’Histoire/ Fantasy existe mais ce serait le plus juste. J’empiète un peu sur tout, roman d’aventure, enquête ésotérique, historique, horreur gothique. La littérature aime les cases et c’est très malcommode d’un point de vue purement pragmatique de ne vraiment correspondre à aucune. C’est pourquoi le terme le plus souvent utilisé reste « Dark Fantasy », alors que ce terme convient plus à l’univers d’Elric, par exemple. Si je devais créer un néologisme je dirais « Fanhistory ».

  • D’où vous vient cet amour pour la ville de Lyon ?

J’y suis né, ce qui aide beaucoup ! En grandissant j’ai commencé à apprendre toutes les petites histoires de ces bâtiments datant d’époques différentes, des bouts de légendes colportés de parent à enfant et j’ai voulu aller plus loin. La ville a plus de deux mille ans d’histoire et il existait déjà des habitations avant la colonisation romaine, le site est centre religieux depuis les premiers colons celtes et son statut de confluence en a vite fait un point de rencontre commercial. On comprend mieux les gens d’une ville quand on sait comment la ville a évolué depuis sa création. On ne peut pas creuser à Lyon sans tomber sur des ruines d’une époque ou une autre et nos propres souterrains sont encore sujets à discussions et fantasmes. Second site romain en Europe après Rome, et seconde capitale de l’occultisme après Prague, Lyon est surtout méconnue et principalement de ses habitants. Je voulais faire revivre tout ça mais sans faire un livre d’histoire.

  • Pourquoi avoir choisi de retranscrire une période aussi sombre de l’Histoire de notre pays ?

C’est surtout la pire période de Lyon à cette époque. La ville était censée être purement et simplement rasée et a subi une occupation en règle. Le contexte m’est venu pour trois raisons. La première est que je n’avais aucune expérience dans le fait de rendre une autre époque à des lecteurs potentiels, de façon immersive. La plupart des gens savent à quoi ressemblait les costumes et les habitations pendant la Révolution Française parce que c’est une époque qui a beaucoup d’image d’Épinal au travers de films, d’iconographies et de ce que l’on peut en apprendre à l’école. Donc je pouvais m’attacher aux détails sans devoir dégrossir le contexte historique. J’ai fait des études d’Histoire et j’avoue que ça me fait saigner du nez quand je vois des images du Premier Empire utilisée pour illustrer la Révolution Française, par exemple. La seconde raison c’est que 1793 est une année terrible pour Lyon qui a même perdu son nom. C’est un passage de l’histoire de Lyon dont la plupart des lyonnais ignore tout alors que la ville en garde encore certains stigmates.  Enfin, nous avons en France une vision de la Révolution Française bien trop « propre » et manichéenne, organisée autour de quelques dates et de dogmes qui aujourd’hui nous desservent en nous inculquant l’idée que la Liberté et la Démocratie ont été acquises en 1789 alors qu’il faut se battre tous les jours pour les garder. J’avais donc aussi envie de bousculer le mythe révolutionnaire en le révélant pour ce qu’il avait été : un enchevêtrement inextricable de violences pures et de grands idéaux.

  • Quelle est la part de réel et la part d’imaginaire dans vos romans ? Quels sont les personnages ayant réellement existé ? Avez-vous modifié des éléments précis de l’Histoire pour votre tétralogie ?

La réponse très courte serait « c’est du 50/50 ». La réponse plus détaillée c’est que la structure historique des évènements les plus importants est respectée, parfois à l’heure prêt, ce qui me force à respecter un calendrier des évènements historiques dans lequel je dois glisser la chronologie de mes personnages. Les Hussards de la Mort ont bel et bien existé, mais moins d’un an. Leurs effectifs étant trop réduits, ils ont ensuite été reversés dans un autre régiment, mais en gardant leurs uniformes. Joseph Fouché, Jean-Marie Collot d’Herbois, Kellerman, sont des personnages historiques. La plupart des autres sont inventés, mais en se glissant sur des archétypes de l’époque ou en étant rattachés directement ou indirectement à des personnages ayant existés. Je n’ai pas vraiment modifié des éléments historiques, j’ai plutôt interprété ce qui n’était pas dit. J’ai cependant fait quelques modifications notables, notamment au niveau de la place des femmes. A l’époque on appréciait que les femmes participent aux mouvements de révoltes, mais on ne leur demandait pas vraiment leur avis pour la politique (certaines choses n’ont pas changé hélas, ou pas suffisamment…), pourtant elles étaient de tous les combats, même armes à la main dans les rues. J’assume complètement en revanche d’avoir, dans ma chronologie, sauvé Olympe de Gouges qui n’est donc pas morte sur l’échafaud, même si c’est totalement anecdotique dans le roman, c’était ma petite vengeance personnelle sur l’Histoire. J’ai aussi rallongé et renforcé l’anticléricalisme alors qu’il n’était du fait que d’une petite frange de la population et n’a jamais vraiment pris historiquement. A contrario, dans la scène qui parle des hommes exécutés dans la plaine des Brotteaux, chacun des personnages de ce chapitre vient d’une liste des victimes de ce jour-là, avec leurs professions réelles.

