Candlemass – The Door to Doom

Avis :

Le Doom est un sous-genre du métal qui est très délicat à aborder. Généralement, il se caractérise par un rythme assez lent, des riffs lourds et des paroles souvent pessimistes, à grands renforts de démons, satanisme et autres joyeusetés païennes. Parmi les groupes les plus connus, on considère que Black Sabbath est un fer de lance du genre, et le groupe revient sans cesse parmi les références d’autres artistes Doom comme par exemple Candlemass. Formé à Stockholm dans les années 80, Candlemass va rapidement se faire connaître grâce à des reprises du groupe d’Ozzy Osborne. Malgré des changements de nom et quelques changements de line-up, la formation connait un succès monstre dès 1986 avec leur premier album, Epicus Doomicus Metallicus, considéré aujourd’hui comme un classique du genre. Mais la vie du groupe ne va pas être de tout repos, puisqu’il s’autorise une pause en 1994, soit dix ans après la formation, avant de revenir en 1997, pour reprendre une pause en 2002 avant de revenir définitivement en 2004. Une vie tourmentée mais qui n’empêche pas le groupe de sortir des albums de manière cyclique, même si cela faisait désormais sept ans que l’on attendait des nouvelles du groupe. Un groupe en très grande forme, puisque The Door to Doom, le douzième effort de la bande, est une tuerie phénoménale, le genre d’album qui peut tourner en boucle durant des heures et des jours.

Le skeud débute avec Splendor Demon Majesty et ça commence très fort. Après une introduction au larsen, les riffs se lâchent et ils sont pile poil dans la veine Doom. A la fois lourd, dense et lent, le groupe arrive en grandes pompes et fournit un long titre qui pourrait ennuyer, mais qui va tout simplement sublimer ce sous-genre du métal trop dénigré. On notera surtout une capacité à créer des mélodies qui donnent immédiatement envie de headbanger dans tous les sens et un certain savoir-faire dans le refrain, ultra catchy et qui reste longtemps en tête. Ajoutons à cela des solos de malade et des chœurs qui renforcent une ambiance bien dark, et on obtient une entrée en matière tout simplement parfaite. Avec Under the Ocean, Candlemass laisse à penser à un titre plus calme, posé et à l’ambiance encore plus marquée. Pour autant, passé une longue introduction doucereuse où le chanteur fait étalage de sa palette vocale, on nage en plein Doom Métal avec des riffs lourds et puissants qui dégagent les bronches et font se sentir en pleine forme. Non seulement ça dépote sévère, mais en plus, c’est fait avec une minutie d’horloger. Le morceau est tout simplement puissant. Mais le plus gros morceau arrive en troisième position avec Astorolus – The Great Octopus. Dépassant les six minutes, le titre est une pièce maîtresse de l’album, prônant un rythme lent et sirupeux avec des riffs bien gras et parfaitement sentis. La montée en puissance est palpable et on est clairement face à l’un des meilleurs morceaux de l’album, si ce n’est le meilleur. A la fin de ce morceau épuisant surgit alors Bridge of the Blind, un titre tout doux, une ballade d’une douceur presque incongrue mais qui flirte dangereusement avec le chef-d’œuvre tant c’est beau et ultra efficace. Une pause avant d’attaquer une seconde moitié alléchante.

Death’s Wheel réattaque alors les hostilités. Cependant, on va noter un léger changement avec ce titre qui lorgne plus du côté d’un Métal assez conventionnel, s’éloignant un poil du Doom. Gardant des riffs toujours aussi lourds, le morceau se fait plus rythmé, plus rapide, tout en conservant une certaine identité musicale. Candlemass offre un titre qui sort de sa zone de confort, mais qui arrive à allier le Doom avec autre chose de plus accessible et c’est bien. Mais c’est avec Black Trinity que le groupe revient à ses fondamentaux. Profondément Doom dès son introduction, ce long titre va s’imposer comme une référence dans l’album, comme un mètre étalon de ce qu’est la maîtrise et le talent. Le groupe fournit là un morceau d’une qualité exceptionnelle, puissant, lourd et doté d’une structure à la fois complexe mais à portée de n’importe quel quidam. Bref, une belle pépite qui ne fait que renforcer la bonne impression de cet album. Et arrive alors House of Doom, une autre tuerie de l’album, faite de riffs langoureux et de cloches pour poser une ambiance de fin de monde crépusculaire et sombre. Le morceau est dantesque, le refrain rentre de suite en tête et il est bien impossible de rester insensible face à ce gros titre incroyable, qui continue de hanter nos tympans après plusieurs écoutes. Enfin, l’album de base se termine sur The Omega Circle, longue piste de plus de sept minutes et c’est encore une fois une réussite sur tous les plans, envoûtant et résolument pesant. Au niveau des pistes bonus, on retrouvera une autre version de House of Doom, mais surtout une autre ballade, Fortune Teller, tout simplement sublime et deux autres titres tout aussi sympathiques.

Au final, The Door to Doom, le dernier album en date de Candlemass, valait vraiment les sept ans d’attente. Sublime de bout en bout, n’ayant aucune fausse note ou de titres en trop, les suédois font preuve d’une suprématie écrasante et relègue tous les autres groupes de Doom à de petits amateurs. Avec ce douzième album, on peut voir une nouvelle success story pour la formation de Stockholm, qui nous touche au plus profond et remue ce qu’il y a de plus sombre pour en faire ressortir une énergie à la fois pesante et virevoltante. Bref, l’un des meilleurs albums de 2019.

  • Splendor Demon Majesty
  • Under the Ocean
  • Astorolus – The Great Octopus
  • Bridge of the Blind
  • Death’s Wheel
  • Black Trinity
  • House of Doom
  • The Omega Circle
  • House of Doom (Original Version)
  • Flowers of Deception
  • Fortune Teller
  • Dolls on the Wall

Note: 19/20

Par AqME

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