décembre 6, 2021

White Night Wedding

Titre Original : Bruoguminn

De : Baltasar Kormakur

Avec Hilmi Snaer Guonason, Margret Vilhjalmsdottir, Johann Siguroarson, Ilmur Kristjansdottir

Année : 2010

Pays : Islande

Genre : Comédie

Résumé :

Jon, professeur quadragénaire, va se marier pour la seconde fois. Thora, sa future épouse est une ancienne élève deux fois plus jeune que lui. Mais ce n’est pas tout rose… Il y a sa future belle-mère grincheuse qui s’oppose au mariage et lui demande le remboursement d’un prêt avant le jour J. Il y a aussi son projet de golf sur la petite île de Flatey qui ne prend pas forme.
Pour ne rien arranger, son témoin est complètement ivre et part en vrille. Et pour couronner le tout, son ex-femme, plutôt émotive, surveille en permanence chacun de ses gestes… Lorsque les invités arrivent en masse sur l’île, Jon commence à avoir sérieusement la trouille… Après une longue nuit de réflexion et de boisson, Jon sera-t-il à l’église à temps pour la cérémonie ?

Avis :

Le cinéma islandais regorge de petites pépites et bien souvent ce dernier s’exporte mal où il s’exporte, mais de manière assez confidentielle. Parmi le nombre de réalisateurs islandais, il en est un qui a réussi à sortir un peu plus son épingle du jeu. Ce réalisateur, c’est Baltasar Kormákur, réalisateur de « 2 Guns« , « Everest« , « Contrebande » ou encore « A la dérive« , pour citer les films qu’il a fait en dehors de son île. Car oui, je dis bien en dehors de son île, car Baltasar Kormákur est très attaché à l’Islande et entre deux films hollywoodiens, le cinéaste revient toujours chez lui.

Aujourd’hui, on va s’intéresser à l’un de ces derniers films avant qu’il ne commence à s’exporter. Si certains films islandais de Baltasar Kormákur sont assez connus, comme son « Jar City » ou son premier film, « 101 Reykjavík« , il y a certains films de son réalisateur qui demeurent encore confidentiels et c’est le cas de cette comédie autour d’un mariage, perdu sur une toute petite île. Bercé dans des paysages magnifiques, « White Night Wedding » est un petit film aussi amusant qu’il est intéressant, car en plus de détenir un joli sens de la comédie parfois burlesque, Baltasar Kormákur nous entraîne auprès de personnages qui ont un joli fond.

Jon, la quarantaine, va se marier avec Thora, une jeune femme plus jeune que lui. Alors que le mariage se tient le lendemain, Jon et Thora mettent à jour les derniers préparatifs. Mais tout est loin d’être rose et bonheur ici. La mère de Thora en a après Jon, car ce dernier lui doit de l’argent. Puis Jon, même si très amoureux, a un douloureux passé, et ce dernier est en train de lui revenir en pleine face. Et pour ne rien arranger à ce tableau, Jon ne le sait pas encore, mais la nuit qu’il s’apprête à vivre va être quelque peu alcoolisée…

Envie d’un petit dépaysement ? Envie de vous marrer un peu ? Alors ne cherchez pas longtemps et arrêtez-vous sur ce petit Baltasar Kormákur sorti de nulle part qui s’avère être une bonne et amusante petite surprise. Alors bien sûr, ce n’est pas le meilleur des crus du cinéaste islandais, le film a ses défauts, mais sur l’ensemble, il nous fait passer un bon moment en compagnie de personnages hauts en couleurs et il nous évade dans des paysages à tomber par terre, qui ne donnent qu’une seule envie, c’est de faire un petit tour en barque dans ce petit îlot islandais.