  • Pour l’écriture de votre roman, avez-vous effectué des recherches ? Combien de temps cela vous-a-t-il pris ? Comment vous êtes-vous organisé ?

Oulah ! Oui ! J’ai croisé plusieurs biographies pour des périodes particulières, j’ai lu beaucoup de pages spécifiques sur Lyon et j’ai une bibliothèque bourrée de livres uniquement sur Lyon autour de la Révolution. Mais je me suis aussi inspiré d’artbooks, de romans, de visites à la bibliothèque, de cartes d’époque de Lyon (il existe un relevé géométral de la ville datant de 1789, trouvable en HD sur le net). J’au aussi eu de gros coups de pouce du « guichet du savoir » basé à Lyon, et parfois de coups de chance, comme quand j’ai pu rencontrer le propriétaire actuel du bâtiment où se trouve la fontaine de Saint Epipode (qui existe bel et bien). J’ai aussi fait des visites (pour l’Eglise des Chartreux par exemple), pris des photos, appelé des musées, des particuliers, nourri mon iconographie de gravures et de l’excellent site « Lyon en 1700 ». Bien sûr il est très difficile de représenter une ville exactement comme à l’époque, trop d’inconnues restent, et je n’écris pas un roman historique, donc je laisse une part à l’interprétation. En revanche je veux rendre une ambiance. Comme en 2015 j’ai tout lâché pour devenir écrivain, j’ai dû apprendre à travailler seul, et ça veut dire travailler 24h/24 en fait car tout ce que je pouvais faire passait au travers du prisme de l’écriture. Les séries télés, les jeux vidéo, tout était prétexte à alimenter mes visuels, mon écriture. Il faut apprendre à vivre avec l’idée qu’on ne peut pas être productif tous les jours et qu’au contraire on peut passer ensuite dix heures à écrire, et s’apercevoir que ce n’est pas bon et qu’il faut recommencer.

  • Lyon des Cendres regorge de multiples personnages. Comment vous y êtes-vous pris pour la création de vos différents personnages ? De qui vous êtes-vous inspiré pour créer toutes ces personnalités magnifiques ? Comment faites-vous pour ne pas vous perdre ni perdre le lecteur ?

Les personnages masculins sont des figures d’alliés ou d’antagonistes que j’ai confiées à des « acteurs connus », par exemple, je me demandais « qui pourrait jouer ce rôle ? ». Léontin m’est venu de Jean Rochefort dans le film « Ridicule », et je me suis rendu compte des années après l’avoir écrit que Mangetrogne me venait du « Bossu » de Jean Marais. Parfois c’est conscient, parfois ça ne l’est pas, mais comme les images me viennent toutes seules à l’esprit, c’est bien qu’elles viennent de quelque part. L’exception est évidemment Laurent, qui est ce que j’étais quand l’idée m’est venue. Je me suis beaucoup éloigné de lui au fil des ans, j’ai changé, mais il est un peu comme une image fixée de moi à un moment de ma vie, mâtinée d’influences héroïques diverses. Pour les personnages féminins c’est très différent. Je me suis inspiré de femmes que j’ai aimées, mais aussi d’amies, de ma propre mère, ou de figures historiques. Puis, après le tome 1, désireux d’offrir des personnages féminins plus nuancés et surtout répondant aux attentes des lectrices pour qu’elles ne soient plus tributaires des clichés de femmes vues par des hommes, j’ai demandé autour de moi, aux femmes, ce qu’elles attendaient de personnages féminins, et j’ai suivi les conseils pour la fin du tome 2 et surtout les tomes 3 et 4 ainsi que le préquel « Le Sentes Rouges ». Pour ne pas me perdre, j’ai une grille des interventions et des objectifs de chaque personnage. Or chacun d’entre eux doit avancer ses objectifs et donc intervenir tour à tour. Mon système n’est pas infaillible car on m’a déjà dit que j’avais trop de personnages. Je vais peut-être utiliser la méthode G.R.R. Martin pour faire de la place !

