Le Dindon – de la Mauvaise Farce

De : Jalil Lespert

Avec Dany Boon, Guillaume Gallienne, Alice Pol, Ahmed Sylla

Année : 2019

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Monsieur de Pontagnac a eu un coup de foudre pour une jolie jeune femme. Ce qu’il n’avait pas prévu c’est que celle-ci n’est autre que Victoire, la femme d’un de ses amis, Vatelin. Et si le notaire le prend plutôt bien, Victoire, elle n’est pas si simple à manipuler. Surtout, la mésaventure a lancé dans leur société un sujet – et un petit jeu étonnant autour de la fidélité des uns et des autres. Alors quand entrent dans l’arène Rediop, soupirant de Victoire, et Suzy, ancienne flamme de Vatelin, le jeu se corse encore.

Avis :

Jalil Lespert est un comédien que j’aime énormément. C’est un comédien qui a su s’imposer sur la scène du cinéma français avec charisme, et même s’il n’a pas fait des choix qui sont toujours justes, jamais lui n’a été mauvais. Depuis un peu plus d’une dizaine d’années, en parallèle de sa carrière d’acteur, Jalil Lespert est passé derrière la caméra. En cinq films, Lespert s’est essayé à plusieurs styles, le drame d’abord, puis le biopic avec son « Yves Saint-Laurent » et il y a peu le thriller. Aujourd’hui, son dernier film en tant que metteur en scène est une comédie.

Adapté de Georges Feydeau, « Le dindon » est une pièce de théâtre à très gros succès. La dite pièce fut déjà adaptée en 1951 par Claude Barma. La comédie, c’est tout un art, et malgré les bonnes intentions, on ne peut pas dire que ce « … dindon » va très bien à son réalisateur où même certains de ses acteurs. Si le texte est bien là, si on y trouvera quelques moments amusants, pour le reste, « Le dindon » de Jalil Lespert déçoit et partage. Le film n’est pas une catastrophe non plus, on peut même dire qu’il se regarde, mais sur l’ensemble, force est de constater que le tout a bien du mal à prendre et c’est bien dommage. Après quatre films allant du superbe aux bons films, « Le dindon » résonne comme le premier métrage de Lespert à demi-raté.

Monsieur de Pontagnac est un coureur de jupons invétéré. Depuis une huitaine de jours, il a jeté son dévolu sur une jeune femme respectable. Après que cette dernière ait bien remarqué que cet homme la suivait, de Pontagnac entre chez elle pour lui faire la cour et c’est là qu’il apprend que cette dernière est mariée. Et le fameux mari n’est pas n’importe qui, puisque c’est Monsieur Valetin, qui n’est qu’autre qu’un ami de De Pontagnac avec lequel il fait du tennis…

Oh la déception ! Mais quelle déception que ce film. « Le dindon » de Jalil Lespert, c’est le film qui me donnait envie parce que le réalisateur a toujours comblé mes attentes, et j’avais très envie de voir ce que Jalil Lespert pouvait offrir en passant à la comédie. De plus, le film ne pouvait pas être mauvais, puisqu »il avait dans son sang les dialogues de Feydeau. Mais voilà, à la sortie de la séance, force est de constater que ce cinquième film de Jalil Lespert ne restera tristement pas dans les annales.

Alors comme je le disais plus haut, le film n’est pas une catastrophe non plus. On peut même dire qu’il a de bons arguments pour lui. On commencera par le générique de début qui annonce une comédie colorée. D’emblée, il y a un rythme, une atmosphère, un charme qui se dégage. La reconstitution est jolie, tout comme le film est joliment filmé. Lespert laisse une jolie place à ses décors, même si ces derniers sont bourrés d’anachronismes. Anachronismes voulus par son réalisateur qui mélange plusieurs époques en une. On se plaira aussi à suivre certains de ses comédiens, car si certains sont totalement en roue libre, il faudra toutefois saluer Laura Calamy et Alice Pol. Enfin, dans l’ensemble, même si le tout n’est pas vraiment bon, « Le dindon » arrive de temps à autre à nous faire sourire. La pièce de Georges Feydeau étant bonne dans ses quiproquos et autres retournements de situation, le film de Lespert arrive à divertir.

Mais voilà, face à ces qualités, « Le dindon » reste une déception. Une déception qui oscille entre des acteurs en roue libre qui sont en surjeu total, mention aux grimaces de Dany Boon qu’on ne comprend pas vraiment, et une mise en scène qui manque d’originalité et d’humour. Une mise en scène qui, certes, a du rythme, mais l’ensemble ne prend pas et le film manque d’humour. À force de vouloir faire de l’humour, Jalil Lespert fait ce qu’il ne fallait pas faire, c’est-à-dire premièrement grossir le trait, et deuxièmement laisser ses comédiens en faire beaucoup trop. Résultat, « Le dindon » manque de spontanéité et de véracité, le tout finissant par résonner comme faux et c’est tellement dommage.

« Le dindon » est donc une déception. Les intentions étaient là, Jalil Lespert avait de l’or entre les mains avec Feydeau « aux commandes », et même si l’on peut s’amuser quelque peu devant le film, sur l’ensemble, « Le dindon » déçoit grandement. Pour une première incursion dans la comédie, on ne peut pas dire que cette dernière va bien à Jalil Lespert. Dommage.

Note : 07/20

Par Cinéted

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