octobre 24, 2020

Quai d’Orsay

De : Bertrand Tavernier

Avec Thierry Lhermitte, Raphaël Personnaz, Anaïs Demoustier, Niels Arestrup

Année : 2013

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Alexandre Taillard de Worms est grand, magnifique, un homme plein de panache qui plait aux femmes et est accessoirement ministre des Affaires Étrangères du pays des Lumières : la France. Sa crinière argentée posée sur son corps d’athlète légèrement halé est partout, de la tribune des Nations Unies à New-York jusque dans la poudrière de l’Oubanga. Là, il y apostrophe les puissants et invoque les plus grands esprits afin de ramener la paix, calmer les nerveux de la gâchette et justifier son aura de futur prix Nobel de la paix cosmique. Alexandre Taillard de Vorms est un esprit puissant, guerroyant avec l’appui de la Sainte Trinité des concepts diplomatiques : légitimité, lucidité et efficacité. Il y pourfend les néoconservateurs américains, les russes corrompus et les chinois cupides. Le monde a beau ne pas mériter la grandeur d’âme de la France, son art se sent à l’étroit enfermé dans l’hexagone. Le jeune Arthur Vlaminck, jeune diplômé de l’ENA, est embauché en tant que chargé du “langage” au ministère des Affaires Étrangères. En clair, il doit écrire les discours du ministre ! Mais encore faut-il apprendre à composer avec la susceptibilité et l’entourage du prince, se faire une place entre le directeur de cabinet et les conseillers qui gravitent dans un Quai d’Orsay où le stress, l’ambition et les coups fourrés ne sont pas rares… Alors qu’il entrevoit le destin du monde, il est menacé par l’inertie des technocrates.

Avis :

Bertrand Tavernier est un réalisateur français qui fut très prolifique des années 70 aux débuts des années 2000. Depuis l’entrée dans le nouveau siècle et l’âge commençant à s’avancer, Bertrand Tavernier a calmé le rythme, choisissant ses projets avec soin, et bien souvent, cela a donné naissance à de jolis moments de cinéma. Là comme ça, on pense à « Holy Lola » ou son film fleuve, « Voyage à travers le cinéma français« . Les années 2010, Bertrand Tavernier les a commencées en petite forme, puisque son film précédent, c’était « La Princesse de Montpensier » et si je n’ai vu le film qu’une fois lors de sa sortie en salle, il me laisse un souvenir assez ennuyant. Trois ans donc après ce film, Bertrand Tavernier est de retour avec une satire du monde politique, « Quai d’Orsay« .

C’est vrai que comme ça, à première vue, « Quai d’Orsay » est loin d’être un film qui pourrait passionner les foules, Bertrand Tavernier nous plongeant dans la vie d’un cabinet ministériel et pourtant, le réalisateur nous livre ici une jolie réussite, et « Quai d’Orsay » se trouve être aussi amusant que cinglant, caricaturant de la meilleure des manières un ministre, ses collègues et au-delà de ça, le monde politique. Bref, on sourit souvent, et malgré quelques petites maladresses, l’ensemble est tout à fait rafraîchissant.

Arthur Vlaminck est un jeune homme diplôme de l’ENA. Arthur vient d’être engagé comme conseiller aux langages pour Alexandre Taillard de Worms, un ministre des affaires étrangères plein de panache. Pour le jeune homme, c’est une occasion en or. Il prend donc son nouveau travail très à cœur, mais encore faut-il apprendre à composer avec les humeurs, les désirs et les envies de chacun. Très vite, Arthur va devoir apprendre à s’imposer et plus encore, devenir essentiel.

Envie d’une petite caricature pétillante, pleine de panache, de répliques cinglantes et de comédiens qui se donnent totalement pour leurs rôles, alors ne cherchez plus et arrêtez-vous sur le dernier film en date de Bertrand Tavernier qui est un bon cru du cinéaste français.

Ce qui est amusant avec le film de Bertrand Tavernier, c’est le portrait qu’il dresse de la politique française que l’on découvre à travers les yeux d’un novice. Ce qui est bien avec « Quai d’Orsay« , c’est le fait que son réalisateur ait voulu en faire une comédie, et surtout qu’il ait réussi à trouver le ton juste pour que le tout résonne comme sérieux et pas trop en même temps. Le scénario que tient entre les mains Bertrand Tavernier est excellent et le réalisateur sait comment nous plonger dans ce monde, sans pour autant qu’on en soit largué avec ses termes. « Quai d’Orsay« , c’est un film ludique, qui fait simple et en même temps, qui arrive à être « complexe » dans son genre, osant aller au bout de son idée. Alors parfois, c’est vrai, même si le ton est juste, la caricature est un peu poussée, mais elle reste toujours appréciable dans le fond et surtout elle reste amusante.

Elle est aussi amusante parce qu’elle est tenue par des comédiens géniaux, et notamment un Thierry Lhermitte qui n’avait pas été aussi bon depuis bien longtemps et un Raphaël Personnaz génial tant le comédien nous fait ressentir tout le désarroi qui le traverse dans certaines situations où n’importe qui serait aussi perdu que lui. C’est ça qui est génial avec ce film, car derrière le désarroi, il y a un fond, Bertrand Tavernier livre une satire, décrivant des politiciens déconnectés, envieux, avides de pouvoir, des politiques débordés avec pas grand-chose, des politiques stressés par eux même. « Quai d’Orsay« , dans son programme, c’est des coups de crasse, c’est un soupçon de « je m’en foutisme » et surtout beaucoup de paraître. Bref, comme je le disais, il y a des maladresses, on y trouvera même de petites longueurs, mais sur l’ensemble, le film de Bertrand Tavernier est un petit régal.

En plus d’un scénario excellent et des acteurs aux petits oignons, on soulignera aussi le punch de la mise en scène, Tavernier passant d’une pièce à l’autre, d’un couloir à l’autre, d’un aéroport à l’autre avec énergie. « Quai d’Orsay« , c’est aussi un film qui visuellement est sublime. Certes, la mise en scène est peut-être classique, mais elle est renforcée par le jeu de ses comédiens ou encore la véracité de ses décors.

Bref, vous l’aurez compris, même si le trait est parfois un peu trop gros, même si le film a parfois ses petites longueurs, l’ensemble demeure excellent, amusant et plein de fraicheur. Bertrand Tavernier, en se lançant dans cette satire, s’est fait plaisir et par la même, il nous fait plaisir, alors que demander de plus ?

Note : 14/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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