Don’t Drop the Sword – Path to Eternity

Avis :

Quand on est un jeune groupe, on a qu’une seule envie, sortir son premier album. Le problème, c’est que l’industrie du disque est un peu bouchée et que certains genres sont boudés. Si l’on n’est pas une grosse pointure certaine de vendre des tonnes d’albums, il est très complexe de s’en sortir quand on fait du métal. Même en Allemagne qui est pourtant un vivier incroyable de talents. Pourtant, si l’on ne tente pas sa chance, il est très difficile de montrer son travail à des personnes susceptibles de toucher. Le commerce est un énorme serpent qui se mord la queue et qui ne propose que la même chose à tout le monde pour être sûr de faire des ventes et écouler les stocks. Ce point sur les maisons de disques est assez important à faire car il existe une tonne, pour ne pas dire plus, de petits groupes qui méritent d’être mis en avant et qui ne s’en sortent pas parce qu’on leur ferme des portes. Prenons un exemple concret avec les bavarois de chez Don’t Drop the Sword. Le groupe nait en 2016, officie dans un Power Métal assez classique mais qui est faire avec le cœur et une grosse envie de percer. Un premier Ep sort et s’avère très bon, mais cela est insuffisant pour signer sur un label. C’est alors que l’année d’après, ils décident de sortir leur premier album en indépendant, espérant compter sur le net pour s’en sortir. Et on trouve peu de retours. Est-ce justifié ? Non, même si l’album est imparfait et demeure trop conventionnel.

La première chose que l’on remarque sur ce premier album, c’est la grosse générosité du groupe. En effet, Path to Eternity comporte pas moins de quatorze titres pour presque une heure d’écoute, ce qui se fait assez rare de nos jours. Néanmoins, on sait que la quantité ne rime pas toujours avec la qualité. Le groupe entame l’album avec Guardians of Light et c’est un long titre qui est un peu synthétique de ce que peut proposer la formation. Le début est un peu mystérieux, puis ça commence doucement avec une batterie et quelques riffs de grattes gentillets pour ensuite aller un peu plus vite, oscillant constamment entre le Heavy et Power. C’est plutôt bien exécuté et ça remplit sa fonction de faire hocher des têtes. On aura même droit à un petit solo de guitare en guise de pont, ce qui reste toujours appréciable. Par la suite, le groupe proposera toujours des sons de qualité et des titres assez longs, plutôt fournis, mais qui ne sortiront jamais d’un cadre prédéfini. Si on peut penser à du Thrash sur Rotten Wings, le refrain remet le groupe sur un chemin trop conventionnel. On aura un petit côté folk avec We Deal in Lead ou encore un aspect plus dark et travaillé avec Banished to Nightly Realms, mais cela reste un poil trop léger pour vraiment avoir un impact fort. Ceci étant dit, le groupe tente des choses, et propose un contenu varié montrant une palette technique très intéressante.

Mais si l’album se révèle être fort sympathique et très généreux, il possède aussi ses faiblesses, à commencer par une production qui laisse à désirer. Bon, c’est un disque indépendant, les types ont fait ça avec amour et envie, mais les enregistrements sont assez moyens et on sent un manque conséquent de budget. Il y a quelques faiblesses, parfois des moments moins percutants que d’autres et tout cela est dû simplement à la production qui n’est pas à la hauteur des ambitions du groupe. Faire du Power, ça coûte, c’est grandiloquent, et parfois, ça ne fonctionne pas vraiment, comme pour To the Proud a Grave ou encore Hero of All Times, deux titres qui demandent une certaine orchestration que le groupe n’a pas et du coup, ça manque d’ampleur. C’est dommage, les riffs sont rapides, prenants, bien exécutés, mais ça manque d’épaisseur et de densité. Dans un autre registre, la voix du chanteur est très particulière et ne colle pas forcément à du Power. Si on doit la comparer, par moments, elle ressemble à la voix du chanteur de Rise Against et s’incorpore mieux à du rock à tendance punk. Cependant, ici, on s’en accommode et elle s’avère même intéressante sur des titres plus calmes comme pour Jester’s Tears ou encore Sapphire Skies. Ce sont ici de petits défauts, mais celui qui va vite revenir, c’est le manque de titres impactants, qui restent en tête. Il y a tellement de choses dans cet album que finalement, on ne retient rien et c’est le plus préjudiciable. Il aurait fallu faire un album plus court, plus concis, mais avec des titres plus marquants.

Au final, Path to Eternity, le premier album de Don’t Drop the Sword, est perclus de bonne volonté et d’une technique fort appréciable. Cependant, on note des défauts qui viennent entacher l’écoute, comme une production faiblarde et des morceaux qui finissent par tous se ressembler. Il en résulte donc un premier projet prometteur, attrayant, qui fait passer un bon moment, mais qui s’oublie assez vite et il faut vraiment que le groupe arrive à tenir quelque chose de plus dense et de plus mémorable pour la suite.

  • Guardians of Light
  • Rotten Wings
  • We Deal in Lead
  • Drums in the Deep
  • To the Proud a Grave
  • Blood Will Decide
  • Banished to Nightly Realms
  • Wastelands of War
  • Siren Song
  • Jester’s Tears
  • Heor of All Times
  • King of the Dragon Age
  • Sapphire Skies
  • Path to Eternity

Note : 13/20

Par AqME

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