octobre 29, 2020

Blink-182 – Nine

Avis :

En 1999, Blink-182 sortait Enema of the State, leur troisième effort (quatrième si on compte l’album démo Buddha). Blindé de tubes en puissance, efficace, pur plaisir communicatif et jouissif, Enema of the State mêlait titres légers et morceaux plus graves comme Adam’s Song sur le suicide chez les ados. Chef-d’œuvre total, c’est l’un des meilleurs albums de la scène pop punk et l’un des disques cultes de la fin des années 90. C’était il y a 20 ans. Depuis, chez Blink-182, les choses ont bien changé. Depuis, il y a eu un break de 4 ans, Tom DeLonge a, entre deux délires sur les extra-terrestres, sorti de très bons albums avec Angel & Airwaves, Mark Hoppus et le batteur Travis Barker ont fait un one-shot avec +44, sans compter les graves problèmes personnels des membres. Après la reformation en 2009, Blink-182 a opéré un glissement musical. Neighborhoods assez quelconque avait constitué une première alerte. California gardait encore une nette patte pop-punk. Blink-182 restait Blink-182, même sans Tom DeLonge, parti et remplacé par Matt Skiba. Puis, il y a eu les multiples projets rap de Travis Barker, une tournée commune entre Blink-182 et Lil’ Wayne, les détails sur le nouvel album… rien qui rassurait les fans de la première heure.

Sentiment confirmé à l’écoute de ce Nine aux couleurs arc-en-ciel chatoyantes. Encore plus que Weezer et son Pacific Daydream, Blink-182 se renie comme rarement. Fini le pop-punk, place à la pop tout court, avec quelques touches vaguement rock. Il faut dire que pour Nine, Hoppus, Skiba et Barker se sont entourés de producteurs comme The Futuristics, Andrew Watt, Sam Hollander ou encore Captain Cuts, très éloignés de l’univers de Blink. Fort heureusement, les paroles apportent un peu de profondeur à l’ensemble avec des titres sur les tueries aux États-Unis (Heaven), l’alcoolisme (Hungover You), ou encore la religion (Black Rain). Le problème, c’est que des paroles, même belles, ne font pas tout et si la musique est mauvaise, ça casse tout.

Avec au casting des mecs qui ont surtout bossé pour One Direction, Carly Rae Jepsen, Bruno Mars, Selena Gomez, Camila Cabello ou Cardi B, le risque était grand de se retrouver avec une pop sans âme, sans cœur, comme on en bouffe à la radio par paquets de 12. Et c’est d’ailleurs ce qui se passe. Homogènes mais complètement artificiels, les titres de Nine défilent sans qu’on fasse la différence.  On a l’impression d’écouter chaque fois la même musique en conserve encore et encore. On pourrait citer les horribles I Really Wish I Hated You et Pin the Grenade, mais peu relèvent le niveau.

 Darkside s’avère sympathique mais ce n’est pas gagné car le début ressemble à un mauvais boy’s band. On retrouve quelques touches « blinkiennes » comme la ballade émouvante (Remember to Forget Me) et un titre pop-punk, le meilleur de l’album (Generational Divide) d’une durée de… 49 secondes (on sent le foutage de gueule). Ce sont là les seuls motifs de satisfaction, ce qui est mince.

Opportuniste, artificiel, sans saveur, Nine est, de très loin, l’album le plus faible de Blink-182, le plus difficile à écouter jusqu’au bout sans le faire valser, le pire du groupe, 20 ans après leur meilleur. C’est triste car on aurait voulu éviter de gueuler avec les loups, de taper sur un album sur lequel plusieurs fans ont craché avant même de l’avoir écouté. Un album comme ça n’aurait d’ailleurs même pas été dans nos oreilles si ça avait été un groupe de pop lambda. Mais venant d’un groupe comme Blink-182, c’est douloureux. Et si on se disait que Nine n’a jamais existé ?

  • The First Time
  • Happy Days
  • Heaven
  • Darkside
  • Blame It on my Youth
  • Generational Divide
  • Run Away
  • Black Rain
  • I Really Wish I Hated You
  • Pin the Grenade
  • No Heart to Speak Of
  • Ransom
  • On Some Emo Shit
  • Hungover You
  • Remember to Forget Me

Note : 08/20

Par Nikkö

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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