Fleshgod Apocalypse – Veleno

Avis :

On a souvent tendance à croire que les pays latins sont à la traine en matière de métal. Pourtant, l’Italie possède un immense vivier de groupes tous plus talentueux les uns que les autres. A un tel point que certains sont connus à l’internationale, comme par exemple Lacuna Coil, et dans un domaine plus virulent, Fleshgod Apocalypse. Fondé en 2007, le groupe n’a jamais cessé de fournir des albums à la fois intéressants et ambitieux, quitte à se planter de temps à autre, comme pour Labyrinth, leur troisième effort, qui fut accueilli avec une certaine froideur. Pour autant, le groupe se recentre sur ses compositions et livre en 2016, King, un gros morceau qui ne fera pas que des heureux mais qui montre tout le talent technique du groupe. Ayant compris qu’il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, Fleshgod Apocalypse va reprendre trois ans pour écrire un nouvel opus en la présence de Veleno. Voulant dire poison, ou venin, en italien, ce cinquième opus signe un joli retour en force des italiens, qui vont livrer une galette dense, riche, ponctuée de morceaux classiques histoire de reprendre notre souffle entre deux titres où ça beugle le fort. Il en résulte alors un très bel album parfaitement maîtrisé, dont la version deluxe nous offre aussi une reprise de Rammstein.

Le skeud commence très fort avec Fury, un gros titre qui balance très rapidement la sauce. Violent, puissant, le groupe montre qu’il a bien envie d’en découdre et il va le faire de la plus virulente des façons. Cependant, grandiloquence oblige quand on évoque Fleshgod Apocalypse, il faut qu’il y ait une instrumentalisation classique derrière. De ce fait, on entendra un piano surexcité à l’arrière, qui viendra ponctuer cette violence d’un côté grandguignol plutôt intéressant. En commençant Carnivorous Lamb, le groupe laisse à penser qu’il change son fusil d’épaule. Le début fait penser à du Power Métal à la sauce classique moderne, mais très rapidement, le morceau part en eau de boudin et délivre une double-pédale qui va tout fracasser sur son passage. Le titre aura toujours ses élans lyriques avec un piano bien présent, mais globalement, le titre va tout balayer sur son passage dans une maîtrise technique qui frôle l’insolence. Tout est à sa place, tout se combine parfaitement avec le reste, c’est vraiment du grand art. Brut, mais de l’art quand même. Sugar sera du même acabit, avec des élans symphoniques très intéressants, mais aussi une violence accrue qui va permettre au chanteur de jouer avec sa voix et de rajouter quelques « yum yum yum » qui marqueront bien les esprits avec des riffs bien tendus. C’est alors que surgit le premier titre instrumental de l’album, The Praying Mantis’ Strategy, avec des chœurs féminins et une horloge qui fait vite ressentir un sentiment d’urgence et de peur. Cela servira de point d’ancrage à Monnalisa, qui reprendra alors ces chœurs avec de bons gros riffs des familles, avant de se calmer lors du couplet, où le chanteur, avec une transformation de la voix, va livrer une prestation calme et presque chuchotante, chose très rare. Le morceau est très réussi, gothique en diable et démontre, si besoin l’en est, que le groupe est très inspiré.

Pour entamer avec joie et légèreté la seconde moitié de l’album, le groupe lâche Worship and Forget, qui est peut-être le titre le plus violent de l’album. Outre un piano très rapide qui donne un peu d’air dans le morceau, le reste va très vite et ne se calme quasiment jamais. Outre le growl d’outre-tombe du chanteur et la double-pédale qui ne s’épuise jamais, le titre se révèle surpuissant dans sa production et dans la lourdeur de ses riffs. C’est très dense, mais quand bien même, le groupe arrive à varier les plaisirs au sein du titre, prônant toujours cette variété de sonorités au sein d’un seul et même titre. On aura droit à de jolis breaks, des chœurs féminins un peu fantomatiques, quelques passages au clavier intéressants, bref, un morceau truffé de moments de petits moments au sein d’un maelström de violence. Absinthe jouera dans la même catégorie, avec ce qu’il faut de présence vocale féminine pour obtenir un titre de Death Sympho très agréable et d’une grande générosité. Cependant, le titre manque un peu d’un refrain ultra catchy pour rester un long moment dans nos mémoires. Pissing on the Score sera un titre assez « simple » au sein de l’album, même s’il possède de belles partitions au piano. On est ici en présence d’un morceau assez classique de Death, parfaitement tenu, mais qui reste un peu en deçà du reste de l’album. The Day We’ll Be Gone va contrebalancer toute la violence que l’on vient de prendre dans les oreilles. Plus calme, s’imposant presque comme un titre classique avec un piano et une batterie, le titre tire son épingle du jeu avec une voix féminine sublime et une émotion à fleur de peau qui nous touche vraiment. Embrace the Oblivion sera alors le gros morceau de fin de cet album, un titre lourd, dense, puissant, qui démontre toute la grandiloquence de la formation. Veleno apportera une touche finale au piano, d’une façon sombre et gothique du plus bel effet. A Noter que dans la version deluxe, le groupe se permet une reprise de Reise, Reise de Rammstein, et c’est bien même si n’apporte rien au moulin.

Au final, Veleno, le dernier album en date de Fleshgod Apocalypse, est une superbe réussite. Alternant avec brio des titres instrumentaux très calmes mais à l’ambiance très marquée avec des titres d’une grande violence, le groupe italien montre un retour aux sources salvateur et efficace. Doté d’une production de mammouth et d’une instrumentalisation parfaite qui n’a d’égal que leur volonté de faire dans le grandiloquent, le groupe offre un album dense, généreux et forcément très réussi.

  • Fury
  • Carnivorous Lamb
  • Sugar
  • The Praying Mantis’ Strategy
  • Monnalisa
  • Worship and Forget
  • Absinthe
  • Pissing on the Score
  • The Day We’ll Be Gone
  • Embrace the Oblivion
  • Veleno
  • Reise, Reise
  • The Forsaking (Nocturnal Version)

Note : 17/20

Par AqME

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