octobre 27, 2020

Gen Terreur Psychiatrique

De : Togan Gökbakar

Avec Haldun Boysan, Cemil Büyükdögerli, Volkan Cal, Levent Can

Année : 2006

Pays : Turquie

Genre : Horreur

Résumé :

Des meurtres sauvages sont commis dans un hôpital psychiatrique coupé du monde à cause d’une forte tempête.

Avis :

Quand on parle de cinéma, on ne pense pas immédiatement à la Turquie comme terre propice à produire des films. Si le pays a été le lieu de nombreux tournages pour sa beauté, rares sont les films turcs à voir le jour dans nos salles obscures ou même directement en VOD. Pourtant, certains films nous parviennent, essayant souvent d’abuser sur ses campagnes publicitaires. Tout récemment, un film Netflix fait le buzz pour son mélodrame insistant et cela semble bien fonctionner, puisque tout le monde en parle au moment où j’écris ses lignes. Avec Gen Terreur Psychiatrique, c’est un tout autre débat. Sorti en 2006, le film s’appuie sur l’aura que peuvent avoir certains tueurs en série comme B.T.K ou encore Ed Gein, affichant un psychopathe masqué sur sa jaquette et parlant de meurtres prenant place dans un asile isolé. Alléchant donc, d’autant plus que la culture turque pourrait y apporter un vent de nouveauté. Mais est-ce vraiment le cas ? Bien sûr que non.

Outre la jaquette mensongère présentant ce fameux tueur dont on dit le nom une fois et qui va rester enfermé dans sa piaule durant tout le métrage, Gen Terreur Psychiatrique ne va faire qu’enfiler les perles d’un slasher bas du front et sans aucun fond. Pour faire court, on assiste à l’arrivée d’une nouvelle psychiatre au sein d’un établissement où un suicide a eu lieu. Suite à un glissement de terrain sur la route, les deux policiers en charge de l’affaire sont bloqués dans cet hôpital, et c’est tant mieux, puisqu’un tueur s’amuse à arracher les parties génitales de certains patients, ainsi que les yeux, avant de leur trancher la gorge. Une enquête fébrile se met alors en place dans le plus grand des calmes, avec bien évidemment des parties un peu drôle, puisque le commissaire est un type bedonnant qui ne sert strictement à rien. Et le scénario ne va pas plus loin. On a une médecin plutôt jolie qui passe ses journées à naviguer entre des patients qui font n’importe quoi, comme ramasser des balles de ping-pong, et un tueur mystérieux qui zigouille de pauvres malades sur leurs lits d’hôpital. Si la fin du film se veut être un twist expliquant tout le pourquoi du comment, on reste tout du long sur un vide abyssal qui n’a de bien que son ambiance.

Parce que oui, il faut bien trouver un petit avantage à ce film qui n’a ni queue ni tête, et très peu de liant dans son déroulement. La réalisation est plutôt propre, ce qui est rare dans le domaine du film d’horreur lambda, qui plus est, turc. Il y a un vrai travail sur l’ambiance. Les extérieurs essayent de paraître un tantinet gothiques, s’essayant à la brume et aux bâtisses biscornues, tandis que les intérieurs sont plutôt glauques, avec des teintes bleues souvent saturés et de grands aplats de noir. Cela donne une impression d’insalubrité qui sied parfaitement au ton du film, à cet asile sur le déclin ou tout un chacun est étrange. Le problème, c’est que cette ambiance n’est pas tenue durant tout le métrage. Outre les phases humoristiques avec le gros inspecteur (ou commissaire) qui sont tout simplement atroces et nous font décrocher de cette ambiance, les meurtres sont d’une nullité crasse. On voit généralement une personne en imper qui met de faux coups de couteau dans les valseuses de ses victimes. Non seulement, on voit l’amateurisme de l’entreprise, mais en plus de ça, ça ruine toute l’ambiance glauque et malsaine qui se dégage de l’ensemble. On aura aussi droit à quelques moments qui se veulent « beaux », notamment dans la recherche de la lumière, des plans essentiellement présents sur la fin, mais qui ne servent pas à grand-chose à part combler un twist effarant de nullité. Reste aussi un long plan pénible à regarder, totalement gratuit, où une femme se fait violer par un psychopathe, et ce n’est pas bien.

On ne peut pas nier le fait que le film essaye de se faire surprenant et présente une palette hétéroclite de personnages ambigus et parfois intéressants. Gen Terreur Psychiatrique joue constamment sur le double-jeu de ses protagonistes. Le plus troublant est Sadik, l’homme à tout faire de l’hôpital, presque sosie officiel de Spock dans Star Trek, mais version psychotique ténébreux omniprésent. Bien évidemment, tout cela est fait pour que l’on croit qu’il est le meurtrier, et on se doute de l’arnaque, mais l’acteur est plutôt bon. A ses côtés, on trouvera un directeur d’hôpital étrange, un duo de flics improbable et pénible, un médecin plutôt charmant et charmeur mais qui dégage une certaine froideur, ou encore des infirmières qui s’amusent à regarder du porno avec les infirmiers. On est vraiment dans un délire psycho étrange et tout est fait pour brouiller les pistes, pour nous perdre avec des personnages soit glaçants, soit bizarres, avec un comportement parfois inapproprié. Néanmoins, le surjeu est souvent de mise, et on se retrouve parfois avec de longues séquences sur les visages qui vont plus prêter à sourire qu’autre chose. On pense à ces séances d’électrochocs sans fin, portées par une techno ringarde.

Au final, Gen Terreur Psychiatrique est un film qui est clairement mauvais. Sans aucun fond ou thème particulier, le métrage se repose essentiellement sur son twist pour faire rebondir son scénario. Si c’est plutôt malin malgré le côté pataud de la chose, cela ne sauvera pas le film du naufrage à cause d’acteurs en constant surjeu, d’un manque évident de moyen et d’une tonalité qui varie comme un oscilloscope. Si on peut trouver quelques bon spoints au film, ils seront bien maigres face aux défauts, trop omniprésents pour être occultés…

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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