septembre 22, 2020

Seberg

De : Benedict Andrews

Avec Kristen Stewart, Anthony Mackie, Jack O’Connell, Zazie Beetz

Année: 2019

Pays: Etats-Unis

Genre: Biopic

Résumé:

Le récit de la tentative du FBI de faire passer l’enfant de l’actrice Jean Seberg comme n’étant pas le fruit de son mariage mais d’un adultère avec un membre du parti Black Panther. Cette tentative résultait du soutien de l’actrice à la cause Black Panther depuis son adolescence.

Avis:

Benedict Andrews est un réalisateur australien qui n’est pas vraiment connu. Venant du théâtre, Benedict Andrews a dirigé de très grands acteurs et de très grandes actrices comme Cate Blanchett, Isabelle Huppert, Sienna Miller, Gillian Anderson, Ben Foster, Vanessa Kirby et Elizabeth Debicki. Benedict Andrews est passé à la réalisation il y a trois ans de cela avec « Una » qui fut présenté et bien accueilli à Toronto.

Pour son deuxième long-métrage, Benedict Andrews a fait un choix assez osé, puisqu’il a décidé de mettre en lumière une période de la vie de Jean Seberg, actrice culte de la nouvelle vague. Oui, on peut parler de choix osé, car en un sens, avec un tel choix, le réalisateur se ferme à certains spectateurs, notamment les plus jeunes, qui sont loin de connaître l’actrice. Bref, quoi qu’il en soit, ce deuxième film s’avère être un choix payant, puisque Benedict Andrews nous entraîne dans un film intéressant, bien foutu, qui s’avère être une critique de l’Amérique sous J. Edgar Hoover. On ajoute à cela une Kristen Stewart impeccable qui se débrouille très bien en français, on peut aisément dire que ce deuxième long-métrage est une petite réussite.

Dans les années 1969, Jean Seberg, comédienne principale de « À bout de souffle« , devient l’icône de la Nouvelle Vague. Alors qu’elle se rendait aux Etats-Unis pour un tournage, sa rencontre avec Jamal Hakim va changer sa vie. Activiste des Black Panthers, le fait qu’elle entretienne une relation avec lui fait que le FBI s’intéresse à elle de très près, car au vu de son statut, elle pourrait bien représenter une menace, et par conséquent, il va falloir la détruire…

« Seberg« , s’il y a bien un film dans cette édition 2019 (festival de Deauville) que j’étais autant curieux que craintif de découvrir, c’était bien le film de Benedict Andrews, pour la bonne et simple raison que je ne savais pas trop quoi penser du choix de son actrice principale. En fait, ce qui me donnait le plus envie de découvrir ce film, c’est parce que finalement, si je connais l’actrice dans certains de ses films, si je connaissais les circonstances étranges de son décès, il est vrai que de sa vie, je n’en connais pas grand-chose et je dois dire qu’avec le film de Benedict Andrews, ces lacunes vont être comblées.

« Seberg« , c’est un film qui tient une mise en scène qui reste très classique. Certes, le tout est bien filmé et le tout a du rythme, et même un certain cachet, mais il faut reprocher à Benedict Andrews de ne prendre aucun risque. Très linéaire dans ce qu’il raconte, « Seberg » peut décevoir dans le sens où le film est un peu plan-plan et sans surprise. Mais malgré cette petite déception, ça n’en fait pas un mauvais film pour autant et je dirais même, comme déjà évoqué plus haut, que le film de Benedict Andrews est une jolie réussite en son genre. Une réussite, mais pourquoi ? Et bien pour tout ce que son scénario nous apporte.

« Seberg« , c’est un scénario complexe, qui ne cesse de changer au fur et à mesure de l’intrigue. « Seberg » commence comme un joli petit film amoureux, pour de suite passer dans un film plus politique et social. Puis au-delà de ça, au fur et à mesure que le FBI met en relief les rapprochements et la possible dangerosité de l’actrice, le film entre dans une ambiance paranoïaque. « Seberg« , au travers du portrait de son personnage, est un film qui questionne sur la surveillance aux États-Unis, c’est un film qui s’arrête sur les droits de chacun, sur les luttes raciales. « Seberg« , c’est un film qui pointe du doigt l’intégrité des autorités américaines et notamment J. Edgar Hoover et son programme de surveillance, Cointelpro. De plus, le réalisateur arrive très bien à mettre le tout en relief, à travers le personnage tenu par Jack O’Connell. Bref, le film est très riche et en ça, il est très intéressant. De plus, Benedict Andrews évoque évidemment le mystère de la mort de l’actrice et sans faire un parallèle direct avec cette histoire survenue quelques années plus tôt dans sa vie, il évoquera quand même des doutes.

Là où les doutes les plus rudes pouvaient se faire sentir, c’est quand on imaginait Kristen Stewart dans la peau de l’actrice et finalement, force est de constater que l’actrice est excellente, arrivant à disparaître pour n’être que Jean Seberg. Bien loin de ses débuts révélateurs, Kristen Stewart étonne de choix en choix, de rôle en rôle. On notera dans le reste de ce casting un Yvan Attal très bon, un Jack O’Connell touchant, tout comme Margaret Qualley qui incarne sa femme, ou encore un Anthony Mackie qui campe très bien un partisan des Black Panthers.

« Seberg » sera donc classique et sans grande surprise, mais il reste un film qui tient bien la route et qui va au bout de son sujet. Porté par une actrice très bien dans son personnage, posant de bonnes questions et autres réflexions, ce deuxième film de Benedict Andrews, malgré ses défauts, demeure une jolie petite réussite.

Note : 14/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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