Le Cas 39

Titre Original : Case 39

De : Christian Alvart

Avec Renée Zellweger, Bradley Cooper, Ian McShane, Jodelle Ferland

Année: 2009

Pays: Etats-Unis, Canada

Genre: Horreur, Thriller

Résumé :

Emily Jenkins est assistante sociale. Elle pense avoir tout vu parmi les situations familiales les pires… jusqu’à ce qu’elle ait entre ses mains un dossier bien mystérieux, celui d’une enfant de 10 ans, Lilith Sullivan. L’assistante sociale est convaincue que Lilith est maltraitée par sa famille, ce qui sera vite confirmé quand les parents essayeront de tuer leur unique fille. Emily parvient à arracher la jeune fille à son foyer et décide de la garder avec elle en attendant une bonne famille d’accueil. Mais elle ne tardera pas à découvrir que Lilith n’est pas si innocente qu’elle le pensait et que les apparences sont le plus souvent trompeuses.

Avis :

Christian Alvart est un nom qui nous est encore peu connu de par chez nous, et c’est un peu normal. D’origine allemande, il va se faire reconnaître en 2005 avec Antibodies, un thriller âpre et sans concession. Ni une ni deux, il s’envole alors pour le pays de l’oncle Sam et il va faire Pandorum, un film d’horreur dans l’espace bourrin, mais qui n’a pas à rougir, n’étant qu’une série B plutôt bien goupillée et généreuse. Alvart va alors continuer la même année, en 2009, dans le domaine de l’horreur en proposant Le Cas 39 qui n’aura pas les honneurs d’une sortie en salle, mais uniquement en DVD. Mettant en scène Renée Zellweger dans le rôle d’une assistante sociale qui va prendre sous son aile une jeune fille mystérieuse, ce film, coproduit au Canada va coûter l’avenir d’Alvart aux States, de façon assez injuste. Car oui, après ce film, le réalisateur retournera en Allemagne pour quelques films et la série Netflix Dogs of Berlin. Mais revenons plutôt sur Le Cas 39.

Sorte de thriller horrifique, Le Cas 39 baigne dans une ambiance assez étrange à la fois urbaine et démoniaque. On va voir une jeune assistante sociale qui doit voir les familles où il y a des préoccupations avec des enfants et, si besoin, placer les enfants dans des familles d’accueil. Elle va faire la rencontre de Lilith que les parents ont voulu éliminer en la foutant dans le four. Ayant un petit faible pour la petite, elle se met alors famille d’accueil et des choses étranges vont alors se dérouler. On est typiquement dans le genre de film où l’on sait d’avance que l’enfant cache un lourd secret. Depuis La Malédiction de Richard Donner, le coup des gosses possédés ou ne faisant pas leur âge, on en bouffe à toutes les sauces. On peut bien évidemment citer Esther, mais aussi Godsend ou encore Dorothy. En appuyant sur le contexte social de la chose, le film aurait pu être intéressant, et à quelque part, il possède des moments plutôt bien, avec des personnages relativement crédibles. Ce qui fait la force de ce film, c’est tout simplement son implication dans le milieu stable d’une jeune femme qui a du mal à s’engager dans quoi que ce soit. Et au moment où elle construit des choses, comme une relation amoureuse, tout cela va être détruit de façon morbide et bizarre. Tout le sel du film réside dans cette montée crescendo vers l’horreur et les pouvoirs de la petite.

On pourrait croire à un spoiler dit comme ça, mais il n’en est rien. Le genre est tellement éculé que l’on se doute des tenants et des aboutissants du Cas 39. D’ailleurs, c’est le plus gros point faible du film, il n’arrive pas à garder un certain suspens et se fait la nique tout seul lorsqu’il évoque le nom de la petite, Lilith. Les plus observateurs sauront que Lilith est le nom de la femme de Lucifer et de ce fait, on se doute bien que la fillette cache un lourd secret. Ou tout du moins cache bien son identité. Le début est plutôt téléphoné. Le réalisateur s’évertue tant bien que mal à nous présenter ses parents de la pire des façons, afin qu’on les croit complètement psychopathes. Assez mutiques, cernés, étranges, ce couple forme les parfaits tueurs d’enfants. Mais il y a un mais. Pourquoi justement ces gens restent-ils si silencieux ? Il y a quelque chose dans leur attitude qui trahit le postulat de départ et ne trompe finalement pas sur la nature même de la fillette. Alors certes, avec ce genre de film, on s’attend à certaines choses et le cahier des charges est parfaitement rempli, mais c’est justement aussi son point faible, celui d’être incapable de gérer la surprise, le suspens.

Le film mise alors tout ce qu’il a sur les différentes mises à mort de Lilith et sur l’attitude de l’actrice, Jodelle Ferland, qui est aujourd’hui en train de sombrer dans l’oubli. Chaque personnage voulant du mal à Lilith va devoir affronter ses peurs et ce sera le cas par exemple de Bradley Cooper qui fera face à une horde de frelons. Le réalisateur essaye de varier les plaisirs, de rester sur quelque chose de cohérent tout y apportant un côté fantastique bien troussé, mais globalement, ça reste bien décevant. Les effets spéciaux ont pris un gros coup dans l’aile et l’ensemble est anti-spectaculaire. Il faut rajouter à cela que tous les éléments arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe, Lilith voulant tuer des gens par simple plaisir et méchanceté, mais sans jamais un besoin. C’est aléatoire et c’est fait pour toucher la protagoniste principale. Fort heureusement, Jodelle Ferland est assez incroyable dans ce film, avec son regard noir. L’actrice, qui était alors âgée de 15 ans, tient le film sur ses épaules. On ne peut pas dire la même chose de Renée Zellweger, dont c’était le deuxième pas dans l’horreur après le catastrophique Texas Chainsaw Massacre – New Generation, et qui reste assez stoïque dans ce métrage. Le visage déjà botoxé dans tous les sens, l’actrice n’arrive pas à créer de l’empathie avec le public, la faute à des réactions incohérentes et à un background pas trépidant. Reste Ian McShane en flic bourru, mais tout cela reste assez mineur.

Au final, Le Cas 39 n’est pas un film désagréable. C’est juste un film qui vieillit mal et qui n’arrive pas à tenir son postulat de base, faire croire au spectateur que Lilith est normale. Les fils dramatiques ne fonctionnent pas vraiment, la tension n’est pas toujours présente et la réalisation demeure assez plate, sans surprise ni moment vraiment euphorisant. On se retrouve donc devant un film moyen, qui fait le job, mais qui manque d’impact et de personnalité. En bref, un film lambda, inoffensif, mais qui a le mérite d’exister.

Note : 10/20

Par AqME

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