  • Y-a-t-il un personnage que vous affectionnez plus qu’un autre ? Pourquoi ?

C’est un peu comme demander à un père celui de ses enfants qu’il préfère ! Je n’ai pas vraiment de personnage secondaire parce tous doivent avoir le même espoir d’accomplissement pour que la chute ou l’ascension de l’un ou de l’autre prenne un sens. Mais de façon plus générale, je préfère les personnages qui connaissent une chute de l’état de grâce et ensuite soit une rédemption, soit un chemin sans-retour. Lyon des Cendres m’a montré que justement j’aimais trop mes personnages, je pourrais leur consacrer un roman à chacun. Je l’ai même envisagé. J’ai quand même un soupçon plus de proximité avec mes personnages féminins puisque techniquement, je les ai côtoyées. Je sais en revanche que beaucoup de mes lecteurs aiment Caracalla, pour qui j’ai un petit faible, je dois l’avouer, et qui est inspiré à la fois d’un tableau du XVIIIe (le « Cauchemar » d’Henry Füssli) et d’une chanson du groupe « A Pale Horse Named Death ».

  • Y-a-t-il un personnage que vous aimez moins que les autres ? Pourquoi ?

Il y a une bonne dizaine de personnages qui ont été « coupés » au montage parce que je les trouvais inadaptés, trop légers, redondants, ou trop clichés. Mais si je ne les aime pas, vous ne le voyez pas !

  • D’où vous sont venues vos idées concernant la création de vos différents ordres religieux et politiques ? Le terme commun « Alchimiste », utilisé pour l’une de ces organisations et pour le nom de la maison d’édition, est-il fortuit ?

J’ai justement eu une discussion autour de ce terme très « générique » d’Alchimiste avec mon co-auteur des « Sentes Rouge », M.Laneret, pendant l’écriture de ce dernier. Dans le roman, ce groupe de personnes voulait disparaitre et ne pas éveiller l’attention pendant les persécutions de l’Inquisition, aussi se sont-ils désignés sous un sobriquet commun qui ne permettait pas de les relier les uns aux autres. Ce choix de mot a été fait bien avant que la Maison d’Editions de l’Alchimiste n’existe et que je devienne auteur chez eux, c’est donc un pur et heureux hasard. Pour le reste, il y a deux catégories, les groupes ayant existés historiquement : Par exemple les Convulsionnaires, les Volontaires de Lyon, la Loge de la Sagesse Triomphante, et ceux que j’ai purement et simplement inventé comme l’Ordo Cinerum. Ce dernier est assez symbolique pourtant, un ordre de femmes dirigées par un homme dont le seul nom est « Le Patriarche » est un écho assez limpide d’une triste et actuelle réalité. Le Temple de la Raison a bien existé, mais de façon très éphémère et uniquement sur le papier. Comme pour les Hussards, j’ai projeté une fiction sur une réalité.

  • Aviez-vous établi les règles de votre univers avant de démarrer votre histoire ou sont-ce vos personnages qui vous ont aidé à avancer ?

J’ai mis quinze ans à fixer la cosmogonie exacte de mon univers pour pouvoir écrire dedans en sachant exactement d’où venait chaque élément. « Lyon des Cendres » n’est que la pointe de la partie émergée d’un immense iceberg cosmique.

  • La musique comme le chant représentent des parts importantes des pouvoirs des personnages. D’où vous est venue cette idée géniale et poétique ?

Rendons à César ce qui est à César, le premier auteur que j’ai lu ayant exploité cette idée est Mathieu Gaborit dans les « Chroniques des Crépusculaires ». Mais avant même de lire ce livre, j’ai toujours eu un lien très fort avec la musique et la chanson qui ont la capacité de purement et simplement déclencher mes mots. Il y a des scènes que j’ai écrites en écoutant en boucle la même chanson sans laquelle je serai resté sec. Au final je n’ai fait que transcrire ce que je ressens : la musique m’inspire, elle a un réel pouvoir créateur sur moi. Paradoxalement je suis totalement inculte en musique et à peine capable de gratter trois accords sur une guitare. Je voulais me mettre un peu au solfège pour avoir le vocabulaire et les bons réflexes quand je décris de la musique avec des mots, mais une amie musicienne m’a conseillé de laisser tomber les termes trop techniques pour me contenter de décrire la musique comme moi je la ressentais. J’ai fait un compromis, avec un peu de vocabulaire technique et beaucoup de ressenti personnel.