« White Night Wedding« , c’est une comédie noire qui est bienvenue. Sur le papier, il est vrai qu’on ne trouve rien de bien neuf. C’est l’histoire d’un mariage qui enchaîne les rebondissements. On a déjà vu ça beaucoup de fois, mais pourtant, malgré tout, le film a son intérêt et il amuse, car il y a une belle complicité entre ses personnages et au-delà de ça, Baltasar Kormákur nous a réservés des petits moments assez croustillants.

Dans son écriture, « White Night Wedding » est un film qui s’appuie sur ses personnages, mais aussi sur le passé de son personnage principal. Un passé qui aide à comprendre les doutes du présent. Ce qui est très bien avec ce film, c’est l’envie de donner un fond à son personnage principal, l’envie de le nuancer, pour que ses doutes et ses hésitations soient touchants. Avec ce film, derrière la comédie burlesque, Baltasar Kormákur nous entraîne dans un drame qui a pour sujet la culpabilité. Avec le passé de ce personnage, c’est un tout autre film qui se dessine peu à peu à l’écran et si beaucoup de fois on va rire, parce que Baltasar Kormákur démontre un sens de la comédie qu’on ne lui connaissait pas, le metteur en scène arrive à retourner d’un coup son film pour reprendre un sérieux, et ainsi nous toucher et tenir notre intérêt.

Comme je le disais plus haut, « White Night Wedding« , c’est une comédie noire, et on peut dire que Baltasar Kormákur s’est lâché ici, et son fil regorge d’idées amusantes et de personnages comme on en voit peu. Au programme, on aurait le droit à une belle-mère obsédée par l’argent, on aura le droit à un terrain de golf bien étrange, à un prêtre qui déteste l’idée de ce mariage, on aura le droit à des balades en barques, des baignades dans une eau on l’imagine gelée, puis enfin, et évidemment, à une cérémonie qui est loin d’être comme les autres. Bref, entre rire, dépression, loufoquerie, et même une certaine poésie, Baltasar Kormákur nous a prévus un joli petit programme.

Le programme est aussi réussi grâce à ces acteurs qui sont bourrés de charme et de talent. Ici, on va être touché par les doutes qui traversent Hilmir Snær Guðnason, ou encore la détresse de Margrét Vilhjálmsdóttir. Puis, on va s’amuser en compagnie d’Ólafur Darri Ólafsson qui est toujours aussi génial (décidément, cet acteur mériterait d’être bien plus reconnu), on va s’amuser en compagnie aussi de Jóhann Sigurðarson et Ólafur Egilsson qui, pour ce dernier, joue un prêtre au bord de la crise de nerf.

Finalement, dans ce joli décor, la seule petite tache, c’est la mise en scène de Baltasar Kormákur, ou plutôt le choix de son montage. Si le film est joliment filmé, si l’on y trouve une photo et des plans superbes. Si l’on y trouve une bonne énergie, si le réalisateur s’amuse bien avec la comédie, la comédie noire, la comédie absurde et le drame, on aura plus de mal avec la transition de ses flashbacks. Les flashbacks en eux-mêmes, dans l’idée, sont importants, servant à toujours plus approfondir son intrigue, dans leur introduction, ils sont très souvent laborieusement amenés, et au départ, on s’y perd, ne comprenant pas ce qu’ils viennent faire là-dedans. Ce qui dérange surtout, c’est qu’ils sont hyper maladroits, ils manquent de nuances et de subtilité, donnant l’impression qu’un étudiant en cinéma s’est occupé de ce montage. Heureusement, le film ne souffre finalement que de ce montage laborieux, et le reste demeure très bon.

« White Night Wedding » est donc un bon petit film et une bonne comédie noire signée Baltasar Kormákur. Méconnu, ce film mériterait d’être plus mis en lumière, tant malgré ses défauts sur l’ensemble, on passe un bon, voire un très bon moment. On rit, parfois même de bon cœur, puis on est touché et enfin le film nous emporte vers un mariage aussi drôle que finalement poétique. Bref, « White Night Wedding« , c’est le petit vent frais d’Islande qui fait du bien.

Note : 14/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.