Beignets de Tomates Vertes

Titre Original : Fried Green Tomatoes at the Whistle Stop Cafe

De: Jon Avnet

Avec Kathy Bates, Jessica Tandy, Mary-Louise Parker, Mary Stuart Masterson

Année: 1992

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Drame

Résumé :

De nos jours, en Alabama, Evelyn Couch, femme au foyer, mène une existence monotone jusqu’à ce qu’elle rencontre Ninny Threadgood, une vieille dame extraordinaire, qui va lui redonner goût à la vie. Celle-ci lui raconte sa jeunesse, 60 ans plus tôt, à Whistle Stop, petite bourgade du sud des Etats-Unis. L’histoire que raconte Ninny est celle de l’amitié entre deux femmes : Idgie, forte tête, véritable garçon manqué, et Ruth, douce et remarquable cuisinière. Mariée à Franck Bennett, un homme violent, Ruth finit par appeler Idgie au secours, et s’enfuit avec elle. Les deux femmes décident d’ouvrir un restaurant. Mais Bennett n’a pas dit son dernier mot…  

Avis :

Jon Avnet est un réalisateur américain dont j’aime bien le cinéma, même si ce dernier ne fait pas spécialement de bruit. Avnet commence sa carrière à la fin des années 70, où il officie en tant que producteur, poste qu’il ne quittera jamais d’ailleurs. Avnet traverse les années 80 avec aisance et l’on retrouve son nom sur pas mal de projets, « Risky Business« , « Le coup du siècle« , « Neige sur Beverly Hills« , « Tango et Cash« , pour ne citer qu’eux. Jon Avnet se laisse tenter par la réalisation en 1986 avec un téléfilm, « Between two women » où l’on y retrouve Farrah Fawcett. Son premier long-métrage de cinéma arrive six ans après cette expérience et ce film, c’est « Beignets de tomates vertes« , un film qui trouvera un très large succès public et critique, un film qui deviendra même culte pour beaucoup et un film qui emmènera son réalisateur jusqu’aux Oscar… Rien que ça.

Ca faisait des années que j’en entendais parler, ça faisait des années qu’il traînait chez moi et ça faisait des années que j’avais envie de m’y attarder et voilà que c’est chose faite et le petit bijou promis par tous est bel et bien là. « Beignets de tomates vertes« , derrière ce titre étrange, se cache un premier film sublime. Un premier film qui oscille entre deux histoires, toutes deux plus belles et sensibles l’une que l’autre. Avec ce premier film, Jon Avnet s’assure une merveille qui alors qu’elle s’apprête à fêter ses trente ans, demeure toujours intact et continue de convertir à sa cause ceux qui ont la chance de mettre les yeux dessus.

Evelyn Couch, la trentaine, est une femme au foyer qui s’ennuie dans sa vie. Un jour, alors qu’elle se rendait au chevet de la tante de son mari, cette dernière fait la connaissance de Madame Threadgood, une vieille femme pétillante et pleine de vie. Evelyn se lie alors d’amitié avec la vieille dame et Mrs Threadgood va alors lui raconter ses vieilles histoires. Des histoires d’amitié et d’amour dans une Amérique en plein changement. Evelyn ne le sait pas encore, mais cette rencontre est sur le point de changer sa vie à jamais…

« Beignets de tomates vertes« , avec un titre pareil, j’avais forcément envie de savoir ce qui pouvait bien se cacher derrière et c’est avec plaisir et beaucoup d’émotion que j’y ai découvert un film aussi génial qu’il est beau et tendre. « Beignets de tomates vertes« , c’est le genre de petit film qui fait du bien. Le feel good movie parfait, celui qui donne la pêche, qui nous fait rire et d’un coup nous serre le cœur et surtout, celui qu’on quitte le sourire aux lèvres, l’esprit encore tout émotionné et surtout qu’on quitte avec cette sensation magique d’avoir passé un moment génial de cinéma.