  • Est-ce difficile d’écrire des passages violents ? Notamment, ceux sur les convulsionnaires. D’ailleurs, cet ordre a-t-il des racines ancrées dans le monde réel ? D’où vous est venue l’inspiration de cet ordre très spécial ?

Les Convulsionnaires ont totalement existé et leurs mœurs étaient exactement ceux que je décris, au détail prêt. Je n’ai pas de mal à décrire la violence quand elle sert l’histoire et rend compte de certaines réalités. Il y a des types de violence qu’en revanche je n’écrirai jamais, comme le viol. Ce n’est pas pour nier une réalité, mais parce que justement le sujet est bien trop réel pour beaucoup trop de femmes pour s’amuser à en faire un ressort scénaristique à la légère. Quand en revanche je parle de la façon horrible dont a été exécuté le maire Chalier ou les condamnés de la plaine des Brotteaux, les détails sont véritables et sourcés.

  • Certains passages du tome 1 ne deviennent réellement prenants que lorsque le tome deux les reprend pour les développer. Chaque scène de vos ouvrages sont-elles scrupuleusement définies à l’avance ?

Je sais comment se termine cette histoire depuis mes premières notes en 2002. En revanche le chemin pour y parvenir a énormément changé. Il faut voir qu’à l’origine il ne devait y avoir qu’un seul roman, mais en écrivant le 1 je me suis rendu compte qu’il faudrait le couper en deux… Etc… Etc… Le Tome 4 sera bien le dernier par contre, pas de blague ! Si j’écris tout à l’avance je m’ennuis en écrivant. Donc je pose un début et une fin, je commence à écrire et au fil de l’écriture je me demande comment les personnages pourraient réagir, je me laisse parfois prendre par le même sentiment d’urgence pour prendre des chemins absolument pas pensés à l’avance, et ça m’amuse beaucoup de voir mes personnages me surprendre. Après tout, confronté à certaines situations qui nous prennent de court, on ne régit absolument pas de la même façon que si on a le temps de tout prévoir à l’avance. Je ferme les yeux et je me mets à la place du personnage, pour réagir en fonction de ce qu’il sait ou croit savoir, ce qui inévitablement amène des erreurs ou des coups de chance. Cependant, certains « secrets » sont établis depuis le début oui, ce qui permet de surprendre le lecteur en lui donnant soudain un nouveau point de vue sur quelque chose qu’il pensait déjà acquis.

  • Comment mettez-vous en place ce suspense qui nous pousse à ne jamais s’arrêter et qui, en même temps, ne nous frustre pas ? Comment choisissez-vous les données à fournir, et celles qui ne doivent pas l’être ? Comment faites-vous pour que le lecteur reste dans le flou tout en pensant comprendre l’histoire ?

C’est très difficile de répondre à cette question, parce que j’ai toujours l’impression de faire de la rétention d’information pour ne jamais trop en dire. Mais parfois il faut lâcher du lourd sinon le lecteur se fatigue de ne rien comprendre. Honnêtement je ne sais pas du tout si je sais ou pas mettre en place un suspense, tant mieux si c’est le cas. Je dilue tout au compte-goutte et je sème parfois des fausses pistes que le personnage peut légitimement prendre pour crédible. Même ceux qui en savent plus que tous les autres ne savent pas tout.

  • Via Lyon des Cendres, quels messages voulez-vous délivrer aux lecteurs ?

J’ai envie de répondre par ces vers de Dylan Thomas rendus célèbres par le film « Interstellar » :
N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit,
Le vieil âge devrait brûler et s’emporter à la chute du jour ;
Rager, s’enrager contre la mort de la lumière.

  • Laurent est un personnage très inspirant. Comment fait-il pour que ses idéaux ne se fanent pas malgré cette période noire ?

Là, je ne peux pas répondre, il faudra lire la suite… Disons juste qu’il peut peut-être vous surprendre.

  • Vous écrivez très bien. Comment avez-vous appris à écrire ? Ecrivez-vous depuis longtemps ? Quand aviez-vous débuté Lyon des Cendres à l’origine ?

