Locke & Key Saison 1

D’Après une Idée de : Carlton Cuse et Joe Hill

Avec Darby Stanchfield, Connor Jessup, Emilia Jones, Jackson Robert Scott

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 10

Genre: Fantastique

Résumé:

Après le meurtre de leur père dans d’étranges circonstances, les frères et sœurs Locke emménagent avec leur mère à Keyhouse, leur maison ancestrale, où ils découvrent des clés magiques potentiellement liées à la mort de leur père.  Alors que les enfants Locke explorent les pouvoirs uniques de ces clés, un mystérieux démon s’éveille et ne reculera devant rien pour les leur voler.

Avis:

Il semblerait bien que Netflix ait trouvé une manne non négligeable en plongeant son nez dans les comics. Car outre les adaptations des Defenders et des séries estampillées Marvel, la plateforme de streaming adapte de plus en plus des comics venus de divers horizons et plus ou moins connus du grand public. Umbrella Academy, October Faction ou encore Locke & Key qui nous préoccupe aujourd’hui sont autant de comics qui ont eu leur petit succès et qui se retrouvent maintenant sur nos écrans de télévision. Un petit bonheur pour certains éditeurs qui se permettent alors de ressortir leur comics des placards et d’en vendre aux plus curieux. Maintenant, reste à savoir si cela se vaut le coup, car si Umbrella Academy a su trouver son public malgré de grosses faiblesses d’écriture, ce n’est pas forcément le cas d’October Faction qui peine grandement. Mais la série qui nous intéresse le plus, c’est bien Locke & Key, puisqu’elle puise ses références dans l’horreur et que c’est Joe Hill derrière le scénario, fils de Stephen King. Autant dire que les fans d’épouvante étaient à cran et quand ils ont découvert que la série s’adressait principalement aux ados, ce fut la douche froide. Et pourtant…

Le pitch est assez simple, un père de famille est assassiné, femme et enfant déménage alors dans la grande demeure familiale perdue dans Matheson, une petite bourgade du Maine. Dès lors, les trois enfants trouvent des clés dans la maison, avec des pouvoirs magiques, mais une force maléfique veut s’emparer de ces clés pour d’obscures raisons. On aurait donc pu croire à un récit plutôt horrifique, avec ce qu’il faut de fantastique, avec des clés énigmatiques aux pouvoirs étonnants, comme se transformer en fantôme, piéger quelqu’un dans un miroir ou encore se déplacer n’importe où en ouvrant une porte. Le comics de base vise clairement le milieu horrifique et les références sont nombreuses (et sanglantes), mais ce ne sera pas le but de la version télé, au grand dam de certains fans, mais qui a eu l’aval de Joe Hill, trouvant dans ce médium une autre façon de s’exprimer. On navigue clairement dans une série qui veut comme public les adolescents, tout simplement parce que les vicissitudes des personnages principaux tournent principalement autour des clés et des amourettes de lycée. Rien de bien folichon, mais on a au moins le mérite d’avoir autre chose que des triangles amoureux et un enjeu de taille, sauver la famille Locke d’une entité maléfique.

Si le script est bourré de défaut, avec des personnages souvent crétins qui ont des attitudes dangereuses, la série arrive toujours à nous cueillir grâce à une famille soudée qui doit faire face à des phénomènes paranormaux. Et c’est peut-être là la force de cette série, de présenter trois enfants loin d’être pénibles, qui ont leur défaut, mais qui s’entraident perpétuellement pour se protéger et réussir une quête pas si évidente. Si Kinsey est le personnage le plus fragile et qu’elle fait de grosses erreurs, elle va souvent se rendre auprès de Tyler, son grand frère, plus sage, mais aussi marqué par la mort de son père, pensant en être responsable. L’alchimie entre les deux personnages marche parfaitement et on va se prendre d’affection pour eux, malgré leurs amourettes un peu pénibles, naviguant souvent au sein d’un triangle pas très fin et qui réserve peu de surprises. Enfin, si, puisque même là on aura droit à des réactions incohérentes, comme celle de Tyler qui décide au dernier moment de ne pas conclure avec sa nana pour une raison personnelle, et qui va aller voir ailleurs pour que sa copine revienne la bouche en fleur. Bref… Le personnage le plus pénible est bien Bode, le plus jeune de la famille, le moins farouche et le plus loquace, mais qui s’avère aussi le plus débile dans ses réactions face aux clés. L’acteur qui l’incarne n’est pas bon, surjouant certaines scènes, ce qui n’aide pas à l’empathie que l’on pourrait ressentir pour lui.

Mais finalement, qu’importe le trio de tête puisque la série s’évertue sans arrêt à faire des allers-retours avec l’intrigue autour des adultes, qui ont eux aussi leurs problèmes. Nina, la mère de famille, essaye de se sortir de l’alcool malgré les évènements étranges qui se passent autour d’elle. Joe, le doyen du lycée, sera à quelque part le médiateur et il va essayer d’aider tout le monde à sa façon. Tout comme Duncan, l’oncle, qui a oublié ce qui s’est passé lorsqu’il était enfant, puisque la série trouve des échos dans le passé. Ainsi donc, si la série parle aux ados, elle s’adresse aussi aux adultes avec des problèmes tout aussi importants. Quant aux acteurs, ils sont plutôt bons, notamment Darby Stanchfield, qui essaye de faire son possible pour le bien-être de ses enfants tout en se reconstruisant au sein d’une ville qu’elle ne connait pas, alors que tout le monde la connait suite à l’histoire de son mari.

Visuellement, la série est aussi assez intéressante. Si certains effets spéciaux numériques ne sont pas à la hauteur, notamment lorsqu’il faut transformer certains personnages en fantôme, pour le reste, c’est plutôt bien fichu. La maison possède une vraie architecture gothique et évoque certains films d’horreur gothiques, certains plans sont plutôt beaux, comme cette fameuse porte noire qui ouvre dans un grand vide, faisant immédiatement référence à l’univers de Lovecraft, nom que doit porter la ville, à la place de Matheson (référence à Richard Matheson, génial écrivain de Je suis une Légende et L’Homme qui Rétrécit) et on notera de quelques recherches intéressantes pour invoquer des univers dangereux, comme le passage au sein du miroir. Les références vont bon train aussi, avec notamment le groupe des Savini, fans de films d’horreur (et le caméo sympathique de Tom Savini en prime) qui veulent faire un court-métrage cheap avec un homard tueur ou encore un passage qui peut faire penser à Carrie, lorsque Kinsey se prend une douche de sang. Bref, la série regorge de petits clins d’œil et c’est plutôt agréable, même si ça ne sert finalement pas à grand-chose, sinon de faire étalage d’une culture qui n’est pas suffisamment exploitée au sein de cette série.

Au final, Locke & Key a du mal à se positionner à cause du public visé. Netflix le sait, la principale source de revenus est l’adolescent, et il faut lui fournir de la série en quantité suffisante pour qu’il consomme à bloc. La série de Joe Hill ne sera donc pas épargnée par les volontés des producteurs de faire une série à tendance ado, avec des personnages qui ont des amourettes au sein d’une intrigue un peu plus alambiquée. Néanmoins, on passe un agréable moment devant ces dix épisodes, grâce à des personnages attachants qui s’aiment entre eux et qui s’entraident pour venir à bout d’une grande menace. Sans être un indispensable de la plateforme, Locke & Key s’avère être un bon moment qui, on l’espère, gagnera en horreur et en intensité avec une hypothétique deuxième saison.

Note : 14/20

Par AqME

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