septembre 28, 2020

Book of Wyrms – Sci-fi/Fantasy

Avis :

Le stoner est un genre très particulier dans le rock/métal. Rythme lent, ambiance pesante, riffs lourds, voix parfois gutturale ou au contraire complètement aérienne presque psychédélique, avec tout ça, il est parfaitement compréhensible que le genre ne soit pas forcément accessible au commun des mortels, à ceux qui veulent de l’immédiat, du dansant, du distrayant. Ainsi donc, le stoner est un peu un genre maudit qui n’a toujours pas ses lettres de noblesse auprès d’un public plus large, mais qui a su fédérer une belle masse de fans au fil des années. Si on s’accorde à dire que Black Sabbath est un peu le père de ce genre musical, d’autres groupes ont su s’imposer comme Kyuss par exemple. Aujourd’hui, on s’arrête sur un groupe américain, originaire de Richmond, qui possède un nom particulier, Book of Wyrms. Très peu connu, voire pas du tout, le groupe se forme vers le milieu des années 2010 et livre une démo en 2015 avant un single l’année d’après, puis un album complet au premier Janvier 2017, Sci-fi/Fantasy. Pas de doute, la formation va aborder des thématiques très cinématographiques dans des genres propres au bis et rien de tel que de longues plages bien lourdes pour parler de ça. Signant un contrat chez Twin Earth Records, Book of Wyrms mérite clairement plus de visibilité que ce qu’il a en ce moment.

Sept titres, plus de cinquante-trois minutes d’écoute, on n’est clairement pas là pour rigoler et faire dans le mercantile. D’entrée de jeu, Book of Wyrms lâche Leatherwing Bat et on sent que le groupe en a sous la pédale. Riff lourd et puissant, rythme plutôt lent, chant aérien et féminin, la formation livre une prestation impeccable, ponctuée par moments de jolis solos et d’un clavier qui fait écho aux années 70. Bref, on est rapidement sous le charme de ce groupe qui ne lambine pas, ne perd pas de temps et peaufine son art au fur et à mesure du morceau. En enclenchant Infinite Walrus, le groupe change presque de registre, allant chercher du côté du Doom avec un riff ultra lourd, un solo de guitare en arrière-plan, puis des sonorités étranges qui donne une ambiance étrange, presque poisseuse, qui colle aux oreilles. Le chant entamé nous permet de relâcher un poil, mais comme un chant de sirène, on se retrouve hypnotisé par la douceur de la voix qui se démarque parfaitement des riffs bien gras du groupe. Les breaks sont à la fis aériens et intenses, montrant tout le savoir des musiciens, en plus de tester différentes sonorités pour peaufiner une atmosphère déjà bien marquée. Cosmic Filth sera le morceau le plus court, ne dépassant pas les cinq minutes, et il en ressort comme un sentiment d’inachevé. Le titre est intéressant, plus puissant que les titres précédents, mais moins marquant à cause d’une structure plus simpliste et d’une ambiance moins prégnante. Cependant, le clavier permet quelques envolées spatiales des plus intéressantes.

Avec Nightbong, le groupe commence cela comme un bon vieux Hard Rock des années 70/80. L’ensemble pulse bien, on a rapidement l’envie de se mettre à danser et le clavier va rajouter une touche psychédélique qui va nous en faire voir de toutes les couleurs. Difficile avec ce morceau de ne pas s’imaginer dans un décor de Tarantino sous acide avec des lumières orange, des ronds sur les tapisseries et des nanas en bottines qui se trémoussent sur un son venu d’ailleurs, un peu plus métal qu’à l’accoutumée. Bref, encore une fois, l’ambiance du morceau est très perceptible, le chant est tout simplement parfait pour ce style et on se laisse embarquer avec bonheur dans ce moment hors du temps, qui lorgne un peu du côté de Black Sabbath, mais c’est tellement bien foutu. All Hallow’s Eve commence avec une voix que l’on pourrait croire sortie d’un écran de télévision. Débutant de façon discrète, où chaque élément se met en place pour mettre en avant une ambiance Desert Rock des plus enviables, le morceau démarre de façon calme et posée, se dirigeant alors vers un Rock des années 70 qui fait plaisir à écouter. On pourrait même dire que l’on retrouve du Blue Pills dedans, et c’est une comparaison plutôt flatteuse. Transcendental Migraine renoue avec le bon gros Stoner des familles et envoie du lourd au niveau des riffs. Malgré tout, il demeure un titre un peu en deçà du reste, car il ne sort pas vraiment de sa zone de confort et empêche une mémorisation plus forte. Bon, on reste quand même dans quelque chose de puissant et de fort plaisant. Enfin, Sourwolf clôture l’album de la plus belle des manières, avec plus de onze minutes de bonheur, de puissance et de maestria technique. Bref, un gros morceau parfaitement maîtrisé du début à la fin.

Au final, Sci-fi/Fantasy, le premier album de Book of Wyrms, est une immense réussite. Long, lourd, riche, varié, dense, les adjectifs manquent pour parler de cette œuvre singulière et pourtant ultra référencée années 70. A la fois aérien et pesant, le groupe fournit un album d’une grande qualité et surtout doté d’une bonne production alors qu’il ne s’agit que d’un premier effort. On se languit donc la suite avec impatience, puisque le groupe a sorti un album en 2019, Remythologizer, et on a vraiment hâte de jeter une oreille dessus.

  • Leatherwing Bat
  • Infinite Walrus
  • Cosmic Filth
  • Nightbong
  • All Hallow’s Eve
  • Transcendental Migraine
  • Sourwolf

Note : 19/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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