Merci ! Même si je ressens ce genre de compliment comme immérité. J’ai toujours l’impression d’avoir un style trop ampoulé, des tournures de phrases complexes et un vocabulaire désuet. C’est un parti pris lié à l’époque. Si j’avais dû écrire la même histoire de nos jours, je n’aurais clairement pas usé du même ton. J’écrivais des poèmes quand j’avais dix sept ans, puis j’ai voulu me lancer dans une nouvelle inspirée par Lovecraft et Stephen King, c’était très mauvais. Ensuite j’ai entamé une saga medfan inspirée des croisades que j’ai arrêtée au bout de cent cinquante pages, c’était en 2005. J’ai presque totalement oublié l’idée d’écrire un roman à cette époque, ne m’en sentant pas capable. Pourtant, j’avais rempli une moleskine de notes pour Lyon des Cendres pendant mes vacances en 2002, j’ai plusieurs fois essayé d’écrire le début de ce roman au fil des ans, sans succès et j’ai littéralement tout plaqué en 2015, après le décès de ma mère, pour me consacrer à l’écriture de ce fantôme qui me hantait depuis treize ans. A cette époque je peignais des tableaux. J’ai cessé la peinture pour me consacrer à l’écriture.

  • Quels seraient vos conseils pour des jeunes auteurs qui souhaitent réussir ? Quelles maisons d’édition choisir ? Comment s’organiser ? Comment ne pas bloquer et terminer un roman ?

La méthodologie d’écriture doit différer entre chaque écrivain, mais je prends mes leçons directement dans les livres, je serai incapable de suivre un cours d’écriture ou de scénario. Mais tout ce que j’ai pu écrire, même de raté, m’a été utile, il n’y a pas de brouillon ou d’écrit inutile, il n’y a que des essais utiles pour progresser. Il faut au contraire accepter que l’on puisse bloquer pour terminer un roman. On ne peut pas tous écrire 4h le matin et 4h l’après-midi, ce n’est pas un métier qui se pratique en horaires de bureau. Toujours avoir de quoi noter ses idées géniales dans un carnet, dans des carnets. Je me suis si souvent félicité de l’avoir fait !

  • Travaillez-vous sur d’autres projets que Lyon des Cendres ?

Le préquel m’a pris un an avec mo co-auteur M.Laneret et il devait sortir en Mai, là, je ne sais plus mais il sortira cette année. Et le Tome 3 à la fin de cette année. J’ai pas moins de 5 romans en projet, cette fois-ci des volumes uniques, toujours dans l’Ovo Serpentum, à chaque fois à une époque différente.

  • Combien de temps mettez-vous pour écrire un roman en général ?

Voilà cinq ans que j’écris et corrige Lyon des Cendres, et cela dépend énormément de ma vie professionnelle. Désormais mes plages d’écritures sont très réduites, je passe mes vacances devant un écran et mes soirées aussi souvent ainsi que mes pauses repas. Mais écrire demande de la concentration, et il faut s’adapter à ce nouveau rythme. En moyenne je dirai un an écriture / relecture.

  • Lisez-vous pour trouver de l’inspiration ? Avez-vous des auteurs ou des ouvrages à nous conseiller ?

J’ai finalement peu de temps pour lire, et je lis « utile » soit des livres d’Histoire qui me servent de sources, soit des romans dont j’ai besoin du style pour apprendre. Récemment j’ai lu « Conan » principalement parce que Howards a des formulations très fluides et imagées pour rendre les combats. Il m’arrive de suivre des séries ou quelques auteurs fétiches, comme Haut-Royaume de Pevel. Mon souci c’est que je n’arrive plus à lire un roman sans essayer de décortiquer la trame, les tournures de phrases, et les éléments de langages. C’est comme jouer à un jeu vidéo en se demandant comment il a été codé. Je conseillerai surtout de lire des auteurs féminins que ce soit ou non de la Fantasy, afin d’avoir une approche fraîche de la littérature. On n’est pas obligé de tout aimer, mais on se doit de changer ce qui cloche dans l’écriture et aujourd’hui, en littérature comme un peu partout, c’est de n’avoir que le point de vue masculin qui empêche le renouvèlement des types de personnages et d’histoires. C’est mon humble avis et je le partage.

Je vous remercie d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. J’ai hâte de lire le troisième tome de Lyon des Cendres et d’enfin lever le voile sur tous ces nombreux mystères. Bon courage dans la suite de vos projets.

Critique de Lyon des Cendres Tome 1 : http://www.lavisqteam.fr/?p=46316

Critique de Lyon des Cendres Tome 2 : http://www.lavisqteam.fr/?p=46856

Par Lildrille

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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