janvier 21, 2022

The Vigilante Diaries

De : Christian Sesma

Avec Paul Sloan, Jason Mewes, Quinton Jackson, Michael Jai White

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Une équipe de mercenaires dirigée par un justicier violent lutte contre la mafia arménienne lorsque son dirigeant est en quête de vengeance après la mort de son petit frère.

Avis :

Aux Etats-Unis, il y a clairement un marché secondaire su cinéma. Si en France, le marché de la VOD est encore timide et que peu de films sortent directement en DTV, si ce n’est des téléfilms qui sont déjà passés à la télé, aux Etats-Unis, outre les films indépendants ou les blockbusters, il y a une filiale parallèle qui produit à la pelle des films voué au marché du DVD ou encore aux chaînes américaines. Si on retrouve des noms de boîtes connues comme The Asylum ou Syfy, d’autres sociétés de production existent et tente de récupérer des stars déchues pour faire valoir leur merde. C’est tout à fait le cas de The Vigilante Diaries, qui a du épuiser ses comptes pour avoir la tronche de Michael Madsen, Michael Jai White, Quinton Jackson ou encore Jason Mewes (et une apparition fugace de Danny Trejo) afin de vendre un maximum de galettes de ce film qui ne vaut pourtant pas tripette. Complètement raté, sans aucun sens et avec des acteurs pachydermiques qui se demandent encore ce qu’ils foutent là, conscients de leur propre déchéance, le film de Christian Sesma ne vaut en rien le visionnage, sous peine de souffrir un long moment.

Commençons déjà par la mise en scène, puisque c’est ce qui frappe dès le départ du film. On va voir la tronche de Michael Madsen en gros plan en train de boire du whisky et de déblatérer un discours de façon poussive sur un ancien militaire devenu justicier. Dès lors, le film va partir en chapitrages et tenter de raconter une histoire de cartel arménien, d’un justicier pris en otage et d’un groupe de mercenaires qui va tout faire pour le délivrer. Que ce soit dans la note d’intention musicale, dans le délire des chapitres, dans certains jeux de lumière, ou encore dans la caractérisation des personnages, on nage en plein copiage du style Tarantino. Un style qui a fait ses preuves et des émules, mais ce n’est jamais ne serait-ce qu’égalé. Et là, Christian Sesma, grand incapable parmi tous les tâcherons qui végètent autour du tout Hollywood, va nous servir la soupe froide. Dès le début, le manque de budget se ressent, les plans sont fades, à partir du moment où il y a de l’action, c’est coupé dans tous les sens pour cacher la misère des séquences qui sont molles et en plus de cela, il n’y aura aucun plan iconique. Pour faire simple et clair, c’est d’une maladresse crasse et on ne peut qu’y voir les intentions d’un type qui veut jouer au plus malin.

Le plus triste dans cette entreprise, c’est de voir certaines « stars » se perdre dans un tel bordel. Alors bien évidemment, Michael Madsen doit avoir de lourdes factures à payer après avoir tourné pour Tarantino et fait des choix de carrière douteux, mais qu’en est-il des autres. Certes, Quinton Jackson doit bien bouffer ses stéroïdes pour continuer à paraître musclé, tout comme Jason Mewes semble obligé d’en faire des caisses afin de payer son dealer, mais l’ensemble ne marche jamais. On ne se prend pas d’affection pour ses gloires déchues qui tentent, inutilement, de lever les bras en l’air en déblatérant des textes nuls sur un rythme lénifiant pour exister un peu. Cela en devient risible et même décadent. Et autour de ça, on voit un Michael Jai White qui met et remet ses lunettes de soleil comme Caruso dans Les Experts Miami, la classe en moins (faut le faire !) et qui tient le rôle du grand méchant sans que l’on comprenne bien pourquoi. On a un Paul Sloan, producteur de cette merde, qui joue les gros bras en faux sosie de Gerard Butler et qui se la raconte en mode justicier, mais qui frappe plus de cibles immobiles que de véritables dangers. Et que dire que Danny Trejo, toujours prêt à apparaître dans n’importe quelle daube pour pouvoir manger gratos des tacos (l’art de la rime). Et il va de soi que les femmes sont considérées ici comme des objets, déroulant des hanches comme Umtiti à s’en déboîter le bassin. Bref, tout ce petit monde rappelle étrangement une cure de désintox.

Et puis il y a l’histoire. Le scénario du film, si tant est qu’il y en a un… On ne va pas se le cacher, on sait quand on jette un œil sur de tels films que le scénario n’est pas la partie forte et que tout ce que l’on espère, c’est voir de la castagne ou du bon gros nanar velu. Or, The Vigilante Diaries n’a rien de tout ça et se prend réellement au sérieux. Le début nous plonge dans la guerre, pour finalement aller aux States où un Justicier fait taire les cartels et puis on a un type farfelu qui suit le justicier pour filmer ses exploits et après, ce justicier se fait kidnapper par un cartel arménien, il se fait alors libérer et ensuite c’est sa femme qui est kidnapper, il apprend qu’elle est enceinte et en fait, c’est le frère d’un arménien qu’il a tué auparavant qui veut se venger, bref, c’est un bordel sans nom. Des personnages sont délaissés sur le bas-côté, certains sont présentés et ne restent que deux minutes à l’écran, comme par exemple le geek chez les mercenaires. D’autres bénéficient d’un plus grand temps à l’écran, comme cette vilaine méchante asiatique, qui va mourir en deux secondes, par accident, sans n’avoir rien fait hormis montré son joli minois. Bref, entre les oublis, les faux-raccords, les alternances entre une shaky cam et un pied fixe pour filmer les courses-poursuites, ou encore, cette dernière poursuite dans les rues de Yerevan en Lada, c’est un océan de bêtises qui auraient pu être drôles, si le second degré était omniprésent, ce qui n’est pas le cas. L’humour bas du front, les femmes objets, l’idolâtrie de la part des gamins envers le héros qui casse des gueules, tout est fait pour être ringard et beauf.

Au final, The Vigilante Diaries est une purge monumentale, un film qui essaye de faire comme mais qui fait tout de travers. Entre un scénario indigent, des acteurs en roue libre, une mise en scène déplorable et une musique qui ne colle à rien, on est clairement dans le bas du panier de ce que l’Amérique fait de pire en matière de cinéma. Cynique, bordélique et sans âme, le film aurait plutôt dû s’appeler Vigilante Diarrhée, cela aurait mieux collé à l’ensemble…

Note : 02/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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