septembre 22, 2020

Dead Ant

De : Ron Carlson

Avec Tom Arnold, Sean Astin, Jake Busey, Rhys Coiro

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Horreur

Résumé :

Le groupe de glam-metal Sonic Grave est l’auteur d’un seul succès. Alors que ses membres embarquent pour Noachella dans l’espoir de réaliser un come-back, ils sont confrontés à une menace d’un autre monde.

Avis :

Beaucoup de firmes cinématographiques (si on peut appeler ça comme ça) se sont spécialisées aujourd’hui dans le domaine du nanar. Des boîtes de productions comme Asylum ou Syfy se font un malin plaisir de proposer des films cyniques à souhait avec à l’intérieur des personnages bêtes et des créatures en pixels indigne d’une console de salon des années 90. Le problème avec ces films, c’est qu’ils sont dotés d’une morale douteuse au sein même de leur fabrication car non seulement les jaquettes sont souvent mensongères, mais en plus de cela, chaque film essaye de flouer le client, de lui vendre de la merde pour du caviar. Aujourd’hui, même s’il existe des amateurs de ce genre de filouterie ayant le recul nécessaire pour passer un plus ou moins bon moment, ces boîtes de production battent un peu de l’aile et ont moins pignon sur rue dans le marché secondaire du DVD. C’est alors que surgit Dead Ant, qui se place comme digne héritier des Sharknado et autre requin à six têtes. Pourtant, point de Syfy ou d’ASylum derrière le projet, et on peut y ajouter un casting de vieilles gueules d’un cinéma bis révolu. Serait-on en face d’une œuvre singulière ? Oui… et non…

Dès le départ du film, on sait que l’on nage en plein nanar qui s’amuse pleinement et qui va jouer avec les codes du genre. Une nana qui galope dans le désert en toute petite tenue, pour finir à poil, et qui est poursuivie par une fourmi géante en CGI abominables. La messe est dite, les ralentis douteux sur le corps de la demoiselle finissent de nous montrer que le film sait ce qu’il fait et qu’il n’est là que pour flatter nos plus bas instincts. On va alors suivre un groupe de Heavy Métal en perte de vitesse qui va prendre de la drogue avant de se rendre dans un festival. Et des fourmis de plus en plus grosses de les attaquer. Des dialogues insipides, des personnages d’une bêtise improbable, un soupçon de Wayne’s World pour continuer de caresser le spectateur un peu geek sur les bords. Ron Carlson, le réalisateur de Dead Ant, sait où il va et ce qu’il veut mettre dans son métrage. Et aussi idiot soit le métraga, le cinéaste ne l’est absolument pas et va même se jouer des codes du genre pour proposer des moments un peu rentre-dedans dans un univers post-metoo trop fragile.

Car oui, le film s’amuse à critiquer l’industrie de la musique à travers un agent misogyne qui veut forcer le groupe à rejouer la ballade qui les a rendus célèbre. Sorte de gros beauf adepte du flingue joué avec jouissance par un Tom Arnold botoxé au possible, il va cristalliser toute la bêtise de l’ensemble, allant même jusqu’à applaudir à la fin alors qu’il n’a plus de mains. Au-delà de ça, certaines réflexions valent leur pesant de cacahuètes et s’attaquent directement aux femmes (« le jour où je t’ai recrutée comme batteuse dans le groupe, je t’ai fait le plus beau compliment que l’on puisse faire à une femme. Je t’ai dit que tu avais une énorme paire de couilles »). Si cela peut faire jaser, le réalisateur ne s’emmerde pas à assagir son film pour plaire à quelques communautés peut-être trop bienveillantes. Cela fait un bien fou et rentre parfaitement dans le personnage, mais aussi au sein du film, de sa mentalité crétine, où les filles se baladent en maillot de bain très échancré dans le désert.

Bien évidemment, le film est un immonde nanar. L’histoire n’a aucun sens, certaines séquences sont même indécentes tant elles sont mal foutues. On pense bien évidemment à l’indien et au nain qui se rendent au festival de musique avec un bazooka et des grenades. On pense aussi à ce moment gênant où les fourmis transportent le van du groupe pour les amener à un endroit qui n’aura aucune incidence. On rigolera gentiment lorsque le guitariste mettra K.O. une fourmi à coup de gratte sur la tête. Mais tout ça est fait en connaissance de cause, en sachant pertinemment que le film sera un immonde navet. Le casting ne s’y trompe pas et s’amuse à faire n’importe quoi. Si on a parlé de Tom Arnold auparavant, Jake Busey est hilarant en chanteur sosie raté de Axl Rose. Il en fait des caisses, ne pense qu’à roucouler avec sa nana et se pète une jambe en se prenant pour un oiseau. Il n’est pas le seul à cabotiner comme un beau diable dans cette affaire. Sean Astin joue atrocement mal en bassiste défoncé. Il est bien loin le temps du Seigneur des Anneaux. Quant à Rhys Coiro, il est très drôle en guitariste un peu niais, qui va croire pendant un temps qu’il drague sa fille. Bref, tout le casting joue le jeu de la surenchère à fond, offrant au passage une B.O. d’enfer pour se terminer comme un Mars Attacks ! Par contre, il est vrai que le film dure trop longtemps. Même s’il fait moins d’une heure trente, il n’a pas la cadence nécessaire pour tenir pleinement la route et parfois, on s’ennuie ferme.

Au final, Dead Ant est un film qui est entre deux aspects. Ron Carlson sait ce qu’il veut faire et n’insère aucune cynisme dans son œuvre qui est une comédie potache et fauchée qui ne cherche pas à faire autre chose que ce qu’elle est. Il n’y a pas de messages subliminaux, de volonté de porter des valeurs particulières. Le film est con et il le sera jusqu’au bout. Néanmoins, entre des moments flottants et un final mal branlé, outre quelques passages carrément gênants, le film n’arrive pas à tenir sur le long terme et s’effondre sur lui-même à force de trop vouloir en faire. Il en ressort donc un film sympathique, parfois drôle, mais qui reste un gros nanar Z que seuls les amateurs apprécieront.

Note : 10/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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