novembre 28, 2021

L’Ombre d’un Doute

Titre Original : Shadow of a Doubt

De: Alfred Hitchcock

Avec Teresa Wright, MacDonald Carey, Joseph Cotten, Henry Travers

Année: 1943

Pays: Etats-Unis

Genre: Policier, Thriller

Résumé :

Oncle Charlie et sa nièce sont très attachés l’un à l’autre. Enfin, jusqu’à un certain point, car Charlie n’apprécie vraiment pas que sa nièce puisse le soupçonner d’être l’affreux assassin que recherche la police.

Avis :

Les années 40 sont pour Sir Alfred Hitchcock un renouveau, puisque après un début de carrière tout à fait incroyable, laissant derrière elle une traînée de chef d’œuvre à rendre jaloux bien des réalisateurs, le grand Hitch s’envole pour les États-Unis. D’ailleurs, d’emblée, Hitchcock fera un chef d’œuvre avec son « Rebecca » qui est le seul film de sa carrière à avoir remporté l’Oscar du meilleur film (ce qui est plus que mérité, et personnellement, il reste mon préféré du réalisateur).

Deux ans après son chef d’œuvre « Soupçon« , Alfred Hitchcock revient avec l’un de ses films les plus intéressants, au suspens aussi génial qu’il est manipulateur. Un film dont Hitchcock dira bien souvent que c’est celui qu’il préfère (peut-être pour son suspens, ou encore toutes les petites touches personnelles que le réalisateur aura mis dans son histoire). Ce film, c’est « L’ombre d’un doute » et le moins que l’on puisse en dire, c’est que le réalisateur a su nous surprendre avec cette histoire qui enchaîne les doutes à la perfection. Manipulateur, intrigant, torturé, « L’ombre d’un doute » est un film qui n’a jamais aussi bien porté son nom et c’est un véritable plaisir d’intrigue à suivre, et de cinéma tout simplement.

Charlie Oakley est un homme pour le moins mystérieux. Se sentant suivi par la police, il décide de se rendre chez sa sœur afin d’échapper quelque temps aux dits policiers qui le surveillent. Quand Charlie arrive chez sa sœur, il est accueilli comme le fils prodigue de retour chez lui. Mais l’harmonie familiale ne va pas tenir très longtemps, surtout entre Charlie et sa nièce, Charlotte, dite Charlie.

Et voici donc un petit bijou encore une fois signé Alfred Hitchcock.

La particularité de « L’ombre d’un doute« , c’est son scénario qui multiplie les doutes sur son personnage pendant toute la durée de son film. Génial de perversité pour son public, Alfred Hitchcock multiple les rebondissements qui sèment derrière eux le doute. Son personnage principal était-il bien ce tueur de veuve ? Oui ? Non ? De manière magistrale, le réalisateur nous fait changer d’avis plus d’une fois et il finit par nous perdre dans ces doutes, si bien qu’on finit par douter de la fin elle-même. Est-on vraiment sûr de cette résolution ? Ce doute et cette façon d’amener et laisser ce dernier, donne là un film fascinant, qu’on a envie de voir et revoir, afin d’affiner les hypothèses qu’on se fait. C’est un véritable tour de force où finalement tous les éléments sont sujets à interprétation.

« L’ombre d’un doute« , c’est aussi une mise en scène magnifique et précise de son réalisateur. Une mise en scène qui joue beaucoup avec les doutes (oui, c’est bien le mot qui définit le plus ce film et qui reviendra en permanence).

Ici, on trouve beaucoup de plans et beaucoup de conversations qui sont à double tranchant. Là encore, Hitchcock sème le doute pour dissimuler la vérité et c’est génial.

Et le seul petit reproche que j’ai envie de lui faire, c’est sa BO qui,  si elle reste très jolie à l’écoute, finit par moment par se faire trop présente, un peu comme si elle indiquait telle ou telle émotion qu’on se doit de ressentir. C’est vrai qu’elle donne énormément de charme au film et pousse son ambiance vers le thriller psychologique à plus d’une reprise, mais parfois, elle reste aussi trop insistante. Alors bien sûr, face à la qualité incroyable du film, ce n’est rien et ça ne nous empêche pas de nous laisser totalement engloutir par cette histoire.

Puis enfin, on ne peut pas parler de « L’ombre d’un doute » sans mentionner les superbes Joseph Cotten et Teresa Wright. Le premier est magistral et presque flippant, possédé par son rôle, le comédien crève l’écran et impose un doute à lui seul. Capable de passer de l’angélisme au plus diabolique des oncles, on reste suspendu à ses regards intenses, c’est terrible. Un sentiment qui est d’autant plus poussé, car on est mis au même niveau de découverte et de doute que Teresa Wright, qui incarne une jeune fille pleine de vie et d’amour pour son oncle. Magnifique actrice, on restera aussi suspendu par la crainte qu’impose son oncle et ce qui pourrait arriver.

« L’ombre d’un doute » est aussi un film bercé d’un humour noir qui est apporté par l’irrésistible duo formé par Henry Travers et Hume Cronyn et leurs conversations sur de possibles meurtres et la façon de les perpétrer. Les deux valent leur pesant d’or.

Quatrième film de Sir Alfred Hitchcock en terre américaine, « L’ombre d’un doute » est un film incroyable à l’intrigue impressionnante. Une intrigue qui n’a pas pris une ride, et qui n’est pas prête de vous lâcher une fois sortie du film, car comme je le disais, était-on vraiment sûr d’avoir compris ce final. Est-on vraiment sûr du nom de l’assassin ?

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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