octobre 24, 2020

Shortbus

De : John Cameron Mitchell

Avec Sook-Yin Lee, Paul Dawson, Jay Brannan, PJ DeBoy

Année : 2006

Pays : Etats-Unis

Genre : Romance, Erotique

Résumé :

Shortbus suit plusieurs personnages new-yorkais dont les aventures tragi-comiques naviguent entre sexualité et sentiments. Tous fréquentent un club underground moderne, Shortbus, où s’expriment toutes les sexualités.
Sofia est sexologue et n’a jamais connu l’orgasme. Avec son mari Rob, elle simule le plaisir depuis des années. Sofia croise Severin, une maîtresse dominatrice qui tente de l’aider.
Parmi les patients de Sofia, James et Jamie sont un couple gay qui tente d’ouvrir ses relations sexuelles à un troisième partenaire. James propose une relation avec Ceth, mais Jamie reste sur ses gardes. James semble avoir un projet secret. Il est suivi par un mystérieux observateur, Caleb…

Avis :

John Cameron Mitchell est un réalisateur américain originaire du Texas. Après s’être occupé de spectacle et autres comédies musicales, John Cameron Mitchell fait une entrée dans le monde du cinéma on ne peut plus remarquée. 2001, il débarque avec « Hedwig and the Angry Inch« , qui est l’adaptation de sa comédie musicale qu’il a créée en 1998. Le film est un succès et très vite, il s’impose comme une œuvre culte. Dès lors, John Cameron Mitchell fait partie de ces réalisateurs à suivre. « Hedwig and the Angry Inch » est sorti donc en 2001 et alors John Cameron Mitchell aurait pu renchaîner de suite avec un nouveau projet, mais le réalisateur va mettre du temps pour revenir.

Après cinq ans de silence, et plus de deux ans de casting et d’écriture en compagnie des acteurs du film, John Cameron Mitchell revient avec « Shortbus« , une œuvre assez folle, complètement surprenante. Avec ce film, le metteur en scène américain livre un nouvel ovni qui a fait couler de l’encre au moment de sa présentation au Festival de Cannes, puis lors de sa sortie en salle. Bourré de métaphores sexuelles et explicites, oscillant entre comédie et drame, « Shortbus » est un film profond qui sonde l’âme humaine à travers des portraits de personnages passionnants. Avec ce film, John Cameron Mitchell confirme qu’il est un réalisateur à part dans le paysage du cinéma américain.

Sofia est marié à un homme qu’elle aime par-dessus tout, Rob. Sofia adore faire l’amour avec son mari, mais jamais elle n’a connu l’orgasme. Sofia ne sait pas ce que sait et depuis des années, même si elle prend beaucoup de plaisir avec Rob, elle simule toujours. Sofia est sexologue, et un jour, elle reçoit un couple, James et Jamie. En pleine séance, elle oublie son métier et se confie aux deux hommes. Les deux hommes l’invitent donc à découvrir le Shortbus, un club Underground où tout est permis, où toutes les sexualités se confondent. Sofia, à travers les rencontres qu’elle fera là-bas, pourrait peut-être trouver des réponses à ses questions.

Il y a des films qui sont inqualifiables et « Shortbus » fait clairement partie de ceux-là. « Shortbus« , le second métrage de John Cameron Mitchell, est un ovni qui ne plaira pas à tous tant le film peut être vu de plusieurs manières. Porno-intello pour certains, fable sur l’amour et l’être humain pour d’autres, comédie sexuelle amusante pour d’autres encore, ou bien objet chiant comme la mort qui n’a pour seul but que de choquer, on trouvera de tout dans les spectateurs qui se sont aventurés à regarder cette œuvre.

Pour ma part, « Shortbus » est un film que j’aime beaucoup, pour son ambiance colorée, feutrée et plein d’envie de cinéma, pour le portrait de ses personnages qui pour la plupart sont touchants, pour ses sujets (et qu’est-ce que le film peut être riche), pour ses acteurs et leur spontanéité ou encore pour le sexe qui est filmé de manière incroyable et qui se trouve être plus profond qu’il en a l’air, étant une prolongation des problèmes et des sentiments qu’on trouvera chez les personnages.

« Shortbus« , c’est un film tient un scénario très intéressant. C’est un film qui est une plongée loufoque et dramatique, au plus près de ses personnages. Il est vrai que pour ce film, John Cameron Mitchell va « donner » tout ce qu’il a en début de film, ouvrant son œuvre sur une série de personnages en train de faire l’amour et toutes les scènes que présente là le réalisateur sont non-simulées. On pourrait alors se dire que c’est une volonté de choquer dès le départ, mais ces scènes ne sont qu’un leurre et ne vont absolument pas représenter le film et mieux encore, ces scènes-là vont être la sève de « Shortbus« . D’entrée de jeu, à travers ces différentes sexualités, John Cameron Mitchell expose tous les problèmes de ses personnages et c’est de ces scènes-là que vont naître tous les sujets qui vont habiller et peupler le film. Une femme n’arrive pas à jouir, alors même qu’elle prend énormément de plaisir. Un homme se masturbe seul alors qu’il est en couple, une femme s’adonne à la domination. Trois sexualités, trois façons d’avoir du plaisir et surtout une source infinie de sujets psychologiques que John Cameron Mitchell peut aborder et surtout explorer à travers l’heure quarante que va durer son film.

Alors bien entendu, tout n’est pas non plus réussi et il y aura des portraits, des chemins et des sujets qui vont être moins prenants que d’autres, je pense notamment à Jamie et James, dont l’intrigue est triste au possible. John Cameron Mitchell grossit et noircit le trait, ce qui donne un côté dépressif, presque glauque à ces personnages, mais pour pallier à ça, le film offre un vent de fraîcheur avec le personnage de Sofia, qui demeurera, et de très loin, le personnage le plus intéressant. À travers elle, John Cameron Mitchell pose la question de l’orgasme chez la femme. Est-on vraiment une femme accomplie qu’avec l’orgasme ? Est-on défini par l’orgasme ? L’orgasme est-il obligatoire ? L’orgasme est-il personnel ? Comment définir un orgasme ? Des questions très intéressantes qui ne trouveront pas forcément de réponse, ce qui est intéressant, car plus que de donner un avis, finalement, avec ce film, sur bien des sujets que John Cameron Mitchell aborde (le couple, l’amour, la sexualité, la fidélité, l’infidélité, la monogamie, la polygame, l’hétérosexualité, l’homosexualité, la bisexualité, la curiosité, le plaisir, le corps, l’esprit, la recherche de soi, le don aux autres… bref, il y a tellement de sujets dans ce film), l’envie du réalisateur est surtout de créer un débat. « Shortbus » est très libre dans sa manière de parler du sexe, pour finalement parler de l’homme et l’être et le film se pose alors presque comme une thérapie, bonne ou mauvaise, chacun ira de son avis, mais cette dernière ne laissera pas indifférent et surtout, elle pousse à parler, à se poser des questions et rien que pour cela, réussi ou non, le film demeure une œuvre intéressante.

« Shortbus » est un film qui ne ressemble à aucun autre donc. Avec ce film, John Cameron Mitchell livre avant tout une source de réflexion qui se pose entre la comédie et le drame. Pudique tout en étant explicite, original, profond, méta, réel, juste malgré ses lourdeurs, « Shortbus » est une œuvre qui mérite vraiment d’être redécouverte, même si, je le répète, elle reste une œuvre qui ne plaira pas à tous. Mais après ça, c’est comme tout le cinéma de son réalisateur finalement, et au-delà de ça, c’est comme toute œuvre en elle-même.

Note : 16/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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