Bon voilà, après cette introduction pleine d’objectivité, on peut donc passer tranquillement sur le premier film réalisé par Jon Avnet. « Beignets de tomates vertes« , ce sont deux histoires en une. C’est un film qui oscille de manière très classique et avec brio entre le passé et le présent. Très humain, bourré d’amour, de vie, de bonheur, de drame, et de courage, ce premier film pour Jon Avnet fait partie de ces morceaux de cinéma qu’on ne voit pas passer, tant ils sont bien faits, et tant ils arrivent sans aucun mal à nous emporter dans leurs histoires et auprès de leurs personnages, au point qu’on n’a plus envie de les quitter.

« Beignets de tomates vertes« , c’est quatre portraits de femmes et à travers ces portraits, Jon Avnet va traiter tout un tas de sujets qui avec soixante ans d’écart au moins, et plus encore, puisque le film va fêter ses trente ans, demeurent toujours autant d’actualité. « Beignets de tomates vertes« , c’est une œuvre très riche qui aborde des sujets qui sont universels. À travers ces quatre histoires, ces quatre femmes, Jon Avnet va parler de l’émancipation de ces dernières que ce soit dans les années 30 ou dans les années 90. Il va parler du regard des autres, et de celui qui est peut-être plus compliqué, le regard qu’on pose sur soi-même. Le film sera parfois dur, mais au final, à force de bienveillance et surtout d’évolution de ces personnages, on en ressort l’esprit aéré. Puis au-delà de ça, « Beignets de tomates vertes » parlera d’amour, de racisme, de la mort, du deuil et surtout et avant tout de la vie. La vie en tout temps, la vie dans ce qu’elle a de plus injuste parfois, de plus triste d’autres fois, mais aussi dans ce qu’elle a de plus beau, de plus émouvant, et de plus vivant. Bref, cette intrigue, non, ces intrigues, sont belles, justes et rudement menées.

« Beignets de tomates vertes« , c’est un film qui est rudement mené, et qui jouit d’une mise en scène, c’est vrai, très classique, voire même sans surprise, et pourtant tout fonctionne parfaitement. Jon Avnet nous offre du cinéma bien fait à tous les plans. C’est simple, mais c’est efficace, Jon Avnet conjugue parfaitement ces deux histoires, et à travers ce récit, on verra comment l’une influe sur l’autre.

Puis « Beignets de tomates vertes« , en plus d’être bon, c’est aussi un film qui va jouire du charme que les films avaient dans les années 90, entre une mise en scène qui à l’image date un peu et les notes de Thomas Newman pour la BO. Bref, un charme que le temps ne fait qu’accentuer et bonifier pour notre plus grand plaisir.

Si « Beignets de tomates vertes » est superbe, s’il a beaucoup d’arguments pour lui, le film de Jon Avnet serait surement moins touchant s’il n’y avait pas toutes ces actrices qui sont parfaites, chacune dans leur rôle. Franchement, que ce soit le duo Kathy Bates/Jessica Tandy ou celui de Mary Stuart Masterson et Mary Louise Parker, toutes ces femmes, toutes ces actrices, sont impeccables. Jon Avnet a réussi à capturer une sacrée belle alchimie et une justesse folle, et on adore les suivre, que ce soit dans leurs joies comme dans leurs drames. On notera aussi Cicely Tyson, Stan Shaw, Chris O’Donnell ou encore Lois Smith pour peaufiner ce casting quatre étoiles.

« Beignets de tomates vertes » est donc un savoureux moment de cinéma. Un moment qui nous fait du bien. On rit, on pleure, puis on rit de nouveau, et on re-pleure… Le film nous fait tout ça, et l’on adore suivre les parcours de ces femmes. Un parcourt fait d’embûches, mais surtout de vie. Bref, Jon Avnet, avec ce premier film, nous convertit totalement à sa cause !

Note : 17/20

Par Cinéted

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