Soulfly – Savages

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Avis :

S’il y a bien deux mots qui sont antonymiques ce sont Cavalera et Finesse. En effet, Max Cavalera est devenu un incontournable de la scène thrash métal et même métal tout court, depuis l’avènement de Sepultura mais aussi celui de Soulfly. Mais ce dernier groupe s’est formé dans la douleur, puisque Max Cavalera, alors au top avec Sepultura, quitte son premier bébé pour former Soulfly en 1997. Néanmoins, on peut dire que les deux groupes sont presque les mêmes, entrant dans le cadre du thrash métal et parfois du death, et en y incluant des morceaux de musique tribale ou encore de musique brésilienne. Cet aspect-là est tout de même plus prégnant dans Soulfly, qui en a fait un peu son crédo, essayant de faire partir en voyage celui qui écoute l’album, d’où le nom du groupe. Très rapidement, le groupe s’entoure de personnalités de la scène métal pour se faire connaître (Fred Durst de Limp Bizkit ou Chino de Deftones). Les premiers albums se vendent bien et le groupe se fait une belle renommée. Le line-up change souvent, et seul Max Cavalera reste un membre à part entière dans la formation. Savages est le neuvième album du groupe et donne suite à Enslaved, album le plus violent du groupe. On peut aussi y voir l’intégration du fils de Max Cavalera à la batterie. Mais avec une pochette aussi évocatrice, un titre d’album aussi « sauvage », le groupe va-t-il encore aller vers le thrash sans réel but ? C’est bien mal connaître le gros barbu rasta !

Le skeud s’ouvre avec Bloodshed, un titre évocateur, assez violent, mais qui ne réserve aucune véritable surprise. Il ressemble à n’importe quel morceau de thrash métal et propose juste un solo au milieu de la chanson assez sympa, mais le rythme lourd manque de rythme. Le deuxième titre, Cannibal Holocaust est une sorte de revival, car il ressemble énormément à du Sepultura. Court et intense, il propose un bon moment de thrash et rappelle aux bonnes années 90. Néanmoins, encore une fois, le skeud ne propose pas de réelle surprise et reste dans une certaine violence qui fait suite à Enslaved qui n’était pas terrible. Fallen, le troisième titre ne sera pas le meilleur titre de l’album. En effet, il est violent, mais ne propose aucune variation et ne rentre pas du tout dans la tête. Bien au contraire, il s’agit de l’un de ces morceaux que l’on oublie aussitôt et qui fait office de pièce fantôme dans l’album. Heureusement pour nous et pour le groupe, Ayatollah of Rock’n’Rolla arrive et il s’agit certainement du meilleur morceau du skeud. L’introduction est fortement inspirée par le rock sudiste, avec un riff lourd mais entrainant et une voix grave qui parle par-dessus. Par la suite, le démarrage est rapide, innovant et on sent vraiment une vraie hargne derrière et surtout un vrai travail. Master of Savagry est aussi une très bonne pièce, avec un changement de tempo très intéressant vers le milieu du morceau et même s’il demeure binaire, on peut apprécier la technicité du guitariste. Il est aussi l’un des seuls morceaux qui propose un petit voyage vers les musiques tribales. Par la suite, on retombe dans un morceau simple et peu intéressant avec Spiral, car très violent, mais qui ne propose pas grand-chose hormis une légère rupture qui repart vers le début. This is Violence est le morceau qui va ravir ceux qui aime aller dans la fosse et pogoter comme des marteaux. Le morceau, à défaut d’être innovant, allie une énergie captivante à une violence abordable. K.C.S sera le morceau le plus faible de l’album, partant n’importe où et affichant une conclusion à base de bruitages complètement ratée. Par contre, El Comegente qui arrive par la suite est un autre excellent morceau, varié et puissant et avec une conclusion à la guitare acoustique qui montre tout le talent des musiciens. Enfin, Soulfliktion, termine se skeud sur une note un peu plus amer, malgré quelques fulgurances.

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Ce qui fait et qui a fait le succès de Soufly ou de Sepultura, outre le côté brutal et tribal, c’est la voix de Max Cavalera, une voix que l’on peut reconnaître parmi des millions de growleurs. Malheureusement, avec le temps et la prise d’âge, la voix en prend un coup et, même avec du travail, elle perd de sa superbe. Ainsi, sur Savages, on sent une certaine limite sur certains titres comme Cannibal Holocaust où la voix porte moins loin et surtout moins longtemps. Pour cet album, il s’est constitué une liste de guests assez impressionnante même si l’on n’en garde pas un souvenir impérissable. On peut noter la présence du chanteur de Clutch sur Ayatollah of Rock’N’Rolla, qui sert surtout sur le phrasé en début et fin de chanson. Néanmoins, tout cela reste puissant et très intéressant. Et on peut dire qu’à 44 ans, le père Cavalera assure encore !

Au final, Savages, le neuvième album de Soulfly est un bon album. Même s’il est loin d’atteindre les hauteurs stratosphériques des premiers albums, cet opus demeure entrainant, plaisant et propose deux pistes très longues et diablement efficaces. Evidemment, on n’évite pas l’écueil de certains morceaux trop binaires et finalement peu intéressants, mais le reste rattrape aisément tous ces défauts.

  1. Bloodshed
  2. Cannibal Holocaust
  3. Fallen
  4. Ayatollah of Rock’N’Rolla
  5. Master of Savagry
  6. Spiral
  7. This is Violence
  8. K.C.S
  9. El Comegente
  10. Soulfliktion

Note : 14/20

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Par AqME

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