avril 15, 2021

Hail to the King – Top 10 des Films de Guillermo Del Toro

Il y a des réalisateurs qui sont de bons faiseurs, et il y a des réalisateurs qui ont un vrai univers qui transparait à chacun de leur film. On pourrait en citer une bonne pelletée, malheureusement, aujourd’hui, le cinéma est devenu une industrie de masse qui doit plaire au plus grand public et donc, ce sont les Yes Man qui prévalent sur les artisans du septième art. Mais qu’importe, certains continuent de faire valoir leur savoir-faire en faisant des films à moindre budget ou tout simplement en écrivant et produisant pour les autres. Guillermo Del Toro, ce n’est un secret pour personne, est un cinéaste avec un univers dense et riche. Tous ses films, même les plus petits, sont de grosses attentes et en plus de cela, il écrit et produit pour des réalisateurs un peu moins connu. Et c’est le cas pour André Ovredal (The Jane Doe Identity) qui réalise Scary Stories, écrit et produit par Del Toro. Du coup, on a eu envie de faire un petit top 10 des films de Guillermo Del Toro, et ça tombe plutôt bien, parce que si l’on excepte son tout premier métrage, Dona Lupe, il a réalisé dix films jusqu’à présent. Alors attention, ce top reste personnel, subjectif et il est bien évidemment sujet à discussion !

10. Mimic

Nous sommes en 1997, quatre ans après son premier film, et le réalisateur va répondre aux cloches américaines pour se faire un nom. Dès lors, il va faire Mimic, un film avec des cafards géants mangeurs d’hommes dotés de mimétisme. Si le film en soi est fort sympathique, mettant déjà en avant l’aspect glauque et l’amour des souterrains pour son réalisateur, il demeure le plus faible de la filmographie de son auteur. La faute à des effets spéciaux qui ont mal vieilli et un scénario qui manque de finesse.

9. Cronos

Il s’agit ici du premier film à nous être parvenu. Film atypique de vampires avec une machine qui rend jeune et beau mais aussi addictif au sang, Cronos évoque les premiers pas du cinéaste dans un univers étrange où le véritable monstre a un aspect humain. Si le rythme est lent, peut-être un peu trop, le film réserve son lot de surprise et montre un réalisateur qui a de l’envie, de l’ambition et surtout un univers particulier.

Mia Wasikowska dans Crimson Peak

8. Crimson Peak

Il s’agit-là du film qui pose le plus de problèmes aux spectateurs. Beaucoup y voit un simple film de fantôme à la sauce gothique, avec un scénario linéaire au possible. Sauf que l’ensemble est magnifié par la mise en scène du réalisateur. Avec des lignes de fuite pertinentes, une certaine intelligence dans les apparitions des fantômes et surtout, une ambiance gothique et délétère des plus réussies, Crimson Peak est loin d’être un mauvais film. Ici, la narration passe par l’image et pas forcément par les dialogues, et c’est beau.

7. Blade 2

Concrètement, il s’agit du meilleur Blade de la trilogie. Vous me direz, difficile de faire pire que le troisième opus. Cependant, avec ce deuxième épisode, l’auteur y déverse tout son talent et son amour des monstres. Les nouveaux vampires sont sanglants et au design hyper soigné. La mise en scène est toujours aussi gothique et on retrouve les tics de réalisation de son auteur, avec des souterrains humides et sombres, ainsi qu’un amour inconditionnel du monstre, victime plus que bourreau. Malheureusement, les effets spéciaux numériques ont pris cher et la prestation de Norman Reedus (The Walking Dead) frise constamment le ridicule.

6. Pacific Rim

Quand Guillermo Del Toro veut rendre hommage aux films de Kaiju, cela donne Pacific Rim, un film haut en couleurs et qui démonte tout sur son passage. Bien loin des volontés mercantiles d’un Transformers, ici, le cinéaste prend nos rêves d’enfant et les met à l’honneur dans un film à la mise en scène flamboyante et aux images qui s’impriment dans notre rétine. C’est beau, c’est bon, il y a du fond avec des personnages attachants. Bref, c’est très fort et à mille lieues d’un bourrin comme Michael Bay.

5. Hellboy 2 – Les Légions d’Or Maudites

Second opus du diable rouge, inspiré des écrits de Mike Mignola et c’est encore un joli succès pour le réalisateur. S’inspirant plus de la Fantasy que de l’uchronie, ce deuxième épisode des aventures de Hellboy s’avère palpitant, épique, peuplé de monstres sublimes (L’Ange de la Mort est un exemple parmi tant d’autres) et d’un scénario dense à la fin triste et transpirant d’amour. Peut-être le film le plus grandiloquent de son réalisateur. Il est juste dommage qu’il n’y ait plus la surprise de l’univers après un excellent premier film.

Ron Perlman et Rupert Evans dans Hellboy

4. Hellboy

Et en parlant de premier film, il arrive à la quatrième place. Posant son intrigue avec les manipulations ésotériques des nazis, Guillermo Del Toro fait entrer par la grande porte ce super-héros méconnu qu’était Hellboy. Drôle, nerveux, faisant de multiples références à Lovecraft, ce film est une petite pépite du genre qui ne vieillit pas, si ce n’est dans la relation amoureuse entre Hellboy et Liz. Mais on pardonnera cela par la présence de l’un des meilleurs ennemis du cinéma en la présence de Kroenen.

3. La Forme de l’Eau

Il est de coutume de conspuer constamment le dernier film d’un réalisateur, surtout si les références sont très voyantes. Avec La Forme de l’Eau, Del Toro évoque L’Etrange Créature du Lac Noir, Jean-Pierre Jeunet ou encore le cinéma muet. Pour autant, il ajuste tout cela à sa sauce et livre un formidable pamphlet sur l’humanité des monstres et des laissés pour compte. Il s’agit d’une fable superbe, parfois âpre, souvent douce, qui laisse pantois par sa maîtrise formelle. N’en déplaisent aux pisse-froids.

2. l’Echine du Diable

Guillermo Del Toro n’est jamais aussi bon que lorsqu’il a les coudées franches et qu’il tourne dans sa langue maternelle. L’Echine du Diable en est la preuve vivante. Tourné en Espagne pour presque rien, porté par un scénario d’une beauté et d’une cruauté sans égale, avec des acteurs qui sont d’une justesse affolante, le cinéaste livre avec son troisième film, une pépite précieuse qui oscille constamment entre drame, horreur et fantastique. Une histoire magnifique, tout simplement.

Doug Jones dans Le Labyrinthe de Pan
  1. Le Labyrinthe de Pan

Quand on parle de Guillermo Del Toro, le premier film qui vient à l’esprit, c’est son chef-d’œuvre, Le Labyrinthe de Pan. Que dire sur ce film si ce n’est qu’il est tout simplement incroyable. Intelligent aussi bien sur sa forme que sur son fond, une jeune fille imagine un monde fantastique pour échapper à la guerre et à son beau-père, le cinéaste laisse constamment planer le doute sur l’existence de ce monde souterrain. Les acteurs sont tout bonnement formidables, Sergi Lopez ayant son meilleur rôle, mais surtout les moments gores côtoient les passages oniriques avec une souplesse qui tient de la perfection. Bref, un joyau brut.

Comme évoqué plus haut, ce classement est purement personnel et chaque film de Del Toro est un plaisir de cinéphile émouvant et marquant. On pourrait lui reprocher un amour trop fort pour les monstres glauques, mais il faut aussi voir la réflexion qu’il y a derrière. Un message d’amour pour les laissés pour compte et surtout un message d’alerte concernant le monstre au visage angélique. Et toi, c’est quoi ton top ?

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.