avril 15, 2021

Embrasse-Moi Vampire

Titre Original : Vampire’s Kiss

De : Robert Bierman

Avec Nicolas Cage, Jennifer Beals, Maria Conchita Alonso, Elizabeth Ashley

Année : 1988

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Horreur

Résumé :

Agent littéraire, Peter Loew est perturbé par la présence d’une chauve-souris dans son appartement. Un soir, il est mordu par une jeune femme qu’il soupçonne d’être un vampire. Dès lors, il se demande s’il n’est pas lui en train de se transformer en vampire…

Avis :

Au rayon des réalisateurs britanniques inconnus ou oubliés, aujourd’hui, je tire le nom de Robert Bierman. Robert Bierman est réalisateur, scénariste et producteur. Il débute sa carrière dans les années 80, tournant des clips et des publicités. Après un passage sur du court-métrage, puis du téléfilm pour la télévision américaine, en 1988, il va réaliser son premier film, « Embrasse-moi Vampire » et c’est justement de ce premier film dont on va s’intéresser ici.

Source infinie de Mêmes, doté d’un Nicolas Cage survolté, le premier film de Robert Bierman est un film terriblement étonnant, car il est très loin de l’idée que je m’en étais fait. Pensant trouver une comédie conne made in 90, « Embrasse-moi Vampire » s’est révélé être un tout autre film. Un film bien moins comique et surtout bien plus intéressant et ambigu que je ne l’aurais imaginé. Alors bien sûr, le film a pas mal vieilli, et pas forcément en bien, mais il demeure un morceau de cinéma à réévaluer, car il est loin, très loin, du nanar vampirique de sa réputation, ou encore les dits mêmes géniaux qui en sont tirés.

Peter Loew est agent littéraire à New York. La trentaine, Peter est un flambeur à qui tout réussi. Sa vie se résume à un travail où il est considéré et le soir venu, des soirées endiablées qui se terminent presque tout le temps au lit avec la fille la plus sexy du bar ou de la boite dans laquelle Peter traînait. Un soir comme un autre, alors qu’il est en plein ébat amoureux, une chauve-souris entre par la fenêtre de sa chambre. Cette chauve-souris va alors changer sa vie à jamais…

Il y a des films qui savent surprendre, parce qu’ils vont être radicalement différents de ce qu’on nous a vendus. Ici, clairement, en me lançant dans « Embrasse-moi Vampire« , je m’attendais à une comédie nanadersque, tordue et mordante. Une comédie au scénario qui ne raconterait pas grande chose et qui aurait justifié d’un côté l’oubli du film et de l’autre, le culte qui peut y avoir autour de lui grâce à son acteur, qui est capable du meilleur comme du pire.

Si au départ, le film de Robert Bierman a bien l’air d’être ce que l’on m’avait vendu, très vite, le réalisateur arrive à faire planer un doute. Et si tout ce que l’on voyait, tout ce qui nous était montré, était bien plus subtil qu’il en avait l’air. Ce doute qui s’installe est alors l’arme de ce film. C’est ce doute qui change toute la vision de cette histoire et surtout de son personnage principal. Ce doute apporte énormément de nuances au film et surtout, il nous tient avec beaucoup d’intérêt. Est-on vraiment sûr du drame qui est en train de se jouer à l’écran ? Et finalement, plus le métrage avance, plus les mésaventures s’enchaînent pour ce pauvre Peter et plus le doute ne fait que se confirmer. Robert Bierman nous livre donc un film à l’intrigue très étonnante et bien meilleure que ce à quoi on pouvait s’attendre.

Pour donner vie à cette intrigue, le film s’appuie sur un Nicolas Cage déstabilisant. Un Nicolas Cage complétement dingue et possédé par ce rôle et finalement, ces mêmes géniaux ne lui rendent pas justice, car ils sortent le personnage et Nicolas Cage du contexte du film. Franchement, ici, l’acteur est aussi hilarant qu’il est étonnant, s’enfermant dans un délire vampirique aux confins de la parodie, ou plutôt du fantasme. Bref, il faut le voir pour le croire et surtout pour comprendre. À noter aussi la présence d’une Jennifer Beals hypnotisante.

Si le scénario est donc vraiment intéressant, « Embrasse-moi Vampire » est un film qui, comme je le disais plus haut, a vieilli et pas forcément en bien sur certains de ses passages. Car oui, toute l’œuvre n’a pas pris une claque, et d’ailleurs, elle tient ce que les années 90 avaient en charme, ce qui rend l’ensemble assez attendrissant. Quoi qu’il en soit, entre des moments où ça ne fonctionne pas forcément et d’autres moments qui sont carrément géniaux, Robert Bierman nous livre ici un film inégal, bancal, mais certainement pas dénué d’intérêt. Mieux encore, entre défauts, qualités et ses petits hommages et autres clins d’œil à l’univers vampirique, finalement, on se laisse prendre au jeu et comme le metteur en scène joue beaucoup la carte du doute, il nous tient finalement assez bien jusqu’à son final. On notera, pour accompagner cette folie délirante et hypnotique, une superbe BO de la part de Colin Towns.

« Embrasse-moi Vampire » est donc un film étonnant, très étonnant. Moi qui m’attendais à quelque chose de drôlement mauvais, je me suis retrouvé devant un film plus subtil et nuancé qu’il n’en avait l’air. Entre comédie et drame psychologique, Robert Bierman conjugue étonnement bien les deux, et livre un ovni qui mérite d’être réévalué.

Note : 13